Violences sexuelles : une deuxième relaxe ravive la colère des familles du périscolaire parisien

Auteur(s) A.M Publié le 09 juillet 2026 – 17:25

DR – Unsplash

Jeudi 9 juillet, une centaine de parents se sont rassemblés devant l’école maternelle Alphonse-Baudin, dans le 11e arrondissement de Paris. Deux jours plus tôt, l’animateur périscolaire jugé pour agressions sexuelles sur neuf enfants de trois à cinq ans avait été relaxé de ces faits, au bénéfice du doute. C’est la deuxième fois en trois semaines qu’un procès de ce type se solde par une relaxe dans la capitale.

Devant l’école, franceinfo rapporte un rassemblement en présence de conseillers de la Ville, dont les élus écologistes David Belliard et Laëtitia Vipard. Une mère d’un garçonnet de trois ans et demi, première à avoir signalé les faits en septembre 2024 avant un déferlement de révélations au printemps 2025, réclame que la parole des tout-petits cesse d’être minimisée. Mardi, le président du tribunal correctionnel a plusieurs fois évoqué la possibilité que les témoignages des enfants aient été influencés par leurs parents, jugeant trop formatés certains propos recueillis par la brigade de protection des mineurs. Des familles de l’école Titon, dans le même arrondissement, où un animateur avait déjà été relaxé mi-juin, sont venues soutenir les parents d’élèves d’Alphonse-Baudin. Pénélope, mère d’élève, affirme que « ces décisions traduisent une lâcheté » et redoute qu’une telle issue encourage d’autres auteurs de violences. Un père confie vivre cette décision comme un coup rude après des mois de mobilisation, tandis qu’Éléonore, qui représente un collectif de parents du 11e arrondissement, observe une inquiétude grandissante face au risque de voir d’autres procès aboutir au même résultat. Depuis le début de l’année 2026, le parquet de Paris a ouvert des enquêtes dans 84 écoles maternelles de la capitale, ainsi que dans une vingtaine d’établissements élémentaires et une dizaine de crèches.

Selon ICI, David G., 36 ans, était jugé pour ces agressions sexuelles sur des faits qui se seraient déroulés entre septembre 2024 et avril 2025, période à laquelle la Ville de Paris l’avait suspendu à la suite d’un signalement. Il a en revanche été condamné à huit mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel sur deux collègues, avec obligation de soins et interdiction d’entrer en contact avec les victimes, et inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles, ce qui lui interdit désormais d’exercer comme animateur. Pour l’avocate des familles, Rebecca Royer, cette relaxe partielle est vécue comme une injustice : les neuf enfants auraient présenté des stigmates psychotraumatiques majeurs sans que leur parole soit retenue, la justice ayant estimé qu’ils avaient pu être influencés. Pour elle, « les enfants ne sont ni crus ni protégés ».

D’après le communiqué du tribunal cité par CNews, la relaxe a été prononcée faute d’éléments matériels suffisamment probants, le doute profitant à l’accusé. Les faits reprochés portaient sur des attouchements à caractère sexuel, notamment lorsque l’animateur faisait asseoir les enfants sur ses genoux. À la barre, David G. avait nié en bloc, lâchant qu’il « faut être psychopathe pour faire ça », et ne concédant que d’éventuelles maladresses liées à un manque de formation, comme le fait de porter les enfants ou de leur donner des surnoms affectueux. Le parquet de Paris a fait appel dès le lendemain, mercredi 8 juillet, comme il l’avait déjà fait après la première relaxe de mi-juin.

Vendredi, le tribunal correctionnel doit rendre sa décision dans une troisième affaire, celle de l’école Aqueduc, dans le 10e arrondissement, où un animateur est jugé pour des attouchements présumés sur une fillette née en mars 2020. Les familles mobilisées depuis des mois attendent ce nouveau verdict sans plus oser espérer.

Source : France Soir

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