Gendarmerie : un ingénieur en informatique prend le commandement de la compagnie de Fécamp

Gendarmerie : un ingénieur en informatique prend le commandement de la compagnie de Fécamp

Le capitaine Nicolas Meuland : « Un commandant de compagnieest d’abord un chef militaire, qui doit connaître son personnel,son territoire, sa population. »

Nicolas Meuland est à la fois capitaine et commandant. À 36 ans, cet officier de la gendarmerie nationale porte le grade de capitaine. Mais il est aussi commandant (c’est sa fonction) de la compagnie de gendarmerie de Fécamp, depuis le 1er septembre. « Quatre-vingt-treize effectifs constituent cette compagnie », rappelle le nouveau patron, qui succède au chef d’escadron Éric Jung, sur le point de prendre sa retraite. Le capitaine Meuland reste épaulé par le capitaine Stéphane Madillac, commandant en second.

Dans l’organisation de la gendarmerie, la compagnie est une strate comprise entre la brigade et le groupement (département). Désormais, Nicolas Meuland a donc sous ses ordres trois communautés de brigades (Criquetot-l’Esneval, Valmont et Saint-Valéry-en-Caux), une brigade de recherches, un Psig (Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie) et le secrétariat de la compagnie. Il veille donc sur les brigades de Criquetot, Goderville, Etretat, Valmont, Fécamp, Saint-Valery, Cany-Barville et Fontaine-le-Dun.

Ingénieur en informatique

Né à Cambrai (Nord), marié et père de deux enfants, cet ingénieur de formation ne cache pas sa satisfaction, déjà à titre personnel : « Fécamp est une superbe affectation. Les paysages sont quand même magnifiques. Moi qui suis un amateur de marchés, de terroir, j’aime. En 2003, j’étais déjà venu ici avec mon épouse, pendant des vacances. J’ai retrouvé les photos. Cela fait tout drôle d’y revenir. J’avais demandé à rejoindre l’ouest : l’Aquitaine, la Bretagne ou la Normandie. Je suis donc ravi. » Mais le tourisme n’est évidemment pas sa priorité, quelques semaines après avoir quitté Tarbes (Hautes-Pyrénées) et l’escadron départemental de sécurité routière (EDSR) qu’il y dirigeait depuis quatre ans. « Prendre le commandement d’une compagnie fait partie de la carrière d’un officier. Depuis mes études, ce qui m’intéressait, c’était d’être en responsabilité, de commander des hommes. À la base, je suis ingénieur en informatique, mais le côté militaire en gendarmerie m’attirait. »

Son bac + 5 en poche, Nicolas Meuland a intégré l’école des officiers de la gendarmerie, à Melun, avant de prendre le commandement du peloton d’autoroute de Peyruis, dans les Alpes de Haute-Provence, puis, donc, la direction de l’EDSR des Hautes-Pyrénées.

Délinquance de proximité

Le militaire est scientifique et passionné de moto. « J’ai choisi de devenir motocycliste. » Pour le moment, il n’a pas souhaité user de ses compétences informatiques pour rejoindre un service spécialisé dans la cybercriminalité ou le numérique. Le goût du terrain le conduit à assumer des postes de proximité.

Elle fait d’ailleurs partie de ses priorités affichées à Fécamp. L’homme évoque en premier « la lutte contre la délinquance de proximité » mais, aussi, « le développement des actions de prévention contre les cambriolages, les vols à la roulotte ». Les vols, qu’ils se commettent par effraction ou non, restent une plaie. Et parfois, les victimes facilitent la tâche des délinquants, oubliant ou ne jugeant pas utile de verrouiller une porte, ou laissant bien en évidence, dans un véhicule, un objet de valeur…

Deux procureurs

En rejoignant la cité des Terre-Neuvas, Nicolas Meuland découvre aussi les joies du découpage administratif. Ses unités se répartissent entre deux arrondissements, donc deux sous-préfectures (Le Havre et Dieppe), et deux tribunaux de grande instance, donc deux parquets. N’est-ce pas une difficulté ? « Je n’ai pas envie d’aller vers la facilité ! C’est un beau challenge, dans un beau pays. »

Le commandant d’une compagnie assure aussi un rôle de représentation et relationnel sur un territoire : « Je rencontre individuellement tous mes personnels, mais aussi les élus, les autorités. Je suis aussi allé deux fois à la centrale nucléaire de Paluel, sur le secteur de la compagnie, mais surveillée par un PSPG (Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie). Il est directement sous l’autorité du groupement, mais nous travaillons ensemble. J’ai aussi visité le poste équestre du Tilleul. » Nicolas Meuland n’oublie pas non plus les chevaux des moteurs, rappelant que « la lutte contre l’insécurité routière est une priorité gouvernementale ».

Gageons que son personnel saura aussi à quelle porte frapper quand un ordinateur se montrera récalcitrant…

Source : Paris Normandie

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