« Si j’étais un arbre, j’inviterais tout de suite des copains, des copines, à venir près de moi pour devenir forêt »
« Le lien entre nature et culture est beaucoup plus étroit que ce qu’on croit et le passage de l’un à l’autre, de la nature à la culture, est aussi un fait historique. En fait, lorsque les hommes se sont implantés dans des paysages vierges où la nature avait pris entièrement la place après le retrait des glaciers, on a commencé à faire des clairières, à s’implanter …
Et la ferme idéale, c’est une ferme qui est autosuffisante en intrants et qui devient une corne d’abondance en extrants, en produits. C’est le soleil qui alimente ça et puis ça déborde. En fait, voilà l’agriculture dont on serait capable …
Et là c’est le domaine de l’artistique, c’est le domaine de la beauté, le domaine de l’imprévisible, de la synchronicité. Tout ça, ça s’offre à nous finalement une fois qu’on a compris qu’il faut recommencer, revenir à l’interaction positive avec le vivant. »
Merci à Archange pour cette vidéo et le texte qui la suit.
Un Personnage Ernst, poète, philosophe, et visionnaire ? D’autres vidéos plus longues sont disponibles.
Je propose ici un petit vent d’air frais, qui viendra peut-être se glisser entre 2 sujets qui fâchent, histoire de revenir à des fondamentaux… bien au delà de « demain », et des satisfactions immédiates.
Tout comme vous tous, je découvre le Personnage, et en 6 minutes, il nous plonge dans une Réalité oubliée.
Parce que, après, après, après demain, nous serons inéluctablement confrontés à la Réalité, quand les « vérités » se seront effondrées. Nous ne les verrons peut être pas tous, mais nos enfants et nos petits enfants, certainement.
Je ne suis pas un « adorateur » des arbres au point de leur faire de « gros câlins », mais Ernst m’a rappelé une conversation avec ma Grand Mère lorsque j’étais tout gamin.
Pendant la guerre 39-40, elle avait évacué, une longue marche a pied pendant des jours, avec ses 3 jeunes enfants.
Et avec naïveté, lors d’une longue promenade, je lui demandais (préoccupé par mon estomac qui grognait) :
« Dis mémé, vous mangiez où, et vous mangiez quoi ? »
Ce à quoi elle me fit un petit cours d’Histoire :
« Autrefois, il y avait des arbres fruitiers le long des routes, de toutes les sortes, des plantes de toutes les sortes, donc on ne mourrait pas de faim, ils avaient été plantés il y a bien longtemps du temps d’autres guerres, pour nourrir les soldats qui se déplaçaient le plus souvent à pied, c’était plus pratique que de transporter de la nourriture, ça complétait leurs rations.
Et dans les prairies, il y avait plein d’autres arbres, plus qu’il n’en fallait et que de besoin. Il y avait aussi des sources le long des routes, et des fontaines dans les villages, on ne mourrait pas de soif non plus.
Le matin et le soir, on apercevait des fermiers qui faisaient la traite des vaches, et on avait du bon lait frais…et en passant à la ferme, des œufs, et un quignon de pain, bien souvent rassis; Mais le plus important, c’est qu’ il y avait au fil des saisons toujours quelque chose à manger. »
« Et vous dormiez où, dis Mémé ? »
« Il y avait des granges de partout dans la campagne, on dormait dans le foin, et quand il faisait froid, les vaches qui dormaient en dessous dans l’étable nous réchauffaient »
« Beuark! ça devait pas sentir bon ! »
Ce à quoi elle me répondit :
« Ça sentait la Vie, ça sentait meilleur que les cadavres qui jonchaient les routes, et que nous devions enjamber après les raids aériens des « boches » !
Et beaucoup plus tard, je lisais un livre de Jean Giono : » L’ homme qui plantait des arbres ».
À méditer, ne serait ce qu’un instant, entre une pensée pour une guerre qui ne nous concerne pas, le prix du carburant, la dermatose des vaches, et les inepties politiciennes.
L’environnement dont on parle souvent ne se situe pas là bas très loin chez les autres, il commence déjà et exactement là, sous nos pieds.
Archange
Source vidéo : Fondation Homme et Nature
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