Tulsi Gabbard déclassifie des documents sur plus de 120 biolabs financés par les États-Unis
Auteur(s) Le Collectif citoyen et Xavier Azalbert, France-Soir Publié le 16 juin 2026 – 09:40

France-Soir, Capture d’écran
Une transparence qui relance le débat sur les programmes de biosécurité et valide des alertes longtemps qualifiées de « théories du complot »
Dans l’un de ses derniers actes marquants avant son départ progressif de l’Office of the Director of National Intelligence (ODNI), Tulsi Gabbard a rendu publics le 12 juin 2026 des documents déclassifiés révélant l’ampleur du financement américain de laboratoires biologiques à travers le monde. Ces révélations, accompagnées d’une communication virale sur X, ont relancé les débats sur la transparence, la biosécurité et les mensonges présumés des administrations précédentes.
Les faits déclassifiés : plus de 120 laboratoires dans plus de 30 pays
Dans son post sur X, Tulsi Gabbard a déclaré :
« Aujourd’hui, je publie des renseignements jamais vus auparavant révélant de nouvelles preuves de financements passés par le gouvernement américain pour plus de 120 biolabs dans plus de 30 pays, y compris l’Ukraine. »
Ces documents, sous forme de slides synthétiques, s’inscrivent dans le cadre de l’Executive Order 14292 signé par Donald Trump en mai 2025, visant à mettre fin au financement fédéral de la recherche « gain-of-function » (GOF) dangereuse.
Analyse détaillée des diapositives :
Les 4 diapositives se concentrent particulièrement sur l’Ukraine, où plus de 40 laboratoires ont été construits ou soutenus par les États-Unis via le Biological Threat Reduction Program (BTRP) du Pentagone (DTRA).
- Pathogènes concernés : stockage et recherche sur des agents de l’ère soviétique incluant anthrax, peste, tularémie, tuberculose, fièvre aphteuse porcine, maladie de Newcastle, MERS, SRAS, Marburg, Ebola, Lassa, Rickettsia, etc.

- Financements détaillés : exemples concrets avec montants (ex. : 3,49 M$ pour le Central Reference Laboratory à Odesa ; 2,1 M$ pour un institut vétérinaire à Kharkiv ; 1,7 M$ pour un labo à Kherson). Les coûts couvrent conception, construction, équipement et formation.

- Partenaires : contractants américains comme Black & Veatch, formation de scientifiques ukrainiens en biocontainment (jusqu’à BSL-3/4), et études génomiques sur des virus hautement pathogènes comme la grippe aviaire.
- Risques soulignés : vulnérabilité accrue en temps de guerre (risque de saisie, dommages ou fuites), avec une alerte préalable de la communauté du renseignement sur au moins un site.
Les documents incluent des cartes, des tableaux de coûts et les connexions avec des programmes de biosécurité, sans photos ni documents bruts primaires, mais avec des références à des permis et sites officiels ukrainiens. Gabbard y voit une preuve de dissimulation systématique.
Comparaison avec les déclarations officielles du Pentagone
Le Pentagone n’a jamais nié l’existence de ces programmes. En mars 2022, un haut responsable de la Défense déclarait publiquement :
« Les États-Unis, via le BTRP, ont investi environ 200 millions de dollars en Ukraine depuis 2005, soutenant 46 laboratoires, établissements de santé et sites de diagnostic ukrainiens. »
Il insistait sur le caractère défensif : sécuriser l’héritage soviétique, prévenir les armes biologiques et renforcer la santé publique, sans aucun programme offensif américain. Les laboratoires restent gérés par l’Ukraine.
Les différences clés avec les déclarations de Gabbard : le Pentagone présente cela comme un programme de biosécurité transparent et coopératif (depuis les années 1990-2000), alors que Gabbard met l’accent sur les risques (pathogènes dangereux, GOF avec peu de supervision, vulnérabilité en zone de guerre) et accuse les administrations Biden et Obama d’avoir menti et menacé les lanceurs d’alerte, y compris le Dr Fauci. Il n’y a donc pas de contradiction factuelle majeure, mais une interprétation très différente : transparence vs. minimisation. Aucune fermeture ni poursuite annoncée pour l’instant.
Autres déclassifications majeures : le « Russia Hoax »
Gabbard a appliqué la même logique de transparence au dossier russe. En juillet 2025, elle a déclassifié un rapport du House Intelligence Committee (HPSCI) affirmant que l’administration Obama avait « fabriqué » l’Intelligence Community Assessment de janvier 2017 sur l’ingérence russe dans l’élection 2016. Emails, timelines et analyses internes montrent, selon elle, une « conspiration traîtresse » pour délégitimer Trump, avec transmission au DOJ pour d’éventuelles poursuites.
Ces révélations valident des alertes formulées des années plus tôt. Dès 2017 et surtout en 2020, des experts comme William Binney, ancien directeur technique de la NSA et lanceur d’alerte, dénonçaient publiquement le Russiagate comme une opération de désinformation. Dans une interview accordée à France-Soir en octobre 2020, Binney affirmait :
« D’après les preuves circonstancielles que nous avons, cela a commencé à l’intérieur de la CIA. Probablement dans un petit groupe qui a dirigé un programme appelé Hammer pour espionner la campagne Trump… Les serveurs du Comité national démocrate (DNC) n’ont jamais été piratés par les Russes. »

