Vincent Lemonnier quitte le commandement des gendarmes: «L’Avesnois mérite qu’on s’intéresse à lui»

Le 1er août, le lieutenant-colonel Vincent Lemonnier abandonnera ses fonctions à la tête de la compagnie de gendarmerie d’Avesnes-sur-Helpe. Direction Paris, où il ira travailler pour le compte du ministère de l’Intérieur. À quelques semaines du départ, le militaire de 38 ans revient sur ses années passées dans l’arrondissement, un territoire victime selon lui de trop nombreux clichés.


Vincent Lemonnier aura passé trois ans dans l’Avesnois à la tête de la compagnie de gendarmerie.

Vincent Lemonnier aura passé trois ans dans l’Avesnois à la tête de la compagnie de gendarmerie.

Du calme avesnois à l’agitation parisienne. Ce grand écart, Vincent Lemonnier va le réaliser en pleine torpeur estivale. Le big-boss de la gendarmerie d’Avesnes s’apprête à négocier un grand virage dans sa carrière. Fini les enquêtes judiciaires, c’est une tâche radicalement différente qui attend le lieutenant-colonel. Pourtant rattaché à la place Beauvau, il rejoindra la mission de gouvernance ministérielle des systèmes d’information et de communication à Bercy. Une équipe resserrée d’une vingtaine de hauts fonctionnaires, chargée de plancher « sur la mutualisation des moyens dans une perspective d’économie », relève Vincent Lemonnier. Un secteur hautement stratégique à l’heure de la sacro-sainte ère de rigueur dans la fonction publique.

Un retour à ses premières amours pour ce Saint-Cyrien à la formation scientifique, qui a traîné ses guêtres à l’école d’ingénieurs SupÉlec. Le lieutenant-colonel avait d’ailleurs rejoint l’administration centrale après un passage à l’escadron de gendarmerie mobile de Calais. Ce Breton d’origine avait ensuite pris ses fonctions à Avesnes le 29 septembre 2011.

De l’Avesnois, Vincent Lemonnier repart avec des souvenirs plein la tête. Pas des plus agréables vu le type d’enquête qu’il a eu à superviser. Des épisodes qu’il préfère garder pour lui. « Mais il faut arrêter de stigmatiser l’arrondissement, et le restreindre à l’alcoolémie ou aux stupéfiants », souligne le gendarme. Certes, les affaires d’usage ou de trafic de drogue se sont multipliées, « mais je pense que c’est logique pour les territoires frontaliers ». La proximité de la Belgique ou les Pays-Bas favorisent l’importation de la marchandise. Le militaire aura fait de la prévention son mantra. « Le travail s’est effectué en associant les élus et une multitude de corps de métiers, pour sensibiliser la population à ses problématiques ».

Accidents de la route : « pas une fatalité »

Autre grande thématique, les accidents de la route, véritable fléau en Sambre-Avesnois. « On a atteint la limite en termes de répression, admet Vincent Lemonnier. À la population maintenant de prendre conscience des dangers, et ne plus être dans une logique de fatalité. » Là encore, l’accent est mis sur la sensibilisation des conducteurs.

Le gendarme est-il satisfait de ses trois ans passés dans l’arrondissement ? « Ce n’est pas à moi de faire le bilan », sourit-il. Mais une chose est sûre, « le poste de commandement de compagnie est celui qui marque le plus dans une carrière ». L’homme s’est aussi attaché au territoire et promis, depuis son bureau parisien, il gardera toujours un œil sur l’actualité avesnoise…

On connaît déjà le successeur de Vincent Lemonnier. Il s’agit du chef d’escadron Joël Kerleau, actuellement en poste sur l’île de la Réunion. Il prendra officiellement ses fonctions à Avesnes le 1er août.

 

source : La Voix du Nord

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