EDITORIAL : DU DEVOIR DE MEMOIRE (et de l’opportunisme)

medaille                                                 La médaille de la Reconnaissance de la Nation

Il est évident que la mémoire est sélective, surtout de la part de nos élus, quel que soit leur niveau de responsabilité. L’indifférence, voire le mépris, semble être une de leur marque de fabrique.

Paru aujourd’hui dans le premier quotidien français (18 novembre 2014) , le maire de la commune de Carhaix (29) a entériné, en accord avec son conseil municipal, le fait de donner le nom d’une rue en hommage à Rémi FRAISSE.

Pourquoi pas ? Si son idéologie politique le lui permet et qu’il entraine sur ses pas l’ensemble de ses colistiers. Bien que cela présente une certaine “vulgarité” morale.

Je tiens juste à rappeler à cet édile que les honneurs à rendre à un mort n’appartiennent nullement au conseil municipal et encore moins à sa personne. La population communale a-t-elle été concertée sur cette décision ? Bien que je n’en sois pas certain il me semble déceler ici une certaine forme d’autoritarisme.

Mais afin de justifier, voire de valider cet arrêté, il n’hésite pas à solliciter la famille du jeune homme afin de légitimer la décision du conseil municipal qu’il préside. Jolie forme de forfaiture !

Carhaix. La rue Rémi-Fraisse soumise à l’accord des parents

La rue qui portera son nom est une voie communale située sur la zone de loisirs de Kerampuilh.  | Ouest-France

Le conseil municipal de Carhaix a voté en faveur de la dénomination d’une rue Rémi-Fraisse. Cette délibération sera soumise à l’accord des parents du défunt.

La question de la dénomination d’une rue Rémi-Fraisse était inscrite à l’ordre du jour du conseil municipal du 17 novembre. Cette décision a été prise par Christian Troadec, le maire de Carhaix, et sa majorité, dans le but de « rendre hommage au manifestant et à l’étudiant pacifiste qui a perdu la vie lors de la manifestation contre le barrage de Sivens dans le Tarn. »

Le conseil a donc voté en faveur de cette dénomination (les trois élus de l’opposition PS ce sont abstenus) tout en précisant que la décision définitive serait soumise à l’accord de la famille. Le militant écologiste de 21 ans est mort lors d’affrontements avec les forces de l’ordre dans la nuit du 25 au 26 octobre. La rue qui portera son nom est une voie communale située sur la zone de loisirs de Kerampuilh, un endroit fréquenté par la jeunesse proche du site des Vielles Charrues.

Source : Ouest-France

 

Pour mémoire je rappelle juste que plus de 200 soldats français sont morts en opérations extérieures depuis 2001. En août 2013, 83 de nos soldats avaient déjà perdu la vie en Afghanistan. L’âge des camarades décédés depuis 10 ans s’échelonne de 19ans, pour le plus jeune, jusqu’à 46 ans pour le plus ancien.

Je mets au défi monsieur TROADEC de me citer à brûle pourpoint ne serait-ce que le nom d’un seul d’entre-eux.

Personnellement, il me revient notamment les noms du capitaine MEZZASALMA et du caporal-chef PANEZYCK, tués en août 2010 dans la vallée de Kapîsâ, Tagab. Ils sont loin d’être les seuls.

Peu de jours après le décès de Rémi FRAISSE, au sein de l’hémicycle des députés de notre nation, une élue, apparentée EELV, ancienne ministre du gouvernement actuel, a réclamé une minute de silence. La totalité des présents a acquiescé. Quelle honte !

Dans le même temps l’adjudant Thomas DUPUY, mort au combat le 28 octobre 2014, lui, n’a pas eu droit au tel tapage médiatique. Depuis quels souvenirs de cet homme et quel soutien pour sa famille ? Hormis un drapeau tricolore jeté comme un torchon sur son cercueil, un hommage militaire bâclé et masqué aux Invalides, juste quelques entrefilets dans les médias nationaux et régionaux.

Moi, aujourd’hui, je demande au nom de l’Association Professionnelle Gendarmerie, mais sans plus de prétention, au nom de l’ensemble de mes camarades militaires, que le nom de l’adjudant Thomas DUPUY soit honoré par  une rue, une place ou un  espace officiel.

Monsieur TROADEC!!! Le moins que vous puissiez faire est de rendre hommage à ce militaire, qui par son engagement vous autorise aujourd’hui à pouvoir prendre une décision municipale aussi infamante.

Monsieur TROADEC!!! Par votre action vous admettez  que Rémi FRAISSE,  il y a peu de temps, ait pu se confronter aux forces de l’ordre sous la couverture de la démocratie. C’est l’adjudant DUPUY et ses camarades qui aujourd’hui vous autorisent  cette liberté d’expression.

Si un jour un gendarme de Carhaix venait à se faire tuer pour défendre un de vos concitoyens ou un de vos biens, auriez-vous la même réflexion ?

                                                                                Pour l’Association Professionnelle Gendarmerie

                                                                                                           Le Secrétaire

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