Les gendarmes du peloton de gendarmerie de montagne aptes à aider le médecin en intervention

Les gendarmes du peloton de gendarmerie de montagne aptes à aider le médecin en intervention

Sous l’œil du formateur Nicolas Bergès, les gendarmes assistent le médecin.? © Photos Pierre Chambaud

Les neuf gendarmes du Peloton de gendarmerie de montagne (PGM), basé à Murat, ont été formés pour assister les médecins en intervention. S’ils ne peuvent pas remplacer un infirmier, certaines interventions seront facilitées.

Au sol, un gendarme joue le blessé : victime d’une chute, il est victime un traumatisme crânien. À ses côtés, Anne-Lise Pradel, médecin du Smur, s’affaire, assistée de deux gendarmes : il faut le médicaliser au plus vite, afin d’assurer son transport par hélicoptère vers un centre hospitalier.

Cette intervention est une simulation : le maréchal des logis-chef Mauri se relèvera, tout sourire, à la fin de l’exercice. Nicolas Bergès, l’un des deux formateurs, pimente un peu la situation : il annonce que l’état du « patient » se dégrade, le pilote d’hélicoptère est particulièrement bavard à la radio…

Trois jours de formation

Mais cette situation peut se reproduire dans la réalité : une chute en montagne, et les secours dans l’incapacité de déployer plus de trois personnes, deux gendarmes et un médecin, sans infirmier. « Ce sont des choses qui arrivent, explique le major Jean-Christophe Fourcoux, commandant du Peloton de gendarmerie de montagne dans le Cantal. Si la zone est à risque, nous ne multiplions pas le nombre d’intervenants. » Dans ces cas-là, les gendarmes peuvent être amenés à aider le médecin, pour accélérer la prise en charge.

C’est exactement le but de cette formation de trois jours. Le module d’aide à la médicalisation était en réflexion depuis une dizaine d’années au niveau des instances décisionnelles, et l’élaboration du protocole, conjointe entre sécurité civile, médecins et gendarmes, a pris du temps. Aujourd’hui, tous les jeunes gendarmes spécialisés dans le secours en montagne qui sortent de l’école de Chamonix ont la certification. La formation à Murat est une séance de rattrapage pour les plus anciens.

Pendant ces trois jours, les militaires alternent la théorie et la pratique, sous la surveillance de deux formateurs, et avec un médecin du Smur, Anne-Lise Pradel en l’occurrence, avec lequel ils pourraient être amenés à travailler. Les questions sont pointues, et portent notamment sur ce que les gendarmes peuvent ou ne peuvent pas faire : pas question de piquer avec une seringue ou de faire une intubation, par exemple. « J’apporte un rôle d’expert, précise Anne-Lise Pradel. Ce module n’a pas lieu d’être sans un médecin. Il y a des notions que l’on peut leur apporter, c’est difficile pour eux qui n’ont pas de formation et c’est tout à leur honneur de faire ce genre de formation, d’où l’importance des protocoles. »

Ne pas remplacer
les infirmiers

« Nous ne sommes ni infirmier ni médecin ni aide-soignant, insiste l’adjudant-chef David Lohier, « formateur de formateur » et concepteur du référentiel. Nous restons à notre place, nous sommes des secouristes mais nous pouvons vraiment aider le médecin et donner l’ensemble des chances à la médecine sur une intervention. »

Pas question de remplacer les infirmiers par des gendarmes, donc : si l’aide-soignant peut-être déployé, il le sera. « Nous faisons une cinquantaine d’interventions médicalisées par an, dans le Cantal, indique le major Fourcoux. L’objectif c’est de pouvoir venir en renfort de l’équipe médicale, en plus de sécuriser les lieux, la victime et d’assurer la partie secourisme. »

Et si les interventions lors desquelles les infirmiers ne sont pas déployés sont rares dans le Cantal, ces simulations restent importantes pour Anne-Lise Pradel : « Cela permet de travailler ensemble, d’apprendre à se parler. La grosse intervention, quand elle arrivera, il ne faudra pas la louper… »

Pierre Chambaud

Source : La Montagne

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