Réflexions sur la loi de programmation militaire
Gérard HARDY
Président de Place d’Armes
Le 16 août 2026, la loi n° 2026-791 actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 a été promulguée.
Cette loi ajoute 36 milliards d’euros (Md€) sur 2026-2030 aux 413 milliards d’euros initialement prévus par la loi de programmation militaire 2024-2030 (LPM 2024-2030) afin d’accélérer le réarmement de la France et de prendre en compte le retour de la guerre de haute intensité en Europe. Rappelons que le budget dédié aux forces armées allemandes avoisine les 108 milliards d’euros (deux fois celui de la France).
Le général Pierre de Villiers fût poussé vers la sortie pour avoir osé rappeler l’impérieuse nécessité de cette prise de conscience. On a toujours tort d’avoir raison trop tôt.
Un état d’alerte de sécurité nationale, nouveau régime d’exception, est créé. Il sera activable par décret en Conseil des ministres sur tout ou partie du territoire en cas de menace grave et actuelle pesant sur la sécurité nationale, notamment la continuité des activités essentielles à la vie de la Nation et la protection de la population.
Au regard de la situation actuelle du pays, de la submersion migratoire, de l’ampleur des mafias liées au narcotrafic, des émeutes passées et de celles que l’extrême gauche nous prépare pour l’année prochaine, gageons que ce régime ne tardera pas à être mis en place…
Enfin, l’amélioration de notre outil de défense ne doit pas nous faire oublier que les moyens financiers ne sont rien sans un véritable « esprit de défense » qui doit unir les français autour de valeurs communes, or l’unité de la nation n’est, dans les faits, qu’une incantation quand toute une partie de la population n’y croit plus. Je souhaite bien du courage au président de la république (qui rêve de faire la guerre aux russes) pour mobiliser dans nos banlieues.
« Il ne sert à rien de bâtir de hautes murailles s’il n’y a personne pour les défendre ».
Cette célèbre phrase tirée de la philosophie spartiate nous rappelle que Sparte était célèbre pour ne pas avoir de remparts en pierre. Le roi Cléomène Ier, tout comme le philosophe Plutarque, affirmait que les véritables murailles d’une cité sont ses citoyens, et non les briques.
L’augmentation de notre budget défense est bien sûr une excellente chose. Il sera difficile de rattraper le retard pris depuis 20 ans mais le plus important, sera de retrouver le sentiment national et de remettre le patriotisme au cœur de notre société, en dehors des matchs de football.
Gérard HARDY
Président de Place d’Armes
Source : Place d’Armes

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