Grève des sapeurs-pompiers : la Place Beauvau leur parle de modernisation. Les pompiers parlent de mépris
Auteur(s) France-Soir Publié le 09 septembre 2026 – 17:05

Ministère de l’Intérieur
F. Froger / Z9 pour France-Soir
Ils sortent du ministère de l’Intérieur « désabusés ». Le mot est lâché par Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale des sapeurs-pompiers, mardi, au premier jour d’une grève prévue jusqu’au 20 octobre. Les syndicats attendaient des hommes, des camions, voire des avions, un financement mais aussi « un budget permettant de garantir la protection de la santé » des agents et « une loi de financement de la Sécurité sociale juste » en matière de retraite. Ils ont eu un projet de loi de « modernisation » de la sécurité civile. « Un texte qui évite les sujets essentiels », dit Boy. David Saquet, de l’UNSA, parle de « blabla institutionnel » après le « blabla politique » d’août indique Le Monde.
L’été a brûlé plus de 100 000 hectares. Quatre pompiers sont morts et des centaines ont été blessés. 3 300 soldats du feu étaient sur le seul front girondin. Derrière, le quotidien des pompiers, c’est 4,8 millions d’interventions par an, un appel toutes les sept secondes. 30 % des centres de secours fermés depuis 2000. 1000 engins de feux de forêt en moins entre 2004 et 2020. Les syndicats demandent 21 000 professionnels de plus. Le gouvernement renvoie à la LOPMI et au budget 2027.
La confiance dans l’État se fissure, se brise, chez ceux qui éteignent
Coincés entre agressions (1 525 agressions de pompiers ont été déclarées à la sécurité civile, en hausse pour la deuxième année, dont 39 % sont physiques) et l’État lui-même qui les fait parfois charger par ses CRS, les pompiers se sentent lâchés. Il faut se souvenir que le 17 décembre 2019, place de la Nation, des pompiers avancent mains levées vers un cordon de CRS, ces derniers chargent, des grenades de désencerclement volent. Beaucoup de dégâts, moraux surtout. Idem le 28 janvier 2020. Didier Lallement est alors préfet de police.
Souvenons nous que ce monsieur Lallement a quitté la PP en 2022, après le fiasco du Stade de France. Après quelques essais à la mer, il est mis à la retraite, puis rappelé en 2025 par le SGDSN pour une mission sur la doctrine de défense, cela veut tout dire. L’ordre change de dossier, les casernes, elles, restent sous-dotées.
Quant à Laurent Nuñez, qui lui a succédé à la préfecture avant de prendre en main Beauvau, c’est lui désormais qui présente la « grande loi ».
Les pompiers répondent par un écusson noir « gréviste » et un rendez-vous le 29 septembre à Paris, peut-être encore en face des forces de l’ordre.
Source : France Soir
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