Une faille dans l’obligation d’exemplarité

Dans les conflits routiers qui dégénèrent, certains s’arrêtent après des échanges de noms d’oiseaux, d’autres finissent devant la justice. Comme cette altercation évoquée mardi 23 juin au tribunal de police. Fin avril, un gendarme termine son footing dans une petite commune de l’ouest tourangeau. Il traverse la route alors qu’arrive, suffisamment loin, estime-t-il, une voiture. Mais le conducteur considère que la distance n’était pas suffisante et qu’il « aurait pu le renverser ». Ce dernier, surveillant pénitentiaire, s’arrête après avoir dépassé le joggeur lui ayant fait un geste de mécontentement, descend de voiture et s’avance vers lui.
Échanges verbaux et gestes plus ou moins déplacés débouchent sur une rixe, où le militaire est blessé. Bilan : quatre jours d’incapacité totale de travail. Celui-ci reconnaît « qu’il n’aurait pas dû faire ce geste » et le fonctionnaire que « c’est dommage d’en arriver là ». Me Germain Yamba, pour la partie civile, estime, que si les blessures sont peut-être modérées, le préjudice moral est très important, s’agissant de « l’enfant du village qui se fait rosser sous les yeux de la population ». Et il n’oublie pas le préjudice professionnel suite à une blessure au pouce.

« Quand on embrasse des carrières comme les vôtres, il y a une obligation absolue d’exemplarité que nous n’avons pas dans ce dossier », considère le procureur Benoit Bernard, qui félicite néanmoins le gendarme de n’avoir pas fait usage d’une force dont sont capables ceux qui ont suivi la formation des pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig). A l’adresse du surveillant, il demande une peine de 500 € d’amende. Après délibéré, le tribunal le condamne à 300 € d’amende. Il devra indemniser le gendarme.

Source : La Nouvelle République

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