«J’ai vu l’arme, je suis descendu et j’ai foncé sur lui»

Le gendarme en repos qui, vendredi, a maîtrisé le braqueur de l’employée de la bijouterie Gaston, en plein centre-ville d’Amiens, raconte son intervention.

Le gendarme a sauté sur le braqueur au moment où il allait démarrer son booster.(Photo d’illustration)

Le gendarme a sauté sur le braqueur au moment où il allait démarrer son booster.

Je crois que j’ai une bonne étoile  », dit modestement celui qui, vendredi 18 avril, à 10 h 40, a permis l’arrestation du braqueur de la bijouterie Gaston. Ce gendarme, en repos le jour des faits (et qui veut conserver l’anonymat), se rendait à un rendez-vous en centre-ville d’Amiens avec son épouse et ses deux enfants. «  Nous étions rue Duméril quand ma femme m’a dit que quelqu’un était en train de crier, la tête en sang. J’ai vu une dame qui hurlait et à côté, un individu casqué qui s’apprêtait à monter sur son scooter avec une arme à la main  ».

La réaction du gendarme fut immédiate  : «  J’ai laissé la voiture, je me suis détaché et j’ai foncé. Je ne sais pas ce qui m’a fait réagir. Il pointait les gens autour (une vingtaine de passants) avec son pistolet, mais moi, il ne me voyait pas. J’arrivais derrière. Au moment où il allait démarrer, comme dans un film américain, sourit-il, je lui ai sauté dessus. À cinq secondes près, je le ratais…, n’en revient-il toujours pas. Avec ma main droite, j’ai saisi son arme, avec la gauche, je lui ai fait une prise d’étranglement et je l’ai amené au sol, avec moi  ».

Là, le gendarme salue l’attitude d’un jeune homme, témoin de la scène, qui s’est précipité pour jeter l’arme au loin. « Avec quatre ou cinq personnes qui étaient là, on a maintenu l’agresseur au sol. J’avais mon genou sur sa gorge, il ne pouvait pas bouger. Il disait juste qu’il avait besoin d’argent. Et puis les policiers sont arrivés  ».

Heureusement qu’elle

est sortie du magasin

Une fois l’adrénaline retombée, c’est au visage ensanglanté de la victime, que le gendarme pense. «  Heureusement qu’elle est parvenue à sortir du magasin pour appeler à l’aide. Elle m’a dit qu’elle pensait qu’il allait la tuer. Il y avait du sang partout. Il l’a rouée de coups. Elle a été très courageuse  ».

Cette journée mouvementée est revenue par flashes au gendarme le lendemain seulement, confie-t-il. Entrecoupés forcément d’une réflexion sur son geste. « Je n’ai pas pensé aux conséquences de l’intervention. Oui, ça aurait pu mal tourner, c’est sûr. Un coup de feu aurait pu partir. Mais en tant que gendarme, je suis sensé intervenir tout le temps. Et quand j’ai vu l’arme, je n’ai pas réfléchi. »

Dans toute sa carrière, le gendarme n’a jamais connu pareille situation. Les techniques de défense apprises en gendarmerie et dans le civil, lui ont donc été bien utiles la semaine dernière.

S’il fait la fierté de ses supérieurs et de ses collègues, celui qui a réussi à maîtriser un braqueur au casier judiciaire bien copieux, veut juste aujourd’hui avoir quelques nouvelles de la victime.

D. R.

LES FAITS

Le 18 avril, un homme s’attaque à la bijouterie Gaston, dans le centre-ville d’Amiens. Au moment de prendre la fuite, il est interpellé par un gendarme en permission, qui passait là par hasard.

Larry D., 29 ans, comparaissait hier devant le tribunal correctionnel. Il a demandé un délai pour préparer sa défense mais reste incarcéré.

Trois commerces d’Amiens ont été braqués la semaine dernière.

Source : Courrier Picard

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