Saint-Loup-sur-Semouse : le policier municipal dérape

Lors du réveillon de Noël, un policier municipal est entré dans l’enceinte de la gendarmerie pour incendier la voiture de son rival dans une histoire de cœur.  Capture d’écran Google Street View

Lors du réveillon de Noël, un policier municipal est entré dans l’enceinte de la gendarmerie pour incendier la voiture de son rival dans une histoire de cœur. Capture d’écran Google Street View

Un policier municipal de Saint-Loup-sur-Semouse, âgé de 44 ans, a été incarcéré ce jeudi à la maison d’arrêt de Besançon. À l’issue de sa comparution immédiate devant le tribunal correctionnel de Vesoul, Fabien Coq a été reconnu coupable de « destruction par moyen dangereux ».

Le quadragénaire était poursuivi pour avoir incendié, le 24 décembre, une voiture garée dans l’enceinte de la gendarmerie de Saint-Loup. Il avait escaladé le portail, avait déversé de l’essence sous le véhicule et avait mis le feu avant de prendre la fuite. La voiture en question était celle du nouveau compagnon de son ex-maîtresse, une gendarme avec qui il avait débuté une relation lorsqu’il travaillait lui-même à la brigade locale.

Gendarme entre 1997 et 2014, Fabien Coq a été muté à Saint-Loup-sur-Semouse pour raison disciplinaire suite à de précédents démêlés avec la justice. En octobre 2013, il a été condamné pour « altération de document » et « faux », ce qui a finalement entraîné sa radiation de la gendarmerie.

Lors de son passage à la brigade de Saint-Loup, le prévenu a eu une aventure avec une collègue. Une histoire « complexe », commente Fabien Coq, qui s’est selon lui achevée « fin novembre ou début décembre 2015 ». Quelques jours avant Noël, il a proposé à son ancienne conquête de passer le réveillon avec lui. Elle a refusé : elle avait déjà invité son nouveau compagnon pour l’occasion.

La victime ? Un pompier

Cette situation, Fabien Coq ne l’a pas supportée. Après une soirée bien arrosée chez un ami le soir du 24 décembre, il est rentré chez lui et a décidé de s’en prendre au véhicule de son rival. Pour rejoindre la gendarmerie, à 2 ou 3 km de chez lui, il a pris soin de ne pas être filmé par les caméras de vidéosurveillance de la commune. En tant que policier municipal, il connaissait parfaitement leur implantation.

Quand la victime s’est rendu compte que sa voiture brûlait, à cause d’un bruit d’explosion, le feu avait déjà commencé à se propager à un deuxième véhicule. Pompier de son état, le compagnon de la gendarme a maîtrisé le sinistre lui-même.

Rapidement soupçonné, Fabien Coq a été placé en garde à vue. Il a d’abord nié puis a fini par reconnaître les faits qui lui étaient reprochés. « Je me suis senti trahi, j’ai perdu la raison », explique-t-il. « J’ai été stupide. » De par sa carrière, il connaissait pourtant les risques de propagation de l’incendie, lui fait remarquer une juge. « Certes j’ai été gendarme, mais on reste un homme quand même, avec ses faiblesses », lâche le quadragénaire.

« Je vais présenter ma démission »

Les conséquences de toute cette histoire, pour lui, sont lourdes. Sur le plan personnel, il est en instance de divorce avec son épouse. Il se prépare aussi à perdre son travail : « Je ne peux pas décemment conserver ce poste, je vais présenter ma démission. »

Sur le plan pénal, le procureur de la République Clément Guetaz a réclamé une sanction « sévère » à l’encontre du prévenu : dix mois de prison avec mandat de dépôt, la révocation du précédent sursis de deux mois, et une interdiction définitive d’exercer dans la fonction publique. L’avocate du prévenu, Me Frédérique Thomas, a tenté d’alléger l’addition : « Il a eu un moment de faiblesse lié à une relation agitée, mais peut-on le sanctionner encore plus du fait de sa profession ? Contrairement à lui, il faut garder raison dans ce dossier. Il n’y a pas eu de blessé, il n’a jamais été agressif. »

Me Thomas a aussi plaidé le maintien en liberté de son client : « Il n’y a aucun danger qu’il recommence », a-t-elle souligné. En vain : le tribunal a prononcé un mandat de dépôt et une peine de douze mois de prison dont quatre ferme. Le précédent sursis de deux mois a été révoqué, et une interdiction d’exercer dans la fonction publique pendant cinq ans a été prononcée. « Vous me tuez, là », a commenté Fabien Coq.

Source : L’Est Républicain

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