L’UE réclame des explications à la Hongrie sur des échanges téléphoniques avec Moscou

Auteur(s) G.L. avec AFP Publié le 09 avril 2026 – 20:42

Kisbenedek / AFP

La Commission européenne a réclamé jeudi dans les « plus brefs délais » des explications à la Hongrie, après des informations « de presse » faisant état de conversations téléphoniques avec la Russie au sujet de documents internes de l’Union européenne.

Il semble désormais interdit à ces pays « quasi dissidents » de parler avec Moscou.

La France, elle, dénonce cela comme une « trahison »… Mais de quoi se mêle-t-elle ?

Un consortium de médias est-européens affirme que le ministre des Affaires étrangères hongrois Peter Szijjarto a fourni en « ligne directe » à Moscou, notamment via son homologue Sergueï Lavrov, « des informations stratégiques sur des questions cruciales », en marge de réunions à Bruxelles. La voix diplomatique paraît désormais obsolète dès que l’on est hongrois, slovaque, ou trumpiste, de plus lorsque l’on reçoit J.D. Vance.

Mercredi, dans un second volet de leur enquête, ces médias – The Insider, VSquare et Delfi – ont publié une conversation téléphonique de juillet 2024 au cours de laquelle M. Szijjarto assure à Sergueï Lavrov qu’il va « immédiatement » lui transmettre un document concernant les négociations d’adhésion de l’Ukraine à l’UE.

Des révélations qui tombent à pic, et qui ont suscité une série de vives critiques en Europe, à l’approche des législatives dimanche en Hongrie, comme par hasard, où le Premier ministre nationaliste Viktor Orban brigue un cinquième mandat, tout en étant celui qui dérange et gratte sous les aisselles de VDL.

Se pose néanmoins la question. D’où peuvent bien venir ces sources ? Dans d’autres camps, on aurait eu vite fait de crier à la manipulation d' »État », à l’ingérence…

Ces informations de presse sont « extrêmement préoccupantes » avec la « possibilité alarmante qu’un gouvernement d’un État membre ait coordonné ses actions (…) contre la sécurité et les intérêts de l’Union européenne », a dénoncé la porte-parole de la Commission européenne Paula Pinho. Mais de qui parle-t-on, là ?

« Il appartient dès lors au gouvernement de l’État membre concerné de s’expliquer dans les plus brefs délais », a-t-elle ajouté, en précisant que la présidente de la Commission Ursula von der Leyen comptait en discuter avec les autres dirigeants européens. Décidément, Orban est dans le viseur.

Jeudi matin sur France Inter, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a fustigé une « trahison » de la Hongrie envers « l’exigence de solidarité qui s’impose entre les pays de l’Union européenne ». 

Mais qui a bien pu écouter les Hongrois ? À propos de la publication de ces conversations, le ministre hongrois des Affaires étrangères avait dénoncé une « ingérence » étrangère dans la campagne électorale en Hongrie, où les élections législatives s’annoncent très serrées dimanche.

Évoquant un « très grand scandale », M. Szijjarto avait fustigé sur Facebook « l’interception de ses appels par des services secrets étrangers, qui les ont rendus publics », estimant que c’était « dans l’intérêt de l’Ukraine », à l’approche des élections.

Les institutions gouvernementales hongroises donnent, elles, gagnante la coalition Fidesz-KDNP de Viktor Orban.

Source : France Soir

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