Violences policières. 200 gilets jaunes manifestent devant la gendarmerie

les-manifestants-ont-erige-un-mur-de-la-honte_4400004_771x434pLes manifestants ont érigé « un mur de la honte » représentant les visages meurtris de Gilets jaunes blessés. (Patrick Hernot)

Près de 200 Gilets jaunes se sont rassemblés, ce samedi après-midi devant la gendarmerie, pour dénoncer les violences policières. Parmi les manifestants, Gwendal, le jeune habitant de Querrien, grièvement blessé à un œil lors d’une manifestation à Rennes.

Ce samedi après-midi, dès 13 h 30, les Gilets jaunes, venus du pays de Quimperlé mais aussi de Lorient, Lanester et Caudan, ont investi la place devant la gendarmerie. Panneaux à la main, faux pansement ou maquillage rouge à un œil, ils entendaient dénoncer les violences policières qui ont émaillé les nombreuses manifestations depuis le début du mouvement. Ce rassemblement avait une résonance particulière pour Gwendal. Anonyme parmi les autres manifestants, ses lunettes de soleil cachent un pansement blanc sur son œil droit. Mais il ne s’agit pas d’un symbole. C’est le stigmate d’une grave blessure. Cet habitant de Querrien, âgé de 27 ans, figure dans la longue liste des blessés. « Je n’ai rien à me reprocher. Je n’ai pas commis d’actes répréhensibles pouvant justifier une telle réplique. Je tournais le dos aux forces de l’ordre. Je ne sais pas quel projectile m’a touché », confie le Gilet jaune éborgné le 19 janvier, lors d’une manifestation à Rennes. Malgré les lourdes séquelles, il avoue ne pas ressentir de colère mais une profonde incompréhension.

« Un mur jaune de la honte »

« Les violences sont disproportionnées. Les forces de l’ordre tirent sans distinction. C’est dangereux pour les passants. Samedi dernier à Quimper, le poste de secours et la buvette installés par les Gilets jaunes ont été visés par des grenades lacrymogènes », s’emportent Yannick et Bruno. Pour interpeller le public sur les dommages causés, essentiellement par les lanceurs de balle de défense, des Lorientais ont érigé « le mur jaune de la honte », avec des photos de victimes aux visages ensanglantés ou défigurés. Doriana à Grenoble, Martin à Marseille, Micha à Rouen, Antoine à Bordeaux, Ayhan à Tours, Benoît à Toulouse ou Anthony à Paris. La liste des blessés représentés sur les pierres en carton du mur est longue. « Nous avons collecté 45 photos de victimes. Mais on recense 160 blessures à la tête depuis le début du mouvement », confie l’une des « architectes du monument ». Au bout d’une heure devant la gendarmerie, aux portes closes, les manifestants ont observé une minute de silence en hommage aux victimes. Certains s’allongeant sur le sol pour représenter les blessés. Ils ont ensuite entonné la Marseillaise avant de défiler en direction de la place Saint-Michel. Aucun débordement n’est venu perturber cette action symbolique qui s’inscrivait dans le cadre d’une mobilisation nationale.

Source : Le Télégramme

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