Deux Canadair de retard plus loin… le détail que le candidat Attal préfère oublier
Auteur(s) France-Soir Publié le 15 juillet 2026 – 16:24

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Quand la forêt de Fontainebleau brûle, la campagne présidentielle aussi. Gabriel Attal, candidat déclaré depuis son meeting parisien du 30 mai, sillonne les plateaux pour vanter sa méthode, oubliant celle de son mandat de premier ministre. Quant au décret signé de sa propre main…
Le 21 février 2024, le Premier ministre Attal annule 10 milliards d’euros de crédits publics. Dans le lot, 52,8 millions sont retirés du programme 161, celui de la sécurité civile. Conséquence directe : la Direction générale de la sécurité civile renonce à commander deux Canadair. C’est clairement ce qui est écrit dans le rapport des députés Damien Maudet (LFI) et Sophie Pantel (PS) remis à l’Assemblée le 2 juillet 2025, et déjà dans l’avis budgétaire de la sénatrice LR Françoise Dumont en novembre 2024. Trois bords politiques, un même constat.
Le camp Attal riposte. Son compte de soutien jure que l’ex-Premier ministre fut le premier depuis 2007 à commander des Canadair. Mais l’argument semble ne pas tenir. Les deux appareils contractualisés en 2024 relèvent du programme européen RescUE, fruit de longues négociations antérieures à son passage à Matignon. Attal n’a rien décidé, rien financé, rien obtenu, mais s’attribue le mérite d’une décision européenne qui lui est tombée dessus toute cuite. Leur livraison, promise pour 2027, glisse déjà vers 2028. Le tour de passe-passe est là, brandir les avions européens, qu’il n’a pas décidés, pour masquer les avions français, qu’il a bel et bien sacrifiés. Même la paire dont il se vante n’arrivera pas à l’heure.
Rappelons la promesse d’Emmanuel Macron après les mégafeux de Gironde, en octobre 2022. Douze Canadair renouvelés et quatre appareils supplémentaires avant la fin du quinquennat. A l’été 2026, seuls deux avions sont garantis. Le budget 2026 a bien réinscrit deux CL-515 pour 209 millions d’euros, livrables en 2032 et 2033. Six ans après l’échéance promise.
Natacha Polony pose la vraie question, celle du choix des dépenses. Elle rappelle que le crédit d’impôt recherche versé aux banques et assurances aurait représenté 190 millions d’euros en 2023. Quelle recherche utile à la société, demande-t-elle. Un Canadair coûte une soixantaine de millions selon la commission des finances. Les 52,8 millions rabotés par le décret Attal, c’est le prix d’un appareil. Un investissement rentable dès le premier été, chaque hectare sauvé étant une perte évitée pour l’État, l’économie et le vivant.
À l’aube de 2027, les anciens ministres nous racontent ce qu’ils feront. Les Français, eux, regardent ce qu’ils n’ont pas fait quand ils tenaient les commandes.
Chers candidats au poste suprême, n’oubliez pas, vos programmes ne valent que ce que vos décrets ont déjà acté.
Source : France Soir
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