Vigi-agri dans l’Armentiérois : le lien s’est tissé entre agriculteurs et gendarmerie

Le dispositif Vigi-agri, installant, comme pour les voisins, un système participatif d’agriculteurs vigilants, a été lancé il y a un peu plus d’un an. Cela sert-il à quelque chose ? Nous avons posé la question aux gendarmes, et aux agriculteurs.

Les gendarmes de Quesnoy-sur-Deûle dans une exploitation de Frelinghien pour Vigi-agri.  PHOTO ARCHIVES MAX ROSEREAUPHOTOPQR/VOIX DU NORD
Les gendarmes de Quesnoy-sur-Deûle dans une exploitation de Frelinghien pour Vigi-agri. PHOTO ARCHIVES MAX ROSEREAU
Participation citoyenne, pour les voisins, Vigi-del, pour les petits commerces, Vigi-agri… Autant de dispositifs mis en place plus ou moins récemment par la gendarmerie, qui montrent une nouvelle approche de la sécurité, en utilisant la modernité. « On parlait de délinquance avec les gens, mais pas forcément en réseau, commente le chef d’escadron David Cachat, officier adjoint au commandement en charge de la prévention. Un bar-tabac se faisait braquer, on enquêtait. Maintenant on peut transmettre l’information en réseau. » Et, pourquoi pas, effectuer des rapprochements.

Avec Vigi-agri, l’agriculteur, comme pour les citoyens vigilants, est « libre ou pas de faire partie du dispositif », précise le chef d’escadron. Dans l’arrondissement de Lille, c’est à dire dans les brigades d’Hallennes-lez-Haubourdin, La Bassée, Quesnoy-sur-Deûle, Annœullin et Phalempin, les adhérents sont « environ deux cents », indique Amandine Traché, qui coordonne le dispositif pour la FDSEA (Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles) du Nord.

Tous ces agriculteurs reçoivent des alertes, par mail ou SMS, des gendarmes, ou leur signalent eux-mêmes des faits louches. Comme une voiture qui rôde près des exploitations. « Ça resserre les liens entre le monde agricole et la gendarmerie, et cela permet à l’agriculteur de se sentir rassuré », continue David Cachat.

Le dispositif a-t-il permis de résoudre des affaires ? Ce n’est pas son but premier, puisque c’est avant tout un outil de prévention, mais cela peut tout de même se révéler intéressant. Tout d’abord, « il n’y a pas de phénomène de vol dans les exploitations agricoles, assène David Cachat. Il y a eu quelques vols de bétail au mois d’août, les messages Vigi-agri ont été passés. Ce qui permet par exemple de surveiller davantage son troupeau. » Et, en cas de vol, ajoute Amandine Traché, « les agriculteurs se sentent plus écoutés, ils ont les numéros directs de gendarmes référents ».

«Créer un dialogue c’est important»

Olivier Fagoo est éleveur de porcs à Verlinghem depuis vingt-trois ans. Il a adhéré à Vigi-agri, même si, il le précise, il n’a « pas eu connaissance d’un gros réseau de vols de machines agricoles à Verlinghem, et même sur l’arrondissement de Lille ».

Néanmoins lorsque « cet hiver, dans les assemblées générales de la FDSEA », la gendarmerie est venue présenter son nouveau dispositif, Olivier Fagoo s’est inscrit. D’abord parce que des vols en réseau de machines agricoles, « ça peut arriver, on a déjà vu ça ailleurs », en effet certains engins valent plusieurs dizaines de milliers d’euros. Et, ajoute-t-il, « cela permet d’être plus vigilant, notamment à la sécurité sur les exploitations. On a les infos en direct. Par exemple, le week-end de la Braderie, j’ai su qu’une ferme proche de la mienne avait été retournée… J’ai fait attention, du coup. »

« UNE AIDE À Être en alerte »

Les messages de Vigi-agri ne sont-ils pas quelque peu anxiogènes ? « Le dernier que j’ai vu passer, c’était il y a dix jours environ », indique l’éleveur. Les messages sont en fait filtrés par zone, par exemple Olivier Fagoo ne reçoit que les alertes et informations concernant la métropole lilloise. « Parfois, on nous dit que tel jour telle heure il y a eu un vol, et une voiture de telle couleur a été repérée, ça aide à être en alerte. »

Source : La Voix du Nord

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