Drones. Un radar imaginé à Saint-Malo

Le système, autonome grâce à ses panneaux solaires, est capable de détecter des...

La détection de drones de moins d’un mètre d’envergure est un sérieux défi technologique. Tecknisolar, une société basée à Saint-Malo, a développé un radar portable et autonome, « parfaitement adapté à la surveillance des zones sensibles ». Les récents survols de villes, de centrales nucléaires ou de terrains militaires comme l’Ile-Longue par des drones ont-ils dopé la vente de votre radar spécialisé dans la détection de petites cibles ? Pascal Barguirdjian : Non, pas plus que cela. Les autorités militaires font la sourde oreille. Pourtant, notre radar fonctionne et a fait ses preuves auprès des gendarmes et douaniers d’Outremer (Cegom). Quand l’avez-vous sorti et comment marche-t-il ? Nous l’avons développé à la demande d’un général de gendarmerie alors patron du Cegom, en 2007. Nous avons livré quelques-uns de ces radars (100.000 euros pièce) capables de détecter des intrusions d’embarcations dans des zones maritimes sensibles. Ce système composé d’une antenne, d’un écran et de panneaux solaires pour une alimentation autonome est également adapté aux petits engins volants. Quel est le rayon d’action de votre système ? Il est capable de détecter des embarcations dans un rayon de 15 km comme des engins volants d’un peu plus d’un mètre d’envergure jusqu’à 2 km. Et les plus petits, ceux que l’on soupçonne de survoler centrales nucléaires et zones militaires ? Leur surface de réflexion est encore trop faible mais notre radar peut relever des échos dans un rayon de 500 m. Toute la difficulté réside dans la détection d’un engin de moins d’un mètre évoluant au ras du sol. Les laboratoires militaires cherchent à détecter des engins de 50 cm d’envergure, qu’en pensez-vous ? C’est très difficile, voire impossible. Quelle est la parade après avoir détecté un drone ? On peut le suivre à la trace ou notamment déterminer un cap de fuite pour tenter de le retrouver. Le plus efficace semble le brouillage de sa fréquence GPS pour le faire s’écraser au sol. Quel est le risque d’un survol de drone de petite taille, à la charge utile forcément limitée ? Ces drones peuvent être mis en oeuvre par des services secrets qui réalisent la collecte d’informations. L’acte terroriste avec une flotte de drones décollant sur une cible et transportant individuellement quelques centaines de grammes de puissant explosif est à craindre. La menace la plus sérieuse étant, selon moi, l’attaque bactériologique au-dessus d’une ville ou d’un stade de football plein à craquer.

Source : Le Télégramme  

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