Violences urbaines : les “consignes scandaleuses” de la préfecture de police à ses troupes

SIPA_00957230_000010Des policiers lors des émeutes à Villeneuve-la-Garenne. Photo © Bastien Louvet/SIPA

Le commandement a demandé aux policiers “d’éviter tout contact avec les perturbateurs” au cours de leurs interventions.

Ils ne peuvent même plus se défendre. Alors que des émeutes émaillent plusieurs villes de banlieue parisienne depuis le 19 avril, suite à l’accident d’un motard qui a percuté une voiture de police à Villeneuve-la-Garenne, les forces de l’ordre subissent une multiplication de guet-apens et de violences urbaines. Pour faire face à cette situation usante, ils ont reçu une consigne bien particulière qui a mis en colère toute la profession, rapporte Le Parisien.

« Usage raisonnable et raisonné de l’armement collectif »

Durant la nuit du mardi 21 au mercredi 22 avril, la préfecture de police a en effet lancé cette instruction à tous les fonctionnaires d’Île-de-France : « Suite aux phénomènes récents de violence urbaine sur l’ensemble de la région parisienne, une certaine prudence est à prendre en compte de la part des effectifs de voie publique. Il y a lieu d’éviter tout contact avec les perturbateurs sur les interventions ne représentant pas de danger ou de propagation d’incendie afin d’éviter d’avoir des fonctionnaires blessés. Il y a lieu de faire un usage raisonnable et raisonné de l’armement collectif ». Un ordre hallucinant dans un contexte particulièrement tendu, qui a mis hors d’eux les syndicats de police, alors que des policiers de la brigade anticriminalité ont une nouvelle fois été pris sous les tirs de mortiers d’artifice, dans plusieurs communes des Yvelines notamment, d’après Le Parisien.

Manque de confiance de la hiérarchie

Dans un tract diffusé sur les réseaux sociaux, le syndicat Unité SGP Police Île-de-France estime qu’il s’agit là d’un « deux poids deux mesures » dans le contrôle du confinement, puisque si les policiers ne vont pas au contact des jeunes responsables des violences, ils ne peuvent pas les verbaliser, comme ils le font pour le reste de la population. « Le centre de commandement de la préfecture de police donne l’instruction de ne pas entrer en contact avec les perturbateurs qui ne sont autres que des délinquants qui brûlent du mobilier urbain ou attaquent les policiers. De les laisser faire et surtout de ne pas trop se défendre avec notre armement collectif. Ce sont des consignes scandaleuses qui hérissent le poil des policiers », explique le délégué Unité SGP François Bersani au Parisien. Du côté du syndicat Alliance, on estime d’ailleurs que ce message est très mal vécu par les policiers, qui l’interprètent comme un manque de confiance de la hiérarchie.
Source : Valeurs Actuelles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.