MUNCQ-NIEURLET Quand une banale intervention se transforme en état de siège

Un quinquagénaire a causé une sacrée frayeur aux pompiers d’Audruicq : alors qu’ils intervenaient pour l’empêcher de se suicider, il a tiré avec une arme à billes.

La tension retombe d’un coup au bout de deux heures
: le forcené a été maîtrisé sans grande difficulté.

La tension retombe d’un coup au bout de deux heures : le forcené a été maîtrisé sans grande difficulté.

C’est un corps de ferme isolé le long de la route de Vincq, à la sortie de Muncq-Nieurlet. Invisible derrière une épaisse rangée d’arbres et de fourrés, la ferme est sous le siège de la gendarmerie. Il y a le peloton de Wizernes, renforcé par des éléments de la communauté de brigade d’Audruicq et des gendarmes mobiles de Calais. Les pistolets-mitrailleurs et des kevlars sont de sortie, et on parle d’un négociateur qui serait en route depuis Lille…

Le suicidaire est en colère

Tout ça pour qui ? Pour un quinquagénaire que ses voisins décrivent charitablement comme « un peu dérangé ». À les entendre, ils ont cessé depuis longtemps de s’inquiéter des visites fréquentes -quasiment mensuelles- des pompiers à son domicile. « Il y a un mois, il avait appelé lui-même les gendarmes pour dire qu’il allait faire un massacre, qu’il allait tuer tous les chats du coin… Les gendarmes avaient fouillé la baraque, mais il n’avait pas d’arme. » Tous décrivent un individu solitaire, « jamais un bonjour », et perpétuellement caché sous son casque de scooter…

« On a pu faire en sorte qu’il s’approche de sa porte d’entrée, qui était restée ouverte.

Une fois qu’on a acquis la certitude qu’il ne portait plus son arme,

on est intervenus »

Mais ceux qui le connaissent le mieux, ce sont sans doute les sapeurs-pompiers d’Audruicq, qui confirment mener des interventions très fréquentes au chevet de ce monsieur.

Et ce mardi 18 avril vers 12 h 30, c’est une nouvelle intervention de routine : un professionnel chargé du suivi psychologique de cet individu s’inquiète d’une éventuelle tentative de suicide de son patient, et lorsque les sapeurs-pompiers appellent au domicile, l’absence de réponse exige une vérification sur place. C’est en débarquant sur les lieux que les sapeurs-pompiers constatent que l’homme est en vie, « dans le gaz », alcoolisé et en possession d’une arme.

Alors qu’ils rebroussent chemin, les pompiers entendent un coup de feu. Pas le temps de s’interroger, vu les antécédents du bonhomme, ils préfèrent se mettre à l’abri, quitte à laisser une partie de leur matériel de secours sur place.

Et voilà la cavalerie

Les gendarmes, eux aussi habitués des lieux et du personnage, s’empressent de barrer la route et d’établir un contact verbal avec le forcené. « On a réussi à lui parler alors qu’il s’était retranché chez lui. On a pu faire en sorte qu’il s’approche de sa porte d’entrée, qui était restée ouverte. Une fois qu’on a acquis la certitude qu’il ne portait plus son arme, on est intervenus. », décrit la commandante du la gendarmerie de Saint-Omer, Marie-Laure Pezant. De fait, l’homme est « dans un sale état » d’ébriété, et son arme sera retrouvée dans sa chambre. Il s’agissait en fait d’un pistolet à billes…

Un répit mais pas guéri

L’intervention du négociateur n’a pas été nécessaire, le « siège » de la ferme ayant duré moins de deux heures. L’homme a été pris en charge par le Samu, mais sa vie n’est pas en danger. Mi-philosophes, mi-fatalistes, les voisins regardent l’ambulance disparaître au coin d’un champ… « C’est presque toujours comme ça : ils le mettent à l’hosto quelques semaines, il revient un peu calmé… jusqu’à la fois d’après ! »

 

Édouard Odièvre

Source : Nord Littorral

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