En France, seule une victime de viol sur cinq va voir la police ou la gendarmerie

Un rapport révèle comment le viol est à la fois « l’agression sexuelle la plus traumatisante pour la victime » et « la moins signalée à la police ».

Mark Goddard
En France, seule une victime de viol sur cinq va voir la police ou la gendarmerie

VIOL – Une victime de viol sur cinq n’a jamais parlé de son agression et seules 13% des personnes se déclarant victimes ont déposé plainte, affirme ce mercredi 8 février une étude de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP).

Qualifié de crime et puni de 15 ans de réclusion criminelle, « le viol est l’agression sexuelle la plus grave et probablement la plus traumatisante pour la victime » et pourtant c’est « l’une des infractions les moins signalées à la police », relève l’ONDRP dans sa note.

Environ une victime de viol sur cinq se déplace à la police ou à la gendarmerie pour déclarer l’agression (19%): 13% déposent plainte, 4% font une main courante et 2% s’en tiennent là.

Dans 66% des cas, les victimes se disent que ça ne servira à rien

Celles qui ne se déplacent pas préfèrent trouver une autre solution dans 67% des cas et pensent que cela ne servira à rien dans 66% des situations. Au total, 62% des victimes n’informent ni la police ni la gendarmerie pour « éviter des épreuves supplémentaires ».

Parmi les autres interlocuteurs, « près de 63% des victimes se confient à un proche, 21% consultent un médecin et plus d’un quart des victimes voient un psychologue ou un psychiatre à la suite des événements », poursuit cette étude.

Seuls 12% d’entre elles appellent un numéro vert ou un autre service téléphonique d’aide aux victimes et 9% rencontrent les membres d’une association à la suite de leur agression.

Un faible échantillon

Âgées de 18 à 75 ans, 290 personnes ayant déclaré un viol au cours des deux années précédentes, ont répondu à une enquête « cadre de vie et sécurité » réalisée entre 2008 et 2015, notamment par l’Insee et l’ONDRP (Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales).

« En raison de la faiblesse des effectifs de l’échantillon, la présente étude ne permet que d’apporter des ordres de grandeur », précise l’ONDRP, ajoutant qu’elle ne permet pas non plus « de connaître l’ordre dans lequel les victimes se confient aux différents interlocuteurs ».

Source :   huffingtonpost  

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