Indre-et-Loire Surveillance levée autour de la propriété de Giscard

Les gendarmes veillaient en permanence sur le domaine de l'Étoile depuis 1981. - Les gendarmes veillaient en permanence sur le domaine de l'Étoile depuis 1981. - (Photo archives NR)

Les gendarmes veillaient en permanence sur le domaine de l’Étoile depuis 1981. – (Photo archives NR)

Authon (Loir-et-Cher). Appelée vers d’autres missions liées à l’état d’urgence, la gendarmerie mobile n’assure plus la surveillance de la propriété de VGE.

L’ordre est tombé en urgence de Paris. Avec effet immédiat. Mercredi, les gendarmes mobiles chargés de la protection de la propriété de Valéry Giscard d’Estaing à Authon, aux confins du Loir-et-Cher et de l’Indre-et-Loire, ont levé le camp. Les militaires veillaient sur le domaine de l’Étoile (650 hectares) depuis le début du septennat de l’ancien président de la République, en 1974. Nuit et jour et chaque jour de la semaine, que le maître des lieux soit présent ou non. A l’issue du septennat, en mai 1981, le dispositif a été considérablement allégé, passant d’un escadron (près de 80 hommes) à un poste doté d’une dizaine de militaires.
Logés dans un baraquement démontable, les gendarmes ont déménagé le mobilier et l’équipement nécessaires à leur mission de surveillance.
Hier matin, il n’y avait plus l’ombre d’un treillis ou d’un uniforme aux abords de cette belle demeure bâtie en 1850 et acquise par héritage par l’épouse de l’ancien chef de l’État, Anne-Aymone Sauvage de Brantes. La surveillance était assurée à tour de rôle par les escadrons de Blois et de Joué-lès-Tours.

Tous les anciens présidents de la République bénéficient après leur mandat d’une protection particulière, mais aussi de différents collaborateurs. Il y a deux ans, le député socialiste René Dosière avait révélé que VGE était celui qui coûtait le plus cher à la collectivité avec un budget de 2,5 millions d’euros en 2014 (NR du 2 février 2016). Cité par Libération (28 janvier 2015), le parlementaire s’était notamment appuyé sur un rapport du Sénat qui indiquait que 15 gendarmes étaient mobilisés en 2010 à temps plein pour garder la résidence privée de Valéry Giscard d’Estaing à Authon et 6 pour celle de Jacques Chirac à Bity (Corrèze), soit un coût respectif annuel de 1,1 million d’euros et 400.000 euros selon le député (70.000 euros par gendarme). Après coup, René Dosière avait confessé auprès de nos confrères du Parisien avoir un tantinet surestimé cette dépense.
Ce dispositif a bien été réduit puisque, selon nos informations, la propriété d’Authon était jusqu’à ce mercredi, protégée par neuf militaires. Ce n’est pas pour réaliser des économies que cette surveillance permanente aurait été levée, mais en raison de l’état d’urgence renforcé.
Les forces mobiles (CRS et escadrons de gendarmerie mobile) jusqu’alors affectées à des gardes statiques, sont progressivement redéployées sur d’autres objectifs en lien avec la menace terroriste. Le domaine d’Authon n’est donc pas le seul à être concerné, le château de la famille Chirac situé à Sarran (Corrèze) a, lui aussi, dit au revoir à ses fidèles gendarmes.

Lionel Oger

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