Police gendarmerie : un plan anti-suicide pour stopper les drames

Sécurité

Depuis janvier, 39 policiers et 19 gendarmes se sont suicidés. Des chiffres très inquiétants./Photo DDM
Depuis janvier, 39 policiers et 19 gendarmes se sont suicidés. Des chiffres très inquiétants./Photo DDM

Un séminaire est organisé aujourd’hui au ministère de l’Intérieur pour mettre en place un plan anti-suicide dans la police et la gendarmerie. Une nécessité.

Samedi après-midi, grande banlieue parisienne dans le Val-de-Marne : un homme se couche sur les voies SNCF au moment où arrive le Thalys, le train rapide qui relie Paris à Bruxelles et Amsterdam. L’homme est tué sur le coup. Originaire de La Réunion, ce père de famille travaillait dans la police nationale, dans un commissariat du XIXe arrondissement de Paris. Un mort de plus. «Le 39e suicidé dans la police depuis le début de l’année», souligne Alain Hamon, auteur d’une livre sur le sujet (lire ci-dessous). En gendarmerie, selon des chiffres non officiels, 19 suicides ont également été constatés depuis janvier 2015.

Les raisons de ces passages à l’acte sont multiples mais on retrouve, toujours, les difficultés du quotidien des forces de sécurité. Et si, longtemps, «le sujet a été tabou», prévient un policier, les ministres de l‘Intérieur Manuel Valls et surtout Bernard Cazeneuve ont décidé de trouver des solutions. «Sans forcément remettre en cause les conditions de travail ce qui est dommage», s’inquiète un observateur.

Aujourd’hui place Beauvau, au ministère de l’Intérieur, un séminaire doit réunir membres de l’administration, représentants syndicaux ou des mutuelles de la police nationale, des gendarmes aussi, pour dégager des solutions. Un rapport d’étape de 70 pages envisage déjà quelques pistes. Notamment la possibilité de laisser au commissariat, ou dans sa brigade, son arme de service. «Comme deux tiers des passages à l’acte se déroulent sur les lieux de travail, cela ne va sans doute pas tout régler», avertit Alain Hamon. Le recrutement de psychologues supplémentaires ou le développement de formations pour mieux repérer les policiers ou gendarmes en souffrance, prévues notamment à l’école de police de Toulouse, sont également annoncés. Le début d’une prise de conscience nécessaire quand ont sait que sur dix ans, entre 2004-2014, 478 policiers ont mis fin à leurs jours. Le scandale des suicides chez France Telecom, en 2008 et 2009, concernait «seulement» 35 salariés…


Midi-Pyrénées épargnée ?

«Depuis 2010, nous avons perdu deux collègues, à Toulouse. Au regard des chiffres nationaux, c’est positif mais nous restons vigilants», commente Didier Martinez, secrétaire régional Unité SGP — FO. Certains services, notamment l’investigation, croule sous les dossiers à Toulouse mais des efforts d’accompagnements des policiers de terrain existent depuis 18 mois. «Un psychologue est disponible 24 heures sur 24. Médecin, assistante sociale interviennent également. Nous avons des réunions régulières. C’est positif», estime Didier Martinez.

Source : La Dépêche

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