Forcené finalement maîtrisé

Méreau (Cher)

Depuis 10 h 30 hier matin, Méreau (Cher) a retenu son souffle. Le dimanche qui sent habituellement bon des parfums de La Ronde des pains, la boulangerie du bourg, se teinte de plombs et de détonations nombreuses.
Plusieurs minutes plus tard, le bourg, situé à 10 km à peine de Reuilly, est inaccessible. La boulangerie fermée. Deux voitures de gendarmes barrent l’accès de Méreau, à chaque bout.

Tirs en direction des gendarmes

Cinquante-cinq hommes débarquent, entre la boulangerie et le salon de coiffure : 43 gendarmes dont ceux du Peloton spécialisé de protection de la gendarmerie (PSPG), en relation avec le GIGN, et 12 pompiers. Méreau est en état de siège.
A partir de là, le jeu du chat et de la souris commence, sous un soleil de plomb qui fait ruisseler les hommes en armes, sous leurs casques et leurs gilets pare-balles. L’homme se retranche dans son bunker de sous-sol, avec son arme. Les voisins, qui ne sont pas évacués dans ce bouquet de pavillons, se confinent chez eux, avec ordre de ne pas sortir.
La boulangère trouve refuge chez des voisins ; elle est aux premières loges. Les parents du forcené se cloîtrent à l’étage : pour les rejoindre, il doit sortir. A l’extérieur, des gendarmes se positionnent. Le sous-préfet de Vierzon, Éric Boucourt, est clair : s’il sort avec son arme, il sera neutralisé.
A la violence d’un instant de folie, sans doute aiguisé par l’alcool – l’enquête le dira – se substitue un temps d’échanges. Mais des échanges à sens unique : les deux négociateurs de la gendarmerie ne parviennent ni à le joindre sur son téléphone portable, ni à lui arracher une parole après s’être adressé à lui par mégaphone interposé. Ils font même appel à l’un de ses trois enfants, sa fille, trentenaire, venue de Vierzon. Rien n’y fait.
Dans le silence de Méreau, on entend, parfois des voix résonner mais inaudibles. Les négociateurs tentent de percer cette carapace silencieuse. L’attente est le meilleur allié des gendarmes. « Plus le temps passe, moins il a envie de tirer », confie l’un d’eux. Les gendarmes avaient quand même essuyé, à leur arrivée, le matin, des tirs dans leur direction. Les a-t-il visés sciemment ? L’enquête aussi le dira.
Plusieurs heures s’écoulent au rythme des voitures qui doivent faire demi-tour, des hommes du PSPG que les habitants voient passer, comme dans les directs des chaînes d’infos en continu.
Après la salve matinale (une trentaine de coups de feu), le silence épais interroge les gendarmes. Et les inquiète aussi un peu.

A 15 h, les gendarmes interviennent

Vue de l’extérieur, l’atmosphère semble se détendre. La boulangère, autorisée à sortir, sert à boire aux gendarmes, amène des parts de tartes, des sandwichs, du café. Certains se persuadent que les heures seront longues. Mais les hommes du PSPG préparent, à l’abri des regards, leur intervention. Il n’est pas 15 h quand comme une vague atteint les dernières voitures de gendarmerie qui bloquent la route : les hommes armés viennent de maîtriser, sans violence, le quinquagénaire, aussitôt pris en charge par les secours et bien sûr les forces de l’ordre.
L’enquête devra déterminer quelles sont les causes de ce coup de folie.

Source : La Nouvelle République

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