Police – gendarmerie, le vrai du faux : des tatouages ? Oui mais…

5c3be9f80e1b10ed638b4577Gendarmes et policiers peuvent avoir des tatouages… « neutres ».
© (Photo d’illustration NR)

On a parfois des idées reçues sur les forces de l’ordre, ce qu’ils peuvent faire ou pas. On casse les clichés avec le commandant Évrard et le capitaine Hamoir.

Deuxième volet de notre série de trois articles destinée à en finir avec les idées reçues sur les policiers et les gendarmes. Le commandant Emmanuel Évrard, chef d’état-major au commissariat de Blois, et le capitaine Clément Hamoir, officier adjoint renseignement du groupement de gendarmerie de Loir-et-Cher, se sont prêtés au jeu, et répondent par vrai ou faux.

Les gendarmes ne peuvent pas intervenir en zone police et vice-versa. Capitaine Hamoir : « Faux. En matière d’intervention à proprement parler, un gendarme peut intervenir sur l’ensemble du territoire national (exemple du GIGN). La compétence judiciaire des gendarmes est au minimum départementale, sans distinction de zones. L’usage veut toutefois que l’on prévienne l’unité ou le service en charge de la sécurité publique sur la commune d’intervention, au titre notamment des risques liés à l’ordre public. »

Commandant Évrard : « Vaste sujet en réalité, parce que certains services spécialisés ont compétence nationale, d’autres régionale, d’autres départementale. Et en plus, pour certains, il existe des extensions de compétences dans certains cas. Et nous avons l’obligation d’intervenir en cas de commission de crime ou de délit. L’usage et la courtoisie à laquelle nous sommes attachés veulent toutefois que l’on prévienne les services territorialement compétents, par exemple, si nous allons à Onzain ou Cheverny pour interpeller, nous prévenons les gendarmes. »

Ce sont les enquêteurs de la gendarmerie ou de la police qui décident de classer sans suite une affaire dans laquelle ils n’ont pas assez de preuves à charge. Capitaine Hamoir : « Faux. C’est le procureur de la République qui décide. »

Gendarmes et policiers ont le droit d’avoir des tatouages et des piercings. Commandant Évrard : « Vrai. Une note de janvier 2018 a donné des précisions. Ils sont interdits s’ils constituent un signe manifeste d’appartenance à une organisation politique, syndicale, confessionnelle ou associative, ou s’ils portent atteinte aux valeurs fondamentales de la Nation. Donc autorisés, si neutres. Les tatouages ne doivent en outre pas dénaturer ou compromettre la relation du policier avec les usagers. Et pour être complet, la coupe de cheveux, les moustaches ou la barbe doivent être courtes, soignées et entretenues. »

Capitaine Hamoir : « Le tatouage ne doit pas être visible lorsque le militaire est en tenue. Et, même s’il est invisible, il ne doit pas être incompatible avec les exigences de moralité de la gendarmerie. Par exemple, une croix gammée tatouée n’est pas tolérable même si elle ne se voit pas. Les piercings ne doivent pas être visibles non plus, mais il y a aussi une question de sécurité : ça peut aggraver d’éventuelles blessures suite à des coups reçus. »

Toute personne a le droit de refuser un prélèvement ADN. Capitaine Hamoir : « Vrai et faux. Le prélèvement ADN est obligatoire dans beaucoup d’infractions. Vous pouvez vous y opposer, mais s’y opposer, c’est en soi un délit. »
Commandant Évrard : « Un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 15.000 € d’amende. »

Source : La Nouvelle République

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