VIDEO. Après le crash de l’A320 : les gendarmes se confient

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On évoque souvent lors d’une grande catastrophe, et à juste titre, la douleur des familles de victimes. Mais on parle plus rarement du stress post-traumatique parfois ressenti chez les professionnels. Il est pourtant bien réel.

 

Les techniciens d’identification criminelle face à la psychologue, pour évoquer leur intervention sur le crash.Ph. B)


Après le crash de l’A320 : les gendarmes se… par nice-matin

Le crash de l’A320 n’échappe pas à cette règle. Depuis hier, une psychologue intervient à Nice, à la caserne Ausseur auprès des gendarmes qui ont opéré sur le site du crash.

Il est très rare d’être autorisé dans ces moments. Exceptionnellement, la gendarmerie a accepté de nous ouvrir ses portes.

Lundi,  c’était le tour des techniciens d’identification criminelle d’évoquer le drame autour d’une table, dans une salle close.

« Ces moments sont durs »

C’est à ces hommes et ces femmes qu’a échu le lourd travail de récupération, d’identification des corps, et parfois de rencontre avec les victimes. « Je me souviens du beau-père d’une des lycéennes touchées par le crash,témoigne l’un d’entre eux.Nous l’avons écouté pendant deux heures. Durant tout ce temps il n’a pas arrêté de pleurer. Il tenait à la main le lapin en peluche de la jeune fille. À la fin, il nous l’a remis, en nous demandant de le déposer sur le site, au plus près d’elle. Ces moments sont durs, très durs. »

Ces grands professionnels que sont les techniciens d’identification criminelle ne réagissent pas tous de la même façon. Certains encaissent, parfois en se murant dans le silence, d’autres en parlent assez librement. « Je n’ai pas senti les équipes dans un traumatisme trop marqué », confie Jean-Jacques Belleperche, commandant la Brigade départementale de renseignements et d’investigations judiciaires (BRI). Certains ont toutefois du mal à évacuer les fantômes du crash.

« Il est important d’être présent à leurs côtés. Ici ils peuvent s’exprimer librement, dire ce qu’ils ont vécu. Ce n’est pas si facile pour eux car ce sont des militaires », explique Maude Adloff, psychologue clinicienne de la région de gendarmerie de Franche-Comté. « Les réactions peuvent être très différentes selon qu’on a une famille ou non, qu’on a enchaîné les interventions difficiles. Tout le monde ne développe pas un syndrome de stress post-traumatique, mais il est important de créer un espace de parole. »

La jeune femme a pris le relais pour quelques jours de Marie-Aude Chopin, psychologue pour la gendarmerie de la région PACA. Cette dernière était sur les lieux du crash dès les premiers jours.

Dans une carrière de gendarme on est rarement confronté à un drame d’un tel acabit. « Le nombre de victimes, la difficulté d’accès ont augmenté la difficulté de cette intervention », note Maude Adloff.

Les séances continuent avec, notamment, les hommes du Peloton de gendarmerie de haute montagne.

Source : Nice Matin

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