Dinéault. L’école de gendarmerie fête ses 15 ans

Si les élèves gendarmes ont à leur disposition le super-logiciel Simtac (simulation tactique), ils utilisent toujours la bonne vieille méthode de « la caisse à sable ». En relation avec les exercices de terrain, ces portions de maquette les entraînent aux tactiques de progression..

Grand raout aujourd’hui à la caserne de La Tour d’Auvergne. L’école de gendarmerie (de Dinéault) fête ses 15 ans d’existence. Depuis l’ouverture en juillet 1999, la formation des sous-officiers a beaucoup évolué. Le numérique a pris d’assaut les enseignements, sans pour autant quitter le front du terrain. « Pour cette année et les deux suivantes, nous savons que les sept compagnies, de 120 élèves chacune, feront le plein ». Le capitaine Grelet peut avoir le sourire. L’officier de pédagogie poursuit en expliquant que les élèves gendarmes (EG) suivent une formation de neuf mois, complétée par un stage de trois mois dans leur affectation. La formation se déroule en trois phases. La première (16 semaines) est centrée sur l’acculturation militaire, les techniques et les tactiques de combats. Les vingt semaines suivantes, les EG sont formés à devenir des agents de police judiciaire et de la force publique. L’année se termine par des mises en situation et de l’identification criminelle. Ces neuf mois de gestation ne sont pas de tout repos. Les nuits sont courtes et les journées bien remplies. Le bivouac en est un exemple : cinq jours de marche avec 20 kg sur le dos. « La perception qu’ont les jeunes du métier de gendarme est souvent éloignée de la réalité. Pour autant, les défections se comptent sur les doigts de la main », assure le capitaine Grelet. Selon les compagnies, ils (et elles) ne sont guère plus de deux ou trois, parfois quatre, à rendre les armes. En dépit des efforts physiques demandés aux filles (un tiers des effectifs), elles ne sont pas forcément les moins accrocheuses. « Si un élève ne se sent pas d’assurer sa mission future, il est préférable pour tout le monde qu’il arrête tout de suite ».
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En complément L’école de gendarmerie… de Dinéault Devinette : comment énerve-t-on un Dinéaultais ? En lui parlant de l’école de gendarmerie « de Châteaulin ». Ici, beaucoup de gens s’enorgueillissent de posséder ce fleuron de la formation militaire. Certes, les 200 ha de Ty Vougeret se trouvent aussi en partie sur Plomodiern et Cast. « Mais pas l’adresse officielle ». Jean-Luc Verbrugge est originaire de Metz. Aujourd’hui cogérant du bar Les Folatières et adjoint aux associations, il fut parmi les premiers cadres à intégrer l’école. Tout comme son associé, Thierry Gaignierre, originaire des Ardennes. « On l’aime, notre école » « Je suis arrivé à l’ouverture, du temps du regretté colonel Napora, devenu ensuite général », se souvient Jean-Luc Verbrugge. « C’était le 13 août 1999. Je m’en rappelle comme si c’était hier car c’était le jour de la fameuse éclipse. Le ciel était pesant et sombre ». Mais l’avenir radieux. Tout du moins jusqu’en 2008 où vinrent planer les menaces de fermeture. « J’avais pris ma retraite militaire quelques mois plus tôt mais on la soutenait tous car on l’aime notre école ». Exit donc la direction du centre de formation à la conduite et celle de la musique de l’école. Musique que Jean-Luc Verbrugge n’a pas lâchée puisqu’il continue d’animer la chorale paroissiale Sainte-Geneviève. Ça tombe bien, c’est la patronne des gendarmes. Inutile de lui demander si l’intégration dans la commune s’est bien passée. « Dès le départ, j’ai été très bien accueilli. Certes, on m’a gentiment charrié car un gendarme qui ouvre un bar, c’est un peu atypique ». Il y a bar et bar. Aux Folatières, on déguste les bons petits crus en admirant les expos. Ça renforce le lien social. Mais, Jean-Luc Verbrugge n’est pas le seul Dinéaultais d’adoption. Beaucoup de retraités de l’école sont investis dans le tissu local. « On a même du mal à s’en séparer », plaisante une cliente (et amie) de Jean-Luc Verbrugge. Celui-ci poursuit en ignorant la taquinerie. « Je connais une bonne dizaine d’anciens cadres qui sont restés dans le coin après s’être rangés de l’armée. Rien qu’à Dinéault, nous sommes quatre, à commencer par le maire, Philippe Bittel, ancien chef du service informatique de l’école ». Récemment, une famille de quatre enfants, dont la maman est toujours en poste à l’école, a acheté une maison à Dinéault. C’est tout bon pour le dynamisme démographique, d’autant qu’une partie des effectifs de l’école est comptabilisée dans le recensement. L’économie aussi apprécie.

Source : Le Télégramme

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