Cassis : “A la plage, les gens nous remercient” (un réserviste)

L’appel lancé par le chef de l’Etat a trouvé un écho parmi la population, qui s’engage dans les différents corps d’armée, de gendarmerie et de police

Société - Cassis : A la plage, les gens nous remercient (un réserviste)

Mélanie, étudiante en biologie de 22 ans, gendarmerie réserviste depuis 4 ans, lors d’une opération de contrôle routier à Cassis. Photo Nicolas Vallauri

Sur le bord d’une petite route à la sortie de Cassis, embusqué dans un rond-point, le trio de gendarmes n’a pas de difficulté à arrêter les véhicules. Les automobilistes obtempèrent, montrent leurs papiers, parfois même ouvrent leur coffre. Ils ne soupçonnent pas que ce sont des réservistes, autrement dit des civils, comme eux, qui les contrôlent. Pourtant, sous la houlette du major Nirissian, ancien du rang qui a “rempilé” depuis quelques semaines, Mélanie, étudiante de 22 ans, et Thierry Le Camus, père de famille de 45 ans et chauffeur au conseil départemental des Bouches-du-Rhône, patrouillent régulièrement dans le cadre du détachement de réservistes déployés pendant l’été, pour renforcer la brigade de Cassis, petite ville de 7 500 habitants qui voit sa population démultipliée en saison.

Parfois, les gens nous remercient quand ils nous voient patrouiller le long de la plage“, témoigne Thierry. Marqué par l’esprit militaire après avoir fait son service, le fonctionnaire territorial a saisi l’opportunité d’entrer dans la réserve “pour être proche de la population, lui venir en aide“, grâce notamment à des conditions professionnelles avantageuses. “Nous sommes libérés 30 jours par an et nous ne perdons pas notre salaire, car une convention a été signée entre le conseil départemental et la gendarmerie. Nous sommes une dizaine dans ce cas“, explique le réserviste. À ses côtés, Mélanie est tombée dedans quand elle était enfant ; fille de gendarme, elle a intégré la réserve à sa majorité, poussée par un père lui-même réserviste, en parallèle de ses études de biologie à l’Université. “Je me rends disponible durant toutes les périodes de vacances scolaires“, précise la jeune femme qui s’est finalement prise au jeu, et compte devenir gendarme d’active.

En été, nous faisons aussi beaucoup de recherches de personnes et d’accidents de la circulation“, souligne Mélanie, qui se sent encore plus impliquée depuis les attentats de Paris et Nice. Ce sont ces événements qui ont poussé le major Nirissian, au CV impressionnant de gendarme, à reprendre du service, dans le cadre des 5 années suivant sa sortie du rang pendant lesquelles il est mobilisable. Le quinquagénaire, dont l’uniforme fait la fierté de sa femme et de son fils de 7 ans, a voulu tout simplement répondre à l’appel de son pays, en acceptant de chapeauter une équipe entièrement composée de réservistes. “Je suis là s’ils ont besoin de retour d’expérience, pour enrichir leurs connaissances en matière de gendarmerie“, explique le sous-officier qui peut compter sur une trentaine de civils, appelés au gré de leurs disponibilités pour composer un détachement de six réservistes. “Nous assurons des missions de sécurité publique générale, la protection des personnes et des biens, de la surveillance générale avec intervention pour des différends de voisinage, des tentatives de cambriolage“, détaille le major Nirissian. Une aide bienvenue, pour la brigade, qui compte aussi sur les réservistes tout au long de l’année, lors d’événements ponctuels nécessitant un surcroît de surveillance. “Le budget de la réserve a été augmenté, du coup cela permet d’y faire appel régulièrement, pour répondre à nos besoins“, souligne le chef d’escadron Meslin.

Et ces derniers temps, le besoin s’est forcément renforcé. “Il faut marquer du bleu partout“, commente la lieutenante Céline Lefléfian, officier de communication de la Région de gendarmerie Provence-Alpes-Côte d’Azur et Zone de défense et de sécurité Sud. “Le fait de patrouiller nous donne aussi une capacité de réaction rapide, s’il se passe quelque chose“, poursuit la gendarme. Formés avant leur intégration puis tout au long de leur parcours les réservistes bénéficient du même équipement que les gendarmes d’active, qu’ils récupèrent à chaque début de service à la brigade. “Cela peut se déchaîner à tout moment, il faut être prêt, avoir du répondant“, estime le major Nirissian. “Notre arme, on sait qu’à tout moment on peut compter dessus“, ajoute ce gendarme aguerri. “L’arme, c’est ce qui nous permet de défendre la population“, confirment ses équipiers, visiblement motivés par le devoir de répondre au besoin de sécurité de leurs concitoyens. Car “ce n’est pas l’appât du gain” qui intervient dans la démarche d’un réserviste. Thierry et Mélanie touchent ainsi respectivement, au regard de leur ancienneté, 60 et 50 € par jour d’intervention… En revanche, l’expérience qu’ils partagent n’est pas quantifiable. “Ici on est tout de suite accepté. À partir du moment où vous portez l’uniforme, vous êtes militaire“, commente Thierry.

Pour le public, les réservistes sont aussi des gendarmes comme les autres, même s’ils ne sont décidément pas des citoyens tout à fait ordinaires…

Source : La Provence

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