Binney, s’appuyant sur des analyses de vitesse de transfert de données (trop rapide pour un hack distant) et des éléments transmis à la justice dans les affaires Stone et Flynn, estimait que les agences de renseignement américaines et britanniques avaient systématiquement supprimé les preuves contraires. Il prédisait également des inculpations massives et soulignait les risques géopolitiques d’une telle escalade.
Ces analyses techniques, initialement marginalisées et qualifiées de « théorie du complot », trouvent aujourd’hui un écho direct dans les documents déclassifiés par l’ODNI sous Gabbard. Elles illustrent un schéma récurrent : des voix dissidentes au sein même de la communauté du renseignement ont été étouffées avant que la transparence ne les valide partiellement ou totalement.
Les médias alternatifs avaient raison : une « théorie du complot » validée
Dès 2022, des voix alternatives (Tucker Carlson, certains comptes X, médias indépendants et même Gabbard elle-même à l’époque) avaient alerté sur les biolabs en Ukraine, relayant des documents russes ou ukrainiens. Ils furent massivement censurés et qualifiés de « propagande russe » par les médias mainstream, la Maison Blanche et les fact-checkers.
Aujourd’hui, les faits confirment l’existence et l’ampleur du programme. Comme pour le Russiagate (dossier Steele, origine du COVID, etc.), cela illustre un schéma récurrent : des alertes marginalisées qui se révèlent partiellement ou totalement fondées une fois déclassifiées. Cela renforce la méfiance envers les institutions et les grands médias, tout en soulignant l’importance d’une presse libre et d’une transparence gouvernementale.
Réactions sur X et dans les médias
Sur X, le post original de Gabbard a fait plus de 41 millions de vues et 286k likes. Parmi les soutiens massifs, on compte : Jack Posobiec (« This is why they came for Tulsi so hard »), Rand Paul, Gunther Eagleman (« Expose it ALL ! »), Roger Stone, et de nombreux utilisateurs saluant la fin des « théories du complot ». Beaucoup rappellent que Poutine avait cité ces labs comme justification partielle de l’invasion.
Les critiques se contentent de relayer les accusations habituelles de « propagande russe » (Jimmy Rushton, Vatnik Soup, pro-Ukraine), de remise en question de la forme (slides PowerPoint sans preuves brutes). Certains soulignent que le programme était connu et non offensif.
Dans les médias, Fox News, NY Post, Newsweek offrent une couverture positive à l’affaire, soulignant la transparence et les mensonges passés. CNN, WaPo ainsi que les médias plus mainstream sont plus critiques, qualifiant cela de recyclage ou de réécriture de l’histoire, rappelant le caractère public du BTRP. Enfin, à l’international, les réactions sont mitigées, avec des médias ukrainiens et européens voyant une instrumentalisation pro-russe.
Cette déclassification marque un tournant dans la politique de transparence de l’administration Trump. Elle valide des préoccupations légitimes sur les risques biologiques mondiaux tout en posant des questions sur l’équilibre entre sécurité nationale, santé publique et responsabilité. Gabbard quitte l’ODNI en ayant tenu sa promesse : exposer ce qu’elle considère comme les mensonges de l’État profond. Reste à voir si cela débouchera sur des réformes concrètes ou des poursuites.
Les documents sont publics. Chacun peut les consulter et se forger sa propre opinion.
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Source : France Soir
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