Les otages du Bataclan au secours de la BRI

Sept rescapés de l’attentat du 13 novembre 2015 dénoncent dans une tribune un projet réforme qui signerait la fin de la BRI, l’unité d’élite qui avait réussi l’assaut du Bataclan. Ils dénoncent aussi un manque de respect pour ces « héros », qui risquent d’être les derniers informés.

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Plusieurs anciens otages du Bataclan s’élèvent contre le projet du préfet de police de Paris de rattacher son unité d’élite, la BRI au Raid. © AFP / Frederick FLORIN
Ils signent de leurs prénoms : David, Grégory, Caroline, Stéphane, Marie, Arnaud et Sébastien, pour défendre la BRI, et disent qu’ils s’expriment en dehors de toute guerre des polices. « Vous le savez, nous l’avons tristement rencontrée en novembre 2015 dans le ‘couloir’ du Bataclan », écrivent les anciens otages, dans une tribune publiée sur Twitter.
Les douze spectateurs, retenus prisonniers par deux terroristes jusqu’à peu après minuit, s’en sont sortis sains et sauf. David Fritz-Goeppinger n’oublie pas ceux à qui il le doit, à l’heure où l’ancienne brigade Antigang est sur la sellette, et où la centaine de policiers d’élite qui la compose risquent d’être les derniers informés:

_ »C’est assez rare de devoir défendre les hommes qui ont pris des balles pour nous… Moi j’ai cette image en tête de ces hommes en noir qui rentrent dans le Bataclan, et du terroriste qui vide sa kalachnikov sur eux. C’est un truc qui ne me quittera jamais, et aujourd’hui je me rends compte que l’État fait complètement fi de tout ça, et parle tout simplement de les évincer (…). Il y a vraiment une sorte de manque de respect et de mépris pour eux alors que ce sont, à nos yeux et je pense pour tout le monde, des héros.« _

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De quoi parle-t-on ? Dans un rapport transmis au ministère de l’Intérieur, le préfet de police de Paris, Didier Lallement, propose de rattacher son unité d’élite au Raid, prélude peut-être à une réforme plus importante de la préfecture de police, souvent décrite comme un État dans l’État. La question d’un rapprochement entre les forces d’intervention, BRI, Raid (pour la police) et GIGN (pour la gendarmerie) est un serpent de mer, mais elle a été relancé après les attentats de 2015.

Ce soir du 13 novembre, le Raid était aussi intervenu au Bataclan, mais en appui de la BRI, première arrivée, ce que l’ancien patron du Raid avait regretté à mots couverts devant la commission d’enquête parlementaire.  Aujourd’hui député LREM, Jean-Michel Fauvergue avait défendu la spécialisation, alors que la BRI parisienne fait encore « deux métiers », la police judiciaire et l’intervention.

Les derniers occupants du 36 quai des Orfèvres

Au ministère de l’Intérieur, on souligne qu’aucune décision n’a encore été prise et qu’il s’agit d’une réflexion globale, pour « rendre les services plus efficaces dans toutes leurs dimensions ». En 2016, l’ancien ministre Bernard Cazeneuve avait plaidé pour la prudence devant la commission d’enquête : « Si des disparités de culture et de statut conduisent à remplacer trois forces qui marchent par une seule qui ne fonctionne pas, au plaisir bref d’avoir procédé à la fusion, succéderont des difficultés opérationnelles pour l’éternité ».

Par ailleurs, la BRI reste basée au coeur de Paris, alors que la police judiciaire parisienne a déménagé comme les magistrats aux Batignolles. Pour ses défenseurs, c’est un avantage pour intervenir rapidement en cas d’attentat dans la capitale, mais le 36 quai des Orfèvres serait aussi très convoité.

Les policiers de la BRI espèrent qu’ils auront à la rentrée une vision plus claire de leur avenir. En attendant, un officier se dit très touché par le message des anciens otages.

Source : France Inter

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