Nouveau rebondissement concernant l’enquête sur les blessures de Geneviève Legay

La policière qui a été chargée de l’enquête préliminaire est la compagne du commissaire mis en cause dans cette affaire, révèle Mediapart.

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C’est un nouveau rebondissement dans l’affaire Geneviève Legay. Alors que la militante blessée le 23 mars dernier à Nice lors d’une manifestation des Gilets jaunes a donné sa version des faits à Mediapart, le site d’actualité dévoile une autre information. Helène P. la commissaire en chef de la sûreté départementale chargée de l’enquête préliminaire, est la compagne de Rabah Souchi, le commissaire chargée des opérations le jour des manifestations et mis en cause dans cette affaire. Ce dernier n’a pas porté les coups qui auraient blessé la manifestante, mais aurait donné l’ordre de la charge.

Une information confirmée par le procureur de la République de Nice, qui a expliqué à Mediapart « être tout à faire au courant au moment de l’ouverture de l’enquête préliminaire, des liens de concubinage qui unissent le commissaire Rabah Souchi et Hélène P. » Des liens qui ne posent pas de problème, selon lui. « Effectivement, les investigations doivent déterminer d’où viennent ces blessures, éventuellement commises par des hommes sous le commandement du commissaire. Mais au moment de son ouverture, il n’y a aucune preuve évidente que ce soit un policier. Il faut réunir les éléments de preuve matériels », ajoute le procureur de la République.

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Incohérences et cafouillages

Mais selon Mediapart, « les liens entre l’enquêtrice et le commissaire éclairent en effet d’un jour nouveau les incohérences et les cafouillages qui ont très vite émaillé cette enquête ». Geneviève Legay aurait notamment été interrogée à plusieurs reprises à l’hôpital par des policiers placés sous les ordres d’Hélène P. « Ils ont surtout insisté pour me faire dire que c’était un journaliste qui m’avait poussée. Or c’est faux. Je me rappelle avoir été poussée par un policier et je le leur ai dit. Mais ils insistaient sur le journaliste », accuse la septuagénaire. Les auditions des policiers ayant effectué la charge demandée par le commissaire Souhi ont quant à elles été « menées favorablement à l’égard » de celui-ci, toujours selon nos confrères.

Contactée par Mediapart, Hélène P. n’a pas répondu aux sollicitations, alors que son compagnon a refusé de commenter cette information : « C’est ma vie privée. Ça ne regarde que moi ». Une information judiciaire a été ouverte le 29 mars dernier, le procureur de la République de Nice confirmant qu’il y avait « eu un contact direct entre un membre des forces de l’ordre et madame Legay ». L’enquête de police devrait être confiée à un autre service que celui dirigé par Hélène P., conclut Mediapart.

Source : Le Point

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