Thomas Dupuy, du pardon mais jamais d’oubli

par Isabelle Surply dans Poing de vue

Ce matin, dans un petit coin de la presse locale, j’ai lu qu’hier, une cérémonie d’hommage avait été rendue à :

« Thomas Dupuy, ce Toulousain tué le 29 octobre dans un accrochage avec un groupe terroriste au Mali.

Une cérémonie aux Invalides à Paris, présidée par le général Mercier, chef d’état-major de l’armée de l’air, et en présence notamment de Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse. »

Pas de Premier ministre, ni de ministre de l’Intérieur, encore moins de secrétaire d’Etat aux Armées. Quant au Président, n’en parlons pas !

Non, ce matin, en ouvrant l’actualité, votre journal vous hurle encore : « Rémi Fraisse est mort ! Mort à ceux qui l’ont tué ! »

Vous tentez de le refermer rapidement, quand tout à coup la grande faucheuse en personne sort de la Une et vous susurre :

« Il est mort… et c’est toi qui l’a tué ! »

Alors vous jetez à toute hâte le quotidien que vous teniez entre vos mains et décidez de vous servir un bon café, pensant que tout ceci n’est qu’hallucination.

Seulement voilà, il n’en est rien. Tout ceci est bien réel.

Aujourd’hui je ne m’attarderai pas sur le funeste sort de ce jeune militant, car d’autres le font déjà pour moi et suffisamment.

Aujourd’hui je dénonce un crime national, un crime horrible, un crime insoutenable et patricide : le mépris pour l’armée française.

Petite-Fille, belle-soeur, soeur, nièce et cousine de militaires, très hauts gradés pour certains, je dénonce les raisons qui nous ont conduits à cela, à cette attitude nauséabonde et indigne de nous.

Le gouvernement n’honore plus ses soldats morts aux combats, pour la simple et bonne raison qu’ils n’ont plus aucune valeur à ses yeux. Et pour cause :

Il a délibérément supprimé le service militaire pour en faire une journée loufoque de détection d’illettrés, une journée d’appel à la défense, mais également d’appel à la fumisterie nationale…

Il réduit chaque année le budget de l’Armée française, pour combler par ailleurs je ne sais quelles gabegies et dépenses publiques dont il est le seul responsable…

Les gouvernements passés ont signé l’arrêt de mort du patriotisme militaire en autorisant le choix des binationaux…

Il désarme petit à petit nos hommes en leur donnant des jouets en plastique « faute de budget »…

Il préfère imposer l’éducation sexuelle dès le plus jeune âge dans l’école de la République au lieu de leur inculquer les vrais devoirs civiques…

L’Etat a réussi l’exploit invraisemblable et suicidaire de tuer l’amour de la patrie et le désir de la servir.

Mais une poignée d’irréductibles comme moi se réveille, et entre à nouveau dans la cité, cité de laquelle l’Etat nous a écartés parce que le patriotisme, c’est sale, c’est mal, c’est Pétain, c’est fasciste : enfin, tout le monde le sait !

Pourquoi Thomas Dupuy et tous ses frères d’armes français tués toutes ces dernières années n’ont-ils pas fait la UNE pendant des semaines, n’ont-ils pas suscité l’émotion dans les écoles (j’ai dit l’émotion, pas l’absentéisme…) ou d’hommages présidentiels dans tous les cantons ? Et les 3 jours de deuils nationaux ? Et les minutes de silence, les vraies, celles qui durent 60 secondes ? Disparus… gommés.

Ce qui semble être un épiphénomène cache une réalité bien plus grave.

Lorsque j’ai vu que Rémi Fraisse avait été répertorié sur Wikipédia contrairement à tous nos soldats pour la France, j’ai compris. J’ai compris une chose terrible et j’ai su à cet instant que nous ne vivions plus en France mais dans le meilleur des mondes.

J’ai compris que j’étais une outsider, comme on dit dans le jargon, et que je serai condamnée à nager à contre-courant jusqu’à qu’un nouveau changement profond ébranle à nouveau notre Pays, comme il y a deux siècles peut-être…
Car la crise est là, et elle est trop profonde pour qu’un simple quinquennat de gauchistes ne la soigne…

Au nom de tous ces fous, je te demande pardon, terre qui m’a vue naître et me nourrit.

Pardon de ce mépris, de cet oubli, je te promets d’œuvrer pour que cela cesse, par amour pour toi.

Thomas Dupuy, du pardon oui, mais par pitié : jamais d’oubli.

Source : Nouvelles de France

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