Profession Jandarma – Amour d’une terre, amour des hommes
« Les gendarmes aussi sont vos enfants », écrit la gendarmerie turque sous l’image d’un vieil homme seul au jour de la fête. À travers ses chants, ses paysages et ses morts, voyage au cœur d’une institution sœur — née en 1839 sur le modèle français — et de l’âme de la terre qu’elle veille.
Ce texte a son origine dans un échange avec Ronald, où j’ai fait allusion à une rencontre avec des gendarmes en Turquie. On pourrait faire un article, m’a-t-il dit. Je me suis plongé dans le sujet, j’ai étudié les similitudes et différences entre la gendarmerie française et son homologue turque, la Jandarma, fondée en 1839 précisément sur le modèle français de l’époque.
Dès mes premiers écrits j’ai réalisé que j’avais envie de traiter le sujet sous un angle plus intime. Lors de contacts récents avec des gendarmes en Turquie, à l’occasion de contrôles routiers, ou d’invitations impromptues dans des casernes de gendarmerie, j’ai en effet ressenti une bienveillance, une attention empreinte d’humanité, un sens aigu du devoir et de la mission.
J’ai voulu savoir si cela était dû à un heureux hasard, ou à une éthique professionnelle ancrée. J’ai donc exploré la communication institutionnelle de la Jandarma. Parmi une multitude de messages, j’ai cherché comment elle concevait, sur le plan humain, la profession de gendarme. Je n’ai pas voulu aborder le travail opérationnel, pourtant exemplaire, car la France et la Turquie partagent le même professionnalisme.
L’exercice d’un métier est inséparable de son contexte culturel général. J’ai donc tenté de faire ressortir l’âme du pays, à travers ce que je connais de ses idéaux, de sa population, de ses paysages, de sa musique. J’ai laissé venir l’inspiration, sans plan préétabli et sans prétendre à une quelconque exhaustivité. J’assume et revendique une certaine subjectivité, puisque ce texte est aussi une expression d’amitié. J’espère que le lecteur y trouvera de quoi alimenter sa réflexion, et que le gendarme y lira toute la noblesse de son métier.
Yolcu, le voyageur
Il existe une chanson, en Anatolie, que tout le monde connaît sans toujours en nommer l’auteur. Neşet Ertaş y appelle l’homme un yolcu (prononcer « yol-djou ») — de yol, la voie, le chemin : le yolcu, celui qui est en chemin, y est décrit comme un voyageur né d’une mère, posé un instant sur la terre et déjà en route vers ailleurs. Avant lui, sept siècles plus tôt, le poète mystique Yunus Emre l’avait dit dans la langue du sol. Il fut le premier à célébrer Dieu et l’exil de l’âme non dans l’arabe des savants mais dans le turc du paysan. Reprenant une parole du Prophète — être en ce monde « comme un étranger, ou un voyageur qui passe » —, il en fit le cœur de sa poésie : l’homme est ici-bas un garip, un étranger, et sa vie une yolculuk — de ce même yol — un voyage dont la fin est un retour.
Ce mot, le yol, la Jandarma le revendique souvent pour elle-même. Sous une photographie de trois de ses hommes, immobiles devant le drapeau, au-dessus des nuages, elle écrit : Bizim Yolumuz — « Notre voie ». Et elle précise où mène cette voie : vatan sevdasına çıkar, « elle débouche sur l’amour de la patrie ». L’institution nomme d’ordinaire cet amour sevgi, l’affection posée ; ici elle choisit sevda — l’amour-passion, le mot brûlant des chansons d’amour. La voie du gendarme, dit-elle, est une passion pour le pays. Nous allons en explorer les différentes facettes, à travers ce que la Jandarma montre d’elle-même, et que j’ai moi-même constaté en Turquie.
Cette voie commence par un parcours très concret. Au quotidien, le gendarme sillonne la région où il sert ; au fil d’une carrière, il est déplacé, une affectation après l’autre — la steppe, puis la montagne, puis la frontière. Il épouse ces terres l’une après l’autre, le temps qu’on l’y poste, puis il les quitte. Il fait ainsi ce que nul enraciné ne peut faire : il relie. Sivas à Rize, Rize à Batman — son passage, répété à l’infini par ses frères d’armes, assemble ces terres diverses. Le voyageur qu’il est leur donne une unité.
