Longue traque de la gendarmerie : trois voleurs présumés sous les verrous

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Une soixantaine d’affaires de vols dans les camping-cars sur les aires d’autoroute entre Lille et Marseille ont été résolues par la section de recherches de Dijon. Trois auteurs présumés sont en détention.

 

Commencée en Bourgogne, c’est à Marseille que s’est achevée la semaine dernière la longue traque de trois individus qui multipliaient les vols la nuit dans les camping-cars et les cabines de poids lourds sur les aires d’autoroute de l’est et du sud de la France. Le Groupement de gendarmerie départemental de la Côte-d’Or raconte l’affaire.

 
Au mois de novembre 2014, les occupants d’un camping-car stationné sur l’aire de Brognon, sur l’A31, sont victimes durant leur sommeil d’un vol à la roulotte au cours duquel 1330 euros sont dérobés. L’enquête diligentée par les militaires du peloton motorisé de gendarmerie de Chevigny-Saint-Sauveur (21) permet d’identifier un véhicule et des individus qui semblent agir de façon régulière sur l’ensemble du réseau autoroutier du Nord et du Grand Est, en ciblant plus particulièrement les camping-cars et les tracteurs routiers qu’ils forcent pendant le sommeil de leurs occupants. Dérobant essentiellement de l’argent liquide, des bijoux et du matériel informatique ou des téléphones, les malfaiteurs n’hésitent pas non plus à utiliser par la suite les cartes bleues volées.

 

Agissant en pleine nuit, à l’heure où les occupants des camping-cars ou des camions sont censés dormir profondément, ils peuvent parfois se montrer très menaçants pour les victimes qui se réveillaient malgré tout.
Devant la multiplication des faits, qui touchent plusieurs régions, la gendarmerie de Bourgogne s’organise rapidement pour centraliser toutes les investigations et un groupe de travail est mis sur pied, associant des enquêteurs de la section de recherches et de la brigade de recherches de Dijon ainsi que de l’escadron
départemental de sécurité routière de Côte-d’Or.

 

Une information judiciaire est ouverte par le parquet de Dijon au mois de février pour vol aggravé, vol en réunion, escroquerie et association de malfaiteurs.
Les trois principaux malfaiteurs finissent par être identifiés ; originaires du Maghreb, il s’agit d’étrangers en situation irrégulière qui n’ont pas véritablement de point fixe en France et sont toujours en mouvement, ce qui rend difficile leur localisation. Il faudra même l’appui de la Garde Civile espagnole pour poursuivre des investigations jusqu’à Valence en Espagne. C’est finalement à Marseille qu’ils sont localisés au mois d’avril par les
enquêteurs bourguignons.

 
C’est au retour d’un périple sur l’A6, suivi en direct par les enquêteurs du groupe de travail appuyés par plusieurs unités autoroutières de gendarmerie, que le véhicule des malfaiteurs est intercepté à Lançon de Provence, dans les Bouches du Rhône, mi-avril. Quatre individus sont interpellés, un seul parvient à prendre la fuite. Immédiatement placés en garde à vue, les deux principaux protagonistes sont finalement présentés au juge d’instruction dijonnais et écroués.

 
Les gendarmes ne lâchent pas la piste du dernier malfaiteur, considéré comme l’un des cerveaux de la bande. La semaine dernière, grâce au dispositif de surveillance mis en place, il est localisé à Marseille et c’est à la sortie d’un restaurant que les enquêteurs viendront le cueillir. Lui aussi est aujourd’hui sous les verrous. Au total, près d’une soixantaine de faits, commis sur différentes autoroutes entre Lille et Marseille, devraient pouvoir être formellement imputés à cette équipe.

 

Le général Favier, commandant la région de gendarmerie de Bourgogne et le groupement de gendarmerie de Côte-d’Or précise : « Ce dossier a mis en lumière une excellente complémentarité entre les unités chargées de la police judiciaire et les unités de sécurité routière, au sein de la région mais aussi avec les unités des autres régions concernées, notamment Champagne-Ardenne, Rhône-Alpes et Provence-Côte d’Azur.

Nous sommes capables, à partir d’un vol commis en un point du département, de relier toute une série de faits commis sur une bonne moitié du territoire français, traités par des parquets et des unités différents, de recouper les éléments, de regrouper les procédures et de mettre en place des dispositifs de suivi et d’interception, y compris à l’étranger, qui nous permettent d’aboutir rapidement au démantèlement de telles équipes malgré leur mobilité et leur furtivité.

C’est un bel exemple de complémentarité des moyens et de contrôle des flux, qui sont les grandes forces de la gendarmerie ».

Source : Gazette.info

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