Violences sur une gendarme de Roussillon: “c’est une affaire entre les mains de la Justice, ce que j’ai souhaité”, Colonel Jean-Valéry Lettermann

Ce mercredi 28 mai, Le Dauphiné Libéré révèle un cas de violence aggravée à la brigade de gendarmerie de Roussillon. Une jeune gendarme aurait subi des brimades appuyées de la part de cinq collègues, pendant plus d’un an. L’affaire a pris une tournure judiciaire à la demande de la hiérarchie.

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“Il y a un peu moins de trois semaines, la jeune gendarme s’est plainte de douleurs aux genoux lors d’une séance de tir. En discutant avec elle, un moniteur a compris qu’il y avait des choses pas très normales qui se passaient à la brigade de Roussillon. Aussitôt, le commandant de la Compagnie de Vienne a été prévenu et, dans la foulée, nous avons saisi le procureur. On est au 21e siècle, on n’a pas à tempérer une affaire telle que celle-là!”, c’est ainsi que le Colonel Jean-Valéry Lettermann décrit le déroulement de l’affaire. Joint par téléphone, le Commandant du Groupement de Gendarmerie de l’Isère parle “de faits pénibles”. Le Dauphiné Libéré affirme que la jeune femme aurait été “frappée, menottée à un arbre ou encore enfermée brièvement dans une geôle de la brigade”. Il n’y a pas eu d’atteintes sexuelles. “On est proche du jeu potache, du bizutage”, explique le patron des gendarmes de l’Isère, “malgré tout, ce n’est pas acceptable. La jeune femme cherchait à appartenir ‘au groupe’ et pour cela, elle acceptait de subir.”

Cinq gendarmes ont été placés en garde à vue après l’enquête de l’inspection générale de la gendarmerie nationale qui aura durée 15 jours et s’est achevée vendredi 23 mai. Ils devront s’expliquer devant un tribunal correctionnel. “Ce sont des gendarmes aux bons états de service qui se sont comportés comme des abrutis!”, résume le Commandant.

Ce serait malhonnête d’assimiler cette histoire à un problème d’intégration des femmes”

Cette affaire a éclaté dans l’une des plus importantes brigades de l’Isère avec 35 gendarmes. “Une brigade au vécu très lourd”, témoigne le Colonel Jean-Valéry Lettermann, “ce qui n’excuse rien, mais les faits gérés sont souvent durs, les gendarmes sont en permanence sous pression.”

A la question, cette affaire représenterait-elle les difficultés d’intégration des femmes dans la gendarmerie? Le Colonel répond clairement “non”, en citant un chiffre: “il y a 20% de femmes dans le Groupement de l’Isère, nous avons mis en place une référente féminine pour remonter les problèmes et il y en a peu. Ce serait malhonnête d’assimiler cette histoire à un problème d’intégration. D’ailleurs à Roussillon, l’adjointe de la brigade est une femme et elle n’a rien vu venir, elle est pourtant particulièrement sensible au respect des femmes dans leur mission.”

Source : FR3 Alpes

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