La terre ainsi unie, par sa beauté, sa majesté, par les qualités de ses habitants et les valeurs qu’ils portent en eux, donne au voyage du gendarme un sens non seulement matériel, mais spirituel. L’institution le sait et l’exprime avec pudeur, comme l’illustre cette vidéo de gendarmes patrouillant dans de magnifiques paysages, au son de la fameuse chanson de Neşet Ertaş, Yolcu, le voyageur :
Bir anadan dünyaya gelen yolcu : Ô voyageur venu au monde, né d’une mère
Görünce dünyaya gönül verdin mi : En découvrant le monde, lui as-tu donné ton cœur ?
Yolcu, la chanson complète, sur des images saisissantescliquer pour déplier
« Ô voyageur, venu au monde d’une mère,
En découvrant ce monde, lui as-tu donné ton cœur ?
L’un est grand, l’autre insecte, l’autre humble serviteur ;
Pris de curiosité, t’es-tu interrogé sur l’un d’eux ?
En as-tu cherché le pourquoi du pourquoi ?
L’homme meurt, mais son âme ne meurt point ;
Tant de créatures existent, et nulle ne rit.
Le tourment de l’enfer est dur, insoutenable —
As-tu vu les bêtes endurer le supplice ?
Qui naît de l’homme devient homme,
Qui naît de la bête devient bête ;
Tous, sans exception, viennent en ce monde —
La mère est le Vrai : as-tu percé ce secret ?
Avant que ton échéance ne s’accomplisse et que ta vie s’épuise,
Avant que Celui qui l’a confié ne reprenne Son dépôt,
Avant que ne se fane la rose au jardin de ta vie,
Es-tu allé t’engager auprès d’un Bien-Aimé ?
Tel le rossignol esseulé, nous nous lamentons ;
Aux mains de l’ignorance, meurtris et affligés.
Tous voyageurs, ainsi l’on vient, ainsi l’on va —
Ce monde est-il ta patrie, ton foyer ? »
À propos de l’auteur, Neşet Ertaş (1938-2012)
Né dans un hameau de la province de Kırşehir, au cœur de la steppe anatolienne, Neşet Ertaş est le dernier grand représentant de la culture musicale des Abdal — ces familles de musiciens nomades d’Anatolie centrale, gardiens du bozlak, ce chant long et plaintif qu’il définissait lui-même comme un « cri ». Fils du maître de bağlama Muharrem Ertaş — la bağlama, ou saz, étant le luth à long manche emblématique de la musique populaire turque — il n’alla jamais à l’école et apprit à lire auprès de son frère ; son premier instrument fut un battoir à linge sur lequel sa mère avait tendu un fil. Surnommé « Bozkırın Tezenesi », le plectre de la steppe, il signait ses poèmes du pseudonyme de Garip, « l’esseulé, l’étranger » — cette même figure du rossignol garip qui traverse Yolcu. Après une paralysie de la main qui interrompit sa carrière, il vécut près d’un quart de siècle en Allemagne (1979-2003), chantant pour les ouvriers turcs de la diaspora, avant de revenir au pays en majesté. Reconnu Trésor humain vivant par l’UNESCO, distingué par le Parlement turc et docteur honoris causa, il s’est éteint en 2012 ; sa technique et ses chants sont aujourd’hui enseignés dans les conservatoires.
Ce qui fait sa singularité dépasse la virtuosité. Sa parole, d’une langue dépouillée et populaire, mêle l’amour de Dieu, la dignité de l’homme, la nostalgie de la mère et de la terre, et l’opposition entre le savoir et l’ignorance — un humanisme spirituel d’inspiration soufie et anatolienne, qui place la terre et l’homme au centre. Yolcu condense tout cet univers : sous l’image du voyageur de passage en ce monde, le poème interroge le sens d’une vie qui n’est qu’un trajet, et fait de la question — « ce monde est-il vraiment ta patrie ? » — une invitation à ne pas confondre l’étape et la demeure.
L’abnégation militaire : La poésie de Neşet Ertaş, en insistant sur le caractère éphémère du monde physique, confère aux images une dimension d’abnégation. Le service dans les zones accidentées et isolées du pays requiert du gendarme une rusticité et une acceptation totale de l’inconfort. L’isolement et la rudesse du terrain ne sont pas subis, mais intégrés dans une compréhension philosophique du devoir et du sacrifice. Le gendarme effectue sa mission avec la gravité d’un engagement spirituel envers la nation.
La terre qui chante
La Turquie est immense. Près de 783 000 kilomètres carrés — une fois et demie la France —, mille six cents kilomètres d’ouest en est, deux continents tenus d’un seul bloc. C’est un pays haut : plus de mille mètres d’altitude moyenne, des massifs qui montent jusqu’aux 5 137 mètres de l’Ararat, des steppes sans fin, des forêts que la mer Noire arrose sans relâche, des vallées où l’on n’entre qu’à pied. Une grande part de cette terre est restée sauvage, vide d’hommes, livrée à la roche, à l’eau et au vent.
C’est précisément le domaine que garde la Jandarma. Sa zone de responsabilité couvre quatre-vingt-douze pour cent du sol turc, mais à peine plus du tiers de sa population : son domaine n’est pas la ville, c’est la campagne, la montagne, la frontière isolée et sauvage. Elle est présente partout : les quatre-vingt-une provinces du pays ont chacune leur commandement de gendarmerie. La Jandarma aime l’afficher, comme en ce récent jour de fête, où elle filme ses hommes en faction d’un bout à l’autre du territoire, recevant les vœux du ministre de l’Intérieur, Mustafa Çiftçi. La vidéo a sélectionné treize provinces, choisies pour donner l’exemple de la diversité du territoire : la Thrace d’Edirne et les neiges de Hakkari, le lagon de Muğla et les cheminées de Cappadoce, la côte de Sinop et les hauteurs de Tunceli, les confins de Van et d’Iğdır. Une seule présence, dispersée à travers la péninsule anatolienne et jusqu’à l’extrémité de la péninsule balkanique.
Jandarma — vœux du ministre Çiftçi à travers le payscliquer pour déplier
Le gendarme se retrouve souvent seul, ou avec un camarade, face à un paysage qui le dépasse. Une cascade qui tombe d’une paroi de roche, une route que la neige a recouverte, des prés verdoyants. Posté là pour un temps — le temps d’une affectation — il découvre, il apprend, il s’imprègne, et la nature majestueuse finit par parler. Du face-à-face en apparence silencieux entre l’homme et la terre où il veille montent des musiques et des chants.
En voici deux exemples repérés dans les vidéos de la Jandarma, et ne couvrant qu’une partie de la diversité d’un pays si vaste. À Diyarbakır, au Sud-Est, la Jandarma filme ses hommes autour de la cascade de Şeyhandede, où ils patrouillent — le texte le précise — pour la tranquillité et la sécurité des habitants, mais aussi pour la protection de la vie naturelle elle-même. Sur ces images d’eau dévalant la pierre entre les roseaux d’or, surgit un vieux chant des hautes terres anatoliennes, porté par la voix de Kıraç : une lumière brûle au sommet de la haute montagne, et celui qui la voit en tombe amoureux ; ne pouvant faire descendre la lumière de la cime, ni fléchir le cœur de celle qu’il aime, il s’en va, et lui demande de pleurer son départ. La clarté inaccessible, tout en haut, c’est l’aimée, mais c’est aussi, pour celui qui veille seul au pied de la montagne, l’image de l’âme devant ce qui ne se laisse pas saisir et qui la dépasse. La tradition anatolienne ne sépare jamais tout à fait l’amour de l’aimée de l’amour du sacré ; elle glisse de l’un à l’autre sans prévenir, et c’est là toute sa profondeur.
Une lumière brûle au sommet de la haute montagne, par Kıraçcliquer pour déplier
Cette œuvre est un classique du répertoire folklorique (türkü). Kıraç respecte le texte traditionnel tout en lui donnant une puissance vocale propre à son style.
« Une lumière brûle au sommet de la haute montagne. Je suis tombé dans ton tourment, j’en suis devenu amoureux… Je n’ai pu la faire descendre du sommet de la haute montagne. Je n’ai pu tourner son visage vers le mien. Je n’ai su conquérir l’esprit d’une belle… Pleure mon amour, retourne-toi et pleure. Ah, je m’en vais, pleure à présent. Pleure mon amour, retourne-toi et pleure. »
Montons maintenant vers le nord, jusqu’aux montagnes de Rize que l’hiver couvre d’un manteau blanc. La patrouille avance sur la route enneigée, entre les sapins ployés de neige ; le soleil traverse la forêt blanche, un château veille sur la crête, le château de Zilkale, dans la vallée de la Fırtına. Sur ces images, point de paroles : seulement la mélodie du tulum, la cornemuse de la mer Noire. Ici la terre résonne du son de la vallée, de ce Oy Puşilim dont le titre désigne l’écharpe de l’absente. Les paroles traditionnellement chantées sur cette musique affleurent et expriment le même mouvement de l’âme — l’amour de l’aimée, et la beauté froide qui les enveloppe tous deux.
Écouter la mer Noirecliquer pour déplier
Oy Puşilim, version instrumentale — celle qui accompagne la patrouille :
Oy Puşilim, version chantée traditionnelle :
« Mon amour, ne marche pas sur l’herbe
Ils trouveront notre trace
Mêlons-nous au brouillard
Qu’ils nous croient disparus
Oh les tourments, ah les tourments
Le tulum m’a tué
Je n’ai pas trouvé à Hemşin
Quelqu’un qui m’aime selon mon cœur »
En plus des instruments spécifiques à cette région de la Mer Noire, une oreille avisée reconnaît immédiatement la prononciation très particulière des voyelles, qui donne à la langue une sonorité douce. Dans cette région, la danse du horon accompagne les airs rythmés dans toutes les occasions festives. En voici une interprétation exceptionnelle :
La roche et l’eau du Sud-Est, le blanc hivernal de la montagne pontique, et les multiples autres terres du pays, rappellent au gendarme à son poste, par leurs chants, que la terre qu’il veille a une âme, qu’il en est le gardien, et que la garder, c’est avant tout l’aimer. Qui dira si sa pensée ne va pas aussi, parfois, vers une bien-aimée lointaine, comme celle des chansons ? L’amour d’une terre, le souvenir d’un visage et le pressentiment du sacré se mêlent alors en lui et l’animent dans l’accomplissement de sa mission quotidienne.
Au soir d’une carrière marquée d’affectations successives, le gendarme porte en lui une multiplicité de terres, la montagne, la steppe, la côte, la frontière, des terres restées vivantes sous la protection de l’uniforme, et unies sous un même drapeau.
Les visages de la terre
Mais une terre n’est pas qu’un décor de roche, de forêts, de prés et de rivières. Elle est habitée. L’amour du gendarme pour le sol n’a de sens que parce qu’il est, au fond, amour des hommes qui y vivent.
À Batman, dans le Sud-Est, des gendarmes passent une journée dans une école. On joue, on rit, et l’on forme, disent-ils, une conscience pour un avenir sûr — des générations conscientes, ce sont des lendemains forts. Les gendarmes de cette scène ne préviennent pas un délit ; ils sèment quelque chose, en amont de tout ordre, dans la formation même de l’homme. Ils préparent l’avenir et appellent le meilleur. Et ce geste prend ici un poids singulier — c’est la forme la plus tendre qui soit d’épouser une terre que de s’accroupir près de ses enfants pour les aider à grandir.
Jandarma — Batman, visite d’une écolecliquer pour déplier
Ce partage entre gendarmes et enfants se répète sans cesse à travers tout le pays. Il illustre une constante de la société turque, l’amour et la bienveillance portés aux enfants.
Jandarma — 23 avril, journée avec les enfantscliquer pour déplier
Un 23 avril, fête dite de la Souveraineté nationale et des Enfants, les gendarmes passent la journée avec des enfants :
Jandarma — Van, un drapeau neuf à l’écolecliquer pour déplier
Ici, dans la région de Van, les gendarmes passent dans une école pour installer un drapeau neuf :
Les enfants ne manquent jamais l’occasion de rendre à leur tour l’affection qu’ils reçoivent. Dans les écoles, ils font des dessins et écrivent des lettres de réconfort aux gendarmes en poste dans les régions isolées.
Jandarma — lettres d’écoliers aux commandoscliquer pour déplier
« Quand les cœurs sont unis, les distances perdent leur sens !
Les lettres envoyées par les chers élèves de l’école primaire Kahyalı à Tekkeköy (province de Samsun) sont parvenues à notre personnel affecté au Commandement du Régiment de Commandos de la Gendarmerie de Beytüşşebap (province de Şırnak).
Nos héroïques commandos de la Gendarmerie ont répondu à ces lettres chaleureuses avec la même sincérité. »
Les paroles de la vidéo (lecture d’une lettre) :
« Cher grand frère soldat,
J’ai 9 ans. Je m’appelle Baran.
Un jour, moi aussi je grandirai et je serai soldat comme toi.
Pour cette noble patrie, je ferai rempart de ma vie sans aucune peur.
Par monts et par vaux, de jour comme de nuit, je ferai face à toutes les difficultés.
Cher grand frère soldat,
Que Dieu te vienne en aide, ainsi qu’à tous mes autres grands frères soldats qui se trouvent là-bas.
Nos prières sont toujours avec vous.
Nous savons que tant qu’il y aura de courageux enfants de la patrie comme vous, ce pays ne sera pas divisé, et notre glorieux drapeau rouge ne sera jamais abaissé.
Heureux celui qui se dit Turc !
Que Dieu vous garde.
Votre petit frère, Baran. »
Et voici, en plus des lettres personnelles que les gendarmes écrivent aux enfants, une réponse collective et chaleureuse aux enfants dans une autre vidéo, se terminant par une magnifique déclamation : « Iyi ki varsınız », « Heureusement que vous êtes là ! ».
Jandarma — la réponse des gendarmes aux enfantscliquer pour déplier
« Des lettres pleines de sens émanant de petits cœurs, espoir de l’avenir
Nos héros en poste ont répondu aux lettres chargées d’émotion envoyées par les élèves de l’école primaire Damlataş à Çarşamba (province de Samsun) au Commandement du Bataillon des Opérations Spéciales des Commandos de la Gendarmerie de Van.
Salutations aux cœurs purs de nos enfants ! »
Les paroles des gendarmes :
« Chers enfants,
Les lettres que vous avez envoyées nous sont bien parvenues.
Nous avons lu chacune d’elles avec une immense fierté et beaucoup de joie.
La patrie nous est confiée aujourd’hui, elle vous sera confiée demain.
En tant que Commandement du Bataillon des Opérations Spéciales des Commandos de la Gendarmerie de Van, nous embrassons vos immenses cœurs.
Heureusement que vous êtes là ! »
De façon générale, lors des fêtes ou des célébrations, les gendarmes saisissent l’occasion de montrer leur bienveillance envers la population, qu’il s’agisse d’enfants ou d’adultes. Cette vidéo, pour étonnante qu’elle paraisse, montre une attitude courante, dont j’ai moi-même été témoin, celle d’offrir de petits cadeaux à la population :
Jandarma — petits cadeaux aux voyageurs du bayramcliquer pour déplier
La Jandarma sait évidemment réprimer les infractions et combattre avec rigueur les activités criminelles. Mais elle privilégie la prévention et le conseil, et en particulier la protection de la famille, qui fait explicitement partie de ses missions. Elle n’est pas tenue par une politique du chiffre qui mesurerait son efficacité au nombre de verbalisations, mais plutôt au nombre de contrôles et de rappels des règles, lorsqu’elles sont enfreintes. J’ai retenu deux exemples parmi une multitude, pour bien montrer la posture du gendarme sur le plan humain.
La culture du contrôle (Denetim)cliquer pour déplier
En Turquie, la logique n’est pas budgétaire (rentabilité), elle est sécuritaire et statistique.
- L’approche « Huzur » (paix publique) : La Jandarma fonctionne beaucoup par campagnes centralisées. Le Ministère de l’Intérieur lance régulièrement des opérations massives (« Huzur Operasyonları »).
- L’objectif n’est pas tant le nombre d’amendes (ceza) que le nombre de contrôles effectués (sorgulama ou GBT — vérification d’identité).
- L’officier doit rendre compte à sa hiérarchie : « Nous avons contrôlé 500 véhicules et 1200 personnes ce soir ». C’est ce chiffre-là qui prouve que le gendarme a « tenu le terrain ».
- Le cas de la circulation (Trafik Jandarması) : C’est le domaine où la pression du chiffre ressemble le plus à la France.
- La Turquie a un taux de mortalité routière élevé. Le commandement fixe des objectifs drastiques de réduction des accidents.
- La logique inversée : Si les accidents augmentent dans une zone, la hiérarchie en déduit que les contrôles sont insuffisants. L’ordre tombe alors d’augmenter la répression.
- Les radars : Contrairement à la France où les radars sont souvent dissimulés (logique de piégeage/rentabilité), la Jandarma privilégie la visibilité (gyrophares allumés, panneaux d’avertissement). Pour le conducteur fautif et distrait, l’amende tombe, mais l’objectif premier affiché est d’affirmer l’autorité de l’État.
Dans une logique de prévention, on voit ici la Jandarma mettre en garde les gens contre les dangers d’une activité pas forcément illégale mais toujours risquée, la pratique des paris et des jeux d’argent :
Jandarma — mise en garde contre les jeux d’argentcliquer pour déplier
Ce que dit la vidéo :
« J’ai encore perdu.
Si je rejoue, est-ce que je gagnerai ?
Essaie encore une fois !
Tu peux récupérer ce que tu as perdu.
Les paris ou les jeux d’argent ne consument pas seulement votre portefeuille, mais ils détruisent aussi votre famille, votre tranquillité et votre avenir.
Ne tombe pas dans ce piège, tiens-toi éloigné de cette habitude dont l’issue est la perte ! »
Pour le respect des règles de sécurité en voiture, le gendarme prend volontiers l’attitude du grand frère. Ici avant l’une des deux fêtes de bayram en Turquie, le gendarme s’adresse aux « chers conducteurs » et conclut son message par le slogan : « la fête de bayram ne peut se faire sans toi ».
Jandarma — « la fête ne se fait pas sans toi »cliquer pour déplier
La fin du dialogue :
- Gendarme : Je crois que ton ami te dit de mettre ta ceinture de sécurité.
- Conducteur : Ah… vous… Mon commandant, je la mets tout de suite.
- Gendarme : Chers conducteurs, n’attendez pas que vos amis ou les forces de l’ordre vous avertissent. Mettez vos ceintures de sécurité. Cette fête ne peut se faire sans toi.
Vis-à-vis des aînés, l’institution change de visage et montre une inversion totale des rapports usuels d’autorité, alliant respect et affection. Des gendarmes en tenue blanche remercient ici une teyze — une « tante », ce mot de parenté qu’on donne à toute femme âgée et qui dit déjà que le lien n’est pas administratif mais familial. Elle leur a tricoté des bonnets. Comme auparavant avec les lettres des enfants, le gendarme accepte de recevoir plutôt que de seulement donner, et exprime sa reconnaissance de façon filiale. La terre de Turquie, par les mains d’une vieille femme, rend au gardien la chaleur qu’il lui donne en la veillant. Le lien organique cesse d’être une idée ; il devient un échange réel de soin, dans les deux sens. La teyze est le visage maternel du sol, et le jeune homme qui la remercie avec des mots particulièrement touchants en est le fils.
Jandarma — les bonnets de tante Sabahatcliquer pour déplier
« Ma