Gendarmes mobiles et gardes républicains : un vote très très bleu-marine

Le 14 juillet 2014 voit comme chaque année le défilé des forces armées sur l’avenue des Champs-Elysées. S’il est difficile de prendre connaissance des sensibilités politiques des gendarmes mobiles et des gardes républicains à partir des enquêtes d’opinion classiques, l’observation des bureaux de vote à proximité des casernes de ces deux corps d’armes est pour le moins révélatrice : les gendarmes mobiles et les gardes républicains ont une sensibilité particulière à l’égard de Marine le Pen.
Gendarmes mobiles et gardes républicains : un vote très très bleu-marine

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ontrairement à leur collègues policiers ou CRS, les gendarmes n’ont pas le droit de se syndiquer. L’expression de ce corps ou de ses représentants dans le débat public est donc rarissime (on se souvient encore dans les casernes et les brigades du mouvement de protestation de 2001-2002). Mais si ces membres de la « Grande Muette » ne donnent quasiment jamais de la voix publiquement, ils participent néanmoins comme tout citoyen aux consultations électorales. La question qui se pose alors est de savoir si ces électeurs en uniforme ont un comportement électoral similaire à celui de la moyenne des Français ou s’ils présentent de fortes singularités et si oui lesquelles ?

Pour répondre à ces interrogations, le recours aux classiques enquêtes d’opinion n’est pas adapté car la population gendarmique est trop peu nombreuse pour que l’on puisse l’isoler dans des échantillons nationaux représentatifs.

De la même façon, comparer en milieu rural les résultats électoraux des communes dotées d’une brigade de gendarmerie avec ceux des communes qui en sont dépourvues n’a guère de sens car les quelques voix des gendarmes et de leurs familles seront diluées dans un corps électoral beaucoup trop large.

Pour pallier cette difficulté, nous avons concentré notre analyse en milieu urbain sur les bureaux de vote abritant dans leur périmètre une caserne de la gendarmerie mobile. Comptant généralement un à deux escadrons (plus parfois un état-major ou des unités de soutien logistique), ces casernes concentrent en un même lieu des effectifs importants, de l’ordre de 180 à 500 personnes, car contrairement aux militaires ou aux CRS, les gendarmes mobiles résident avec leurs familles dans les locaux de la caserne. Cette concentration en un même lieu d’effectifs gendarmiques importants (les gendarmes et leurs familles pouvant représenter entre 15% et 100% du corps électoral de ces bureaux de vote) offre une possibilité unique de pouvoir évaluer la réalité de ce vote, dont les caractéristiques sont, nous allons le voir, très particulières.
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