Une enquête sur un « cold case » rouverte près de 15 ans après, à Caen

Le corps de Marianne Kerhkove, une Caennaise de 39 ans, avait été retouvé dans le canal, en septembre 2002. Close en 2012, l’enquête sur ce qui s’est révélé être un crime a été rouverte récemment. La justice ne désespère pas de découvrir le meurtrier.

À l'époque, la mort de Marianne Kerhkove avait fait l'objet d'un appel à témoins, dans les colonnes de Liberté. Mais le meurtrier court toujours. -

À l’époque, la mort de Marianne Kerhkove avait fait l’objet d’un appel à témoins, dans les colonnes de Liberté. Mais le meurtrier court toujours. –

Les faits remontent à bientôt 14 ans, mais la vérité est toujours immergée au fond du canal. Le 28 septembre 2002, le corps de Marianne Kerhkove était repêché à Blainville-sur-Orne, dans le canal de Caen à la mer. Ce n’était pas le premier, ni le dernier, malheureusement. Mais le décès de cette Caennaise alors âgée de 39 ans n’était pas consécutif à une volonté suicidaire.

Homicide volontaire

L’autopsie a démontré que la femme brune aux cheveux courts n’était pas morte noyée : elle a été victime d’un meurtre. Durant dix ans, les enquêteurs de la brigade de recherche de la gendarmerie de Caen ont mené de nombreuses investigations, dans le cadre d’une information judiciaire pour « homicide volontaire », ouverte par le parquet de Caen juste après les faits. Plus de 200 personnes subissent notamment des prélèvements génétiques. Sans succès. Le mari de Marianne Kerhkove avait été mis hors de cause. En 2012, après une décennie de vaines recherches, la justice a dû se résoudre à pronocer un non-lieu, faute de suspect.  Carole Étienne, la Procureur de la République de Caen, commente :

C’est un délai raisonnable, qui montre que les magistrats n’ont pas lâché.

C’est aussi le délai qui couvre la prescription dans les affaires de meurtre. Celui-ci passe à 20 ans si la mort a été précédée d’un viol…La Procureur de la République de Caen a rouvert une information judiciaire, fin 2015, et l’a confiée au pôle de l’instruction du tribunal de grande instance de Caen.

De nouveaux éléments sont en effet apparus, qui pourraient relancer l’espoir de découvrir le (ou la, ou les) meurtriers de la mère de famille. Selon nos informations, un témoignage téléphonique a affirmé que des occupants de l’immeuble où vivait la victime n’avaient pas été entendus à l’époque. Et pour cause : leur présence n’était pas officielle. Après vérification, cette piste n’a finalement rien donné d’intéressant, mais elle a au moins eu le mérite de lancer de nouvelles investigations. Beaucoup de personnes ont été à nouveau entendues par les enquêteurs.

« En 15 ans, les techniques d’enquête ont beaucoup évolué », souligne Carole Étienne. En 2002, on ne savait pas identifier l’ADN sur des indices retrouvés dans l’eau. La gendarmerie de Caen avait d’ailleurs effectué les premiers tests au monde dans ce domaine, en juillet 2003…dans le canal de Caen à la mer.

Nouvelles techniques

Aujourd’hui, ces techniques sont largement maîtrisées. Les prélèvements réalisés à l’époque sur le corps de Marianne Kerhkove vont pouvoir être à nouveau exploités, à la lumière de ces progrès. Aurait-elle pu faire une mauvaise rencontre ? Des comparaisons vont pouvoir être effectuées, y compris au niveau international. En espérant que les nouvelles empreintes génétiques mises en évidence « matchent » avec les fichiers de police et de gendarmerie, dans l’hypothèse où le meurtrier de Marianne Kerhkove se serait fait arrêter pour une autre raison entre temps.

Nouvel appel à témoins

L’antenne caennaise du Service régional de police judiciaire lance un nouvel appel à témoins concernant cette affaire. Toute personne susceptible d’apporter des renseignements est priée de contacter le 02 31 35 92 00.

Source : Liberté

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