Montpellier : la capitaine Heftre revient sur la féminisation de la gendarmerie

Montpellier : la capitaine Heftre revient sur la féminisation de la gendarmerie

Le capitaine Heftre à la tête de la brigade de Jacou-Clapiers depuis quatre ans.

Première commandante d’unité il y a vingt-trois ans, la capitaine Heftre revient sur la féminisation de la gendarmerie.

“J’ai tout eu : Voici, VSD…” La capitaine Cosette Heftre, de la brigade de Jacou-Clapiers, énumère dans un sourire les magazines dont elle a fait la une au début de sa carrière. En 1982, elle était des premières élèves féminines de la gendarmerie. “C’était une phase d’expérimentation. On avait choisi douze femmes à l’école de Montluçon. J’en faisais partie.” Alors qu’elle n’était pas destinée à une carrière militaire . “Je suis arrivée là par hasard. C’est un voisin, général dans l’armée, qui m’a dit un jour : “Cosette, la profession va s’ouvrir aux femmes”. Après deux ans de droit, je suis donc entrée dans les bureaux et j’ai passé des concours. Très vite, j’ai eu une réponse, je n’ai pas eu le temps de réfléchir, j’ai foncé.”

“Ce qui prime c’est la hiérarchie, le grade. On obéit à son chef”

Dix ans plus tard, elle devient maréchal des logis chef dans le Cantal. Cette nomination fait date : c’est le premier commandement attribué à une femme. “C’est vrai que c’était une fierté, pour moi comme pour les élus. Les maires n’avaient aucun a priori, ils étaient contents. Et le préfet aussi était une femme.” Elle ajoute aussitôt : “On était toutes attachées à être considérées comme nos homologues masculins.” Aujourd’hui, “plus personne ne pose de questions” et le rappel régulier de sa condition de pionnière l’amuse.

“Ce qui prime ici, c’est la hiérarchie, le grade. On obéit à son chef. En parler encore et encore, ça me fait revenir en arrière.” C’est-à-dire l’époque où on lui faisait remarquer qu’elle était la seule. Celle aussi où elle devait prouver qu’elle était aussi compétente qu’un homme.”On a été plus obligé de montrer qu’on avait de la valeur, c’est vrai. Au début, évidemment, on a entendu que ça n’était pas possible. Lorsque j’ai été promue, en 1993, mon commandant m’a prévenue : ton adjoint ne se laissera jamais commander par une femme”. Puis, ces collègues se sont rendus à l’évidence. “Tout de suite j’ai été dans l’action, j’ai pris part aux enquêtes. J’ai fait partie de l’équipe sur le tueur de l’Ardèche. Je suis partie le chercher.”

Bientôt le service régional de renseignement

Dans ce contexte, aucun besoin de célébrer le 8 mars, Journée des droits de la femme, pour celle qui ne sépare pas sa vie de femme et de capitaine.”On dit souvent qu’on est gendarme 24 h/24h. J’ai dû mener deux carrières de front, celle de gendarme et celle de mère. Mais la répartition des tâches avec le conjoint doit être naturelle, quel que soit le travail !” Avant de conclure : “Quand je dois réveiller des personnes pour partir sur une intervention en pleine nuit, je ne fais pas de différence entre un homme ou une femme.”Après quatre ans à la brigade de Jacou-Clapiers, la capitaine Heftre rejoindra en août le service régional de renseignement.

Source : Midi Libre

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *