Sécurité L’unité d’élite de la gendarmerie française fête ses 40 ans demain Les gendarmes aux missions impossibles

Le GIGN s’entraîne tous les jours dans les conditions du réel. Ici, l’arrestation d’un forcené dans une école.  Photo AFP

Le GIGN s’entraîne tous les jours dans les conditions du réel. Ici, l’arrestation d’un forcené dans une école. Photo AFP

À sa création, le Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale comptait une quinzaine d’hommes. Aujourd’hui, 380 militaires répondent à toutes les nouvelles menaces terroristes.

« Nous sommes des gendarmes un peu différents… On nous appelle quand la mission paraît impossible ». Le 11 juin dernier, sur le site de la caserne du GIGN à Satory-Versailles, devant des enfants d’une école primaire venus rendre visite aux super-gendarmes, le général Thierry Orosco explique simplement les missions de ses hommes.

Créé en 1974 par Christian Prouteau à partir d’une quinzaine d’hommes, le GIGN a évolué en fonction des nouvelles menaces.

Vingt ans après sa naissance, paradoxalement après le succès le plus symbolique du GIGN, c’est-à-dire l’assaut de l’Airbus Alger-Paris sur l’aéroport de Marseille-Marignane en 1994, l’unité d’élite va travailler sur sa première restructuration. Le commandant du GIGN de l’époque, Denis Favier, actuel directeur général de la Gendarmerie nationale, constate que sa structure a atteint ses limites. « On s’est rendu compte que l’on n’avait notamment pas les moyens d’intervenir sur deux terrains d’opération en même temps », explique l’officier presse dont le nom ne peut être dévoilé pour des raisons de sécurité.

Nouvelle organisation

Les attentats du 11 septembre 2001, avec des terroristes capables d’intervenir dans le cadre de quatre opérations, mais aussi des prises d’otages de masse comme celle du théâtre de Moscou par des rebelles tchétchènes qui vont retenir 850 spectateurs, vont accélérer la mue du GIGN. Elle débouche sur une nouvelle organisation en 2007. À partir de cette date, les effectifs vont monter à près de 400 personnes grâce notamment aux renforts d’anciennes unités comme l’escadron parachutiste d’intervention de la Gendarmerie nationale, le Groupe de sécurité de la présidence de la République et le Groupe d’instruction et de sécurité des activités.

Aujourd’hui, sur les 380 gendarmes en activité, 21 sont des filles. Elles ne participent pas aux missions de la force d’intervention, ne pouvant physiquement porter les 20 kg de matériel de protection et les 15 kg d’armes, mais remplissent les missions de la force observation/recherche et de la force de sécurité/protection.

Le général Thierry Orosco, le « patron du GIGN » depuis 2011, a également marqué de son empreinte l’histoire de l’unité. « Sa guerre a été celle du temps. Nos adversaires recherchent des fenêtres médiatiques les plus longues possibles. Chaque minute est importante. À nous de préparer au maximum en amont nos interventions », explique l’officier presse.

Résultat, aujourd’hui, une équipe est opérationnelle en moins de 30 minutes, c’est-à-dire prête à partir, briefée et équipée.

L’entraînement reste toujours la clé du succès. « Il s’organise au plus près de la réalité. Il est très difficile et quotidien. Sur les 19 morts que compte notre unité depuis sa création, 17 ont eu lieu lors d’un exercice », rappelle Thierry Orosco. « Toujours plus loin », dit la nouvelle devise du GIGN.

Source : DNA.fr

 

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