Dieppe : Agathe Vedrenne, nouvelle commandante de la compagnie de gendarmerie

Sécurité. Agathe Vedrenne vient d’être nommée à la tête de la compagnie de gendarmerie. La commandante de 36 ans est ravie d’exercer à Dieppe, une ville qu’elle connaît déjà et qu’elle a choisie.

Agathe Vedrenne a obtenu le grade de commandant le 1er août, simultanément à son arrivée à Dieppe. Elle remplace Patrice Lagadec, parti exercer en tant que conseiller du général de corps des armées en Guinée
Agathe Vedrenne a obtenu le grade de commandant le 1er août, simultanément à son arrivée à Dieppe. Elle remplace Patrice Lagadec, parti exercer en tant que conseiller du général de corps des armées en Guinée

Le chef d’escadron Agathe Vedrenne, 36 ans, est la nouvelle commandante de la compagnie de gendarmerie de Dieppe. Une affectation qui la satisfait pleinement puisque sa venue ici est un choix. En poste depuis une semaine, la première femme à commander cette compagnie retrace son parcours et dresse les grandes lignes de ses nombreuses missions.

Quel est votre parcours ?

Agathe Vedrenne : « Je suis originaire de Levallois-Perret dans les Hauts-de-Seine. Après des études d’anglais et un DEA de droit, j’ai eu le concours d’entrée à l’école des officiers de la gendarmerie. J’ai fait deux ans là-bas et en 2006, à ma sortie d’école, j’ai intégré la section de recherche de Nancy en tant que chef de groupe. J’avais le grade de lieutenant et travaillais sur tout ce qui relevait de l’atteinte aux personnes : des homicides essentiellement et des affaires de stupéfiants, un peu plus occasionnellement. Je suis restée là-bas quatre ans. J’ai ensuite occupé un poste d’état-major, au pôle judiciaire de la gendarmerie nationale (PJGN) à Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Chef de bureau, j’étais chargée de l’enseignement, la documentation et des relations publiques au sein de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Et ce, jusqu’à mon arrivée à Dieppe, où je suis, de nouveau, sur le terrain. »

Qu’est-ce qui vous a donné envie d’entrer dans la gendarmerie ?

« Je voulais exercer un métier dans lequel on est amené à bouger sans cesse. Je ne me voyais pas rester quarante ans au même endroit. Initialement, je souhaitais devenir magistrat et, à la fin de mes études, j’ai découvert ce concours pour l’école des officiers. Cette passerelle avec les études universitaires était toute récente à ce moment-là, j’ai eu envie d’essayer. Il y avait très peu de femmes à le tenter, c’était une sorte de défi. En outre, l’idée d’être au service du public me plaît. C’est un métier valorisant. Enfin, je me suis rendu compte qu’il existait de nombreuses professions dans la gendarmerie. Cette diversité est très intéressante. »

« La lutte antiterroriste, une priorité »

Votre venue à Dieppe est un choix, pourquoi cela ?

« En effet, nous devons émettre des vœux pour chaque nouvelle affectation et Dieppe était en tête de mes choix ! J’ai eu de la chance, nous n’avons pas toujours ce que l’on souhaite. Et je n’arrive pas en terrain inconnu : enfant, je passais régulièrement mes vacances ici. J’aime beaucoup les villes portuaires, la mer, me baigner… Surtout en fin de saison lorsque l’eau est à 19 °C. Mais même le climat normand ne me dérange pas. Je suis vraiment contente. »

Quelles sont les priorités de la compagnie ?

« Dans le contexte actuel, la priorité est, sans aucun doute, la lutte antiterroriste. Assurer la sécurité de sites à risques, comme la centrale nucléaire de Penly. Désormais, dès qu’il y a un rassemblement festif, avec beaucoup de public, notre présence est accrue. Ce fut le cas, par exemple, lors de la fête du cheval à Quiberville ce week-end. Ce sera aussi le cas pour l’Assomption et lors des prochaines grandes fêtes religieuses. La sécurité est renforcée et la population doit également être vigilante. Nous avons un rôle de conseillers auprès des organisateurs d’événement, du public… Des personnes qui ne sont pas forcément formées aux règles sécuritaires. »

Comment s’est passée votre première semaine ?

« Je prends mes marques. Je dois bientôt rencontrer les élus et partenaires institutionnels. Ce poste à grosses responsabilités demande beaucoup de travail. C’est à la fois un défi professionnel – assurer la sécurité de la population dans un contexte particulièrement tendu – et personnel puisque j’élève deux filles de 5 ans et 11 mois. »

Propos recueillis par Barbara Huet

La compagnie en quelques chiffres

Agathe Vedrenne a 106 militaires sous ses ordres. La compagnie de gendarmerie de Dieppe regroupe trois unités territoriales. Deux communautés de brigades (Cob) : Offranville et Envermeu et une brigade territoriale autonome (BTA) : Le Tréport.
La Cob d’Offranville qui regroupe elle-même les brigades de proximité de Bacqueville-en-Caux et de Longueville-sur-Scie compte 23 militaires. Ils sont 20 dans celle d’Envermeu. Et la BTA du Tréport, plus grosses des trois unités territoriale, gérée par un capitaine, compte 38 gendarmes.
L’ensemble de ce secteur représente 116 communes.
Trente-cinq gendarmes dans les locaux
Situés au Val Druel, route de l’Escarpé, les locaux de la compagnie abritent le bureau de la commandante, le secrétariat mais aussi deux autres services : le Psig (peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie), avec 14 militaires et la BR (brigade de recherches) qui compte, elle, 7 enquêteurs. La BR gère les enquêtes judiciaires et vient, dans ce domaine, en soutien des unités territoriales. Un maître de chien, avec son berger belge malinois, spécialisé en piste-défense, est également basé à la compagnie et fait partie du Psig. Un service qui assure la sécurité du secteur et patrouille, essentiellement, la nuit.
Ces locaux abritent aussi les gendarmes de la brigade motorisée (BMO) mais qui eux, dépendent de l’escadron départemental de sécurité routière à Rouen et non de la compagnie de Dieppe.

Vacances paisibles

Gratuite, l’opération Tranquillité vacances permet aux habitants de partir sereinement. Des gendarmes patrouillent, en effet, régulièrement autour des maisons vides. Pour signaler son absence, il suffit de se rendre dans la brigade la plus proche de chez soi, muni d’un justificatif de domicile et d’identité. Il faut, ensuite, remplir un formulaire (il est également téléchargeable sur le site internet de la gendarmerie) sur lequel seront, notamment, indiquées les dates de départ et retour de vacances. Attention, en cas de retour avancé de bien penser à prévenir la gendarmerie pour ne pas être confondu avec un éventuel malfaiteur.
Informations sur le site www.gendarmerie.interieur.gouv.fr

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.