Steiger son épouse avait alerté la ministre sur les violences dont elle faisait l’objet.c #Violencesconjugales du colonel #Steiger : la lettre ignorée par Marlène #Schiappa

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Violences conjugales du colonel Steiger : la lettre ignorée par Marlène Schiappa
23 août 2021 | Par Pascale Pascariello et Antton Rouget
Avant que le colonel Eric Steiger ne soit promu à la tête du commandement de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, son épouse avait alerté la ministre sur les violences dont elle faisait l’objet. Elle n’a jamais reçu de réponse à son courrier, que Mediapart publie en intégralité.

Passée la déflagration de l’affaire Eric Steiger demeure une question centrale : pourquoi a-t-il fallu attendre la révélation par Mediapart de la condamnation pour violences conjugales du colonel de gendarme, parfaitement connue de sa hiérarchie, pour qu’il quitte, dans les 48h, la tête du commandement de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, à laquelle il venait d’être promu ?

Au cœur de ce questionnement, l’attitude de Marlène Schiappa, ministre déléguée auprès du ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, chargée de la citoyenneté, ne cesse d’interroger.

Celle qui a fait de la lutte contre les violences faites aux femmes, la « grande cause nationale » du quinquennat d’Emmanuel Macron, un combat prioritaire avait été en effet alerté, lundi 5 octobre 2020, par l’épouse du colonel de gendarmerie des violences psychologiques et physiques dont elle faisait l’objet.



Lorsque Sophie* rédige son courrier, la gendarmerie nationale a accepté, depuis le 1er août 2020, la mutation d’Eric Steiger en Nouvelle-Calédonie, en tant que commandant en second à Nouméa, « ce qui constitue un poste convoité car très rémunéré », comme le rappelle l’épouse du haut gradé. Or, le 18 février 2020, Eric Steiger a été condamné, en première instance, à six mois de prison avec sursis pour des faits de violences conjugales.
Sophie décide donc d’alerter Marlène Schiappa sur cette situation, « étant très au courant de [ses] engagements et de [ses] réussites pour les droits des femmes », et espérant donc que la ministre pourra « faire entendre votre voix à ce sujet auprès de ses chefs ». Après avoir décrit les circonstances précises dans lesquelles les violences sont intervenues, Sophie* interroge notamment : « Comment la Gendarmerie pourrait-elle fermer les yeux sur la peine de 6 mois de prison avec sursis qu’il encourt, et faire une omerta totale sur cette situation ? »

La ministre n’a jamais répondu au courrier détaillé de Sophie. Elle n’a pas, non plus, repris attache avec elle lorsque le colonel Eric Steiger a été condamné, en appel, le 28 mai 2021, puis promu numéro un en Nouvelle-Calédonie en juillet 2021. Enfin, Marlène Schiappa, pourtant très active sur les réseaux sociaux, n’a pas commenté publiquement l’affaire, se contentant de relayer, vendredi 20 août, un communiqué de presse de Gérald Darmanin sur le départ du colonel.

Sollicité par Mediapart (retrouvez nos questions sous l’onglet « Prolonger »), le cabinet de la ministre ne nous a pas répondu.

L’avocat du haut-gradé, Me Thibault de Montbrial avait pour sa part expliqué qu’« il y a eu des violences mais pas de coups, sinon la peine aurait été différente. Éric Steiger n’est pas un “cogneur de femmes” » .

La direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), qui avait confirmé avoir été informée de « chaque étape de la procédure » visant le colonel Eric Steiger, indiquait dans un premier temps que le jugement du 28 mai 2021 « ne faisait pas obstacle à ce que la DGGN nomme l’intéressé sur son poste actuel ».

Finalement, suite aux révélations de Mediapart, la situation est apparue en réalité intenable. Gérald Darmanin, ministre de l’intérieur, a publié un communiqué de presse actant du départ du colonel de ses fonctions en Nouvelle-Calédonie.

Source : Cvitrolles

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