Blocage des Lycées : des CRS dans les amphis, des tracteurs devant les lycées ?
Auteur(s) France-Soir Publié le 06 octobre 2026 – 18:23


Confédération Paysanne
Ce mardi, la mobilisation lycéenne partie mi-septembre de la région parisienne a changé d’échelle, avec 1 800 établissements bloqués dès le matin selon l’Union syndicale lycéenne, citée par CNews. Le chiffre reste invérifiable de manière indépendante, mais le mouvement déborde désormais largement les grilles des lycées pour gagner les facultés, les centrales syndicales et jusqu’aux campagnes.
La veille, des CRS ont pénétré dans la Sorbonne Nouvelle, près de la place de la Nation, où plus de 500 étudiants tenaient une assemblée générale sur le mouvement. Une première depuis le début de cette mobilisation, sans être une première absolue, puisque la police était déjà entrée dans la Sorbonne en mai 2024 puis en avril 2025.
Au sommet de l’État, l’inquiétude ne se cache plus, et le ministre de l’Enseignement supérieur Philippe Baptiste a dit sur Sud Radio craindre un « embrasement national du mouvement lycéen et étudiant ». Matignon redoute pour sa part une contagion à d’autres secteurs, dans un mouvement qui, selon le gouvernement, aurait déjà glissé vers des violences urbaines.
Les syndicats ont choisi leur camp, une intersyndicale de l’Éducation nationale réunissant notamment la FSU, la CGT, FO et la CFDT ayant appelé à manifester aux côtés des élèves. Sur TF1, Sophie Binet a assuré que les militants de la CGT seraient présents pour protéger les lycéens, alors que depuis le 28 septembre, 6 059 personnes ont été interpellées et 5 060 placées en garde à vue, dont 87 % de mineurs, pendant que Matignon dénombrait 215 élèves blessés, un record. L’opposition se positionne pour capitaliser sur la crise,
Les paysans sont aussi bien là, la Confédération paysanne, troisième syndicat agricole, ayant appelé à rejoindre les blocages en tracteur, jugeant les revendications des jeunes « justes et légitimes ». Le syndicat y greffe sa propre colère, celle d’agriculteurs sortis d’un été catastrophique et qui dénoncent le démantèlement des services publics dans les campagnes. Son communiqué insiste pourtant sur une présence d’adultes solidaires et pacifiques, sans prétendre parler à la place des lycéens ni prendre leur mouvement en main. Effet collatéral, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a dû repousser sa visite au Sommet de l’élevage, prévue ce mardi en Auvergne, pour cause de mouvement lycéen.
Rempart ou accélérateur, les tracteurs sont devant les grilles.
Source : France Soir
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