Père et fils tués lors d’une course de côte à Istres : que s’est-il passé ?

Une Ford Focus a fait une embardée lors des essais, hier après-midi

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Ils étaient venus passer une journée en famille, dans une maison qui borde la jolie et sinueuse route du Delà, au bord de l’étang de Berre, à Istres. Et pas forcément pour voir les bolides de la course de côte d’Istres, dont le parcours d’1,5 km passait au bout de la propriété. Soudain, hier après-midi, lors des essais, une Ford Focus, numéro 87, a quitté la route, fait une embardée, et est allée faucher ce père de 51 ans, officier supérieur dans la gendarmerie de l’air, en poste à Aix-en-Provence, et son fils de dix ans. Ils se promenaient en compagnie de l’épouse du gendarme, à une cinquantaine de mètres de la route, selon les premiers éléments de l’enquête recueillis hier en début de soirée. Largement derrière, en tout cas, la rubalise qui délimitait l’accès aux spectateurs.

Le pilote placé en garde à vue

Immédiatement, les secours ont été alertés. S’ils n’ont rien pu faire pour le père, ils ont longtemps tenté de maintenir son fils en vie, avant qu’un hélicoptère ne se charge de l’emmener en urgence à l’hôpital Nord, à Marseille. Mais son état laissait craindre le pire. La nouvelle de son décès, vers 20 heures, a donné un tour encore plus dramatique à cet accident. La maman a été hospitalisée en état de choc, alors que deux autres personnes, âgées de 56 et 58 ans, ont aussi été prises en charge par les secours.

Dès l’accident connu, la route du Delà a été interdite aux véhicules, pour permettre à la police scientifique de mener ses premières investigations. Accident mécanique ? Perte de contrôle ? De nombreuses questions restent pour l’heure sans réponse. L’expertise du véhicule incriminé, qui sera menée dans les prochains jours, devrait apporter des éclaircissements, ainsi que l’audition du pilote, placé en garde à vue et entendu par les enquêteurs dès hier.

Cet endroit n’est pas le plus dangereux du parcours“, témoignait hier un fidèle du parcours. Ce que confirmait Francis Polge, le créateur de cette course : “Le pilote a quitté la route à un endroit situé juste après quelques virages, avant une ligne droite. C’est un endroit où on remet de la vitesse, où les voitures sont souvent à 180 km/h.” L’enquête, qui a été confiée à la Sûreté départementale, devra aussi confirmer cette donnée. La course de côte a été annulée par François Bernardini, le maire d’Istres.


L’organisation : “Les règles sont respectées”

Francis Polge est le créateur de l’Association dédiée au sport automobile d’Istres (ASAI) et de la course de côte doublement endeuillée hier. “J’étais avec le pilote quelques heures avant, dans le parc fermé où les voitures étaient regroupées. Sa voiture avait refusé de démarrer à trois reprises. Il était prêt à quitter la course, quand elle a enfin obtempéré. À quoi ça tient… Cet accident, c’est vraiment la fatalité.” S’il ne se prononce pas sur les circonstances (“Je n’ai rien vu, je n’étais pas positionné à cet endroit, et c’est maintenant à la police de nous dire ce qui s’est réellement passé“), il assure que “toutes les règles techniques et de sécurité (RTS) sont respectées à Istres. Nous avons toujours été précurseurs dans ce domaine, même avant qu’elles ne soient obligatoires. Au point d’être souvent cités en exemple.”

La course de côte d’Istres avait connu un précédent dramatique : une fillette avait été tuée par des éléments d’une barrière métallique, projetés par une voiture de course. C’était il y a 24 ans. “Ça aussi, c’était impensable. La voiture avait percuté une barrière, en fin de parcours, dont des éléments avaient percuté cet enfant.” Menacée, la course de côté avait cependant été autorisée à se renouveler les années suivantes.

Source et vidéo : La Provence.com

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