Périscolaire : relaxe d’un animateur accusé d’agressions sexuelles dans une école à Paris

CLPRESS / Agence de presse

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Le tribunal correctionnel de Paris a prononcé ce mardi 16 juin 2026 la relaxe de Nicolas G., un animateur périscolaire âgé de 47 ans, poursuivi pour agressions sexuelles sur mineurs. Cette décision intervient dans le cadre du premier dossier jugé depuis la multiplication des signalements de violences dans le secteur périscolaire parisien. Les faits reprochés à Nicolas G. remontaient à son activité dans une école parisienne. Selon l’accusation, cet agent municipal avait l’habitude de surnommer certaines élèves par des termes affectueux déplacés, de leur raconter des histoires à caractère sexuel, de prendre des enfants sur ses genoux et de toucher la poitrine de l’une d’elles. Des propos à connotation sexuelle lui avaient également été attribués par les enfants, qui en avaient informé leurs parents. A la suite de ces signalements, l’animateur avait été suspendu de ses fonctions en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. Le dossier avait été audiencé le 5 mai 2026, l’audience s’étant tenue à huis clos. Le procureur avait alors requis à son encontre une peine de dix-huit mois d’emprisonnement avec sursis. Dans son jugement rendu ce mardi, le tribunal correctionnel a certes reconnu un comportement qualifié d’inapproprié et en décalage avec le positionnement attendu dans le contexte de l’animation scolaire et l’âge des élèves. Toutefois, les juges ont estimé que les éléments de l’enquête n’avaient pas permis de démontrer le caractère humiliant ou dégradant des gestes reprochés, ni d’établir une atteinte sexuelle au sens de la loi. La juridiction a par ailleurs noté que le tableau clinique psychologique des enfants mis en avant par l’accusation pouvait également résulter de la médiatisation de l’affaire. Cette relaxe a immédiatement suscité une vive émotion parmi les familles des enfants concernés. La porte-parole du collectif MeetooEcole, Barka Zerouali, a qualifié la décision de gifle pour les familles, ajoutant que la justice avait relaxé un homme sans pour autant effacer l’incapacité des institutions à protéger les enfants avant qu’un dossier arrive devant un tribunal. Des avocats des familles ont réclamé que le parquet de Paris forme appel du jugement. A ce stade, le ministère public n’avait pas encore indiqué ses intentions concernant une éventuelle voie de recours. David Belliard, maire écologiste du 11e arrondissement, l’un des quartiers particulièrement touchés par le scandale du périscolaire, a réagi en soulignant que la relaxe rappelle avant tout que la protection des enfants et l’application du principe de précaution maximal doivent primer sur toute autre considération. L’affaire s’inscrit dans un contexte de crise profonde du secteur périscolaire à Paris. Depuis le début de l’année 2026, 132 animateurs ont été suspendus dans les écoles de la capitale, dont 52 pour des suspicions de violences sexuelles ou sexistes. Face à l’ampleur du scandale, le nouveau maire socialiste de Paris, Emmanuel Grégoire, a engagé à la mi-avril 2026 un plan d’action doté de 20 millions d’euros, déclarant la protection des enfants dans le périscolaire priorité absolue de son début de mandat. Le maire a également évoqué la création d’une commission indépendante chargée d’examiner les procédures de recrutement, de signalement et de contrôle des personnels. Ce jugement relance le débat sur les moyens accordés à la protection de l’enfance dans le périscolaire parisien et sur la qualification juridique des comportements susceptibles de constituer des agressions sexuelles sur mineurs, alors que d’autres dossiers restent en attente d’être examinés par la justice.

Source : Youtube

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