Casse du service public : Michel Thooris s’exprime longuement dans les colonnes de l’hebdomadaire Marianne

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Extrait :

« Je ne conseillerais pas à un jeune de devenir policier. Quand je me suis engagé, en 1999, comme beaucoup de collègues qui passaient le concours, j’étais attiré par l’honneur et le privilège de servir le drapeau français. Il s’agissait aussi de protéger les citoyens, et plus particulièrement les personnes vulnérables. Soyons clairs, lorsque je suis entré dans la police nationale, je n’avais pas conscience de l’ampleur du cataclysme dans lequel se trouvait le pays. Pourtant, il y a vingt ans, le niveau de criminalité, de délinquance et de violence était très inférieur à ce que l’on connaît aujourd’hui. Si la police de proximité, mise en place à l’époque par Lionel Jospin, pouvait être perçue comme la concurrente de la police nationale, le départ de la gauche et la fin de cette police de proximité n’a fait qu’affaiblir l’institution. En effet, la police apparaissait davantage respectée et soutenue par les politiques. Les tribunaux, moins chargés, et la justice, plus largement, avaient davantage de possibilités pour remplir leurs missions. Je ne fais pas partie de ceux, aujourd’hui, qui tirent à boulets rouges sur la justice : les magistrats sont débordés, les parquetiers croulent -comme nous, officiers de police judiciaire -sous les dossiers. Sans parler des prisons, saturées. Répondre efficacement à lamasse de travail qui se présente à nous est donc mission impossible. Sur le bureau, les collègues peuvent avoir 400 dossiers d’affaires judiciaires à traiter. Alors, que faire ? (…)  »

La suite de l’entretien à retrouver dans le n° 1162 de Marianne en vente en kiosque ou accessible en ligne dès aujourd’hui.

https://www.marianne.net/magazine/ils-ont-casse-le-service-public

Source : France Police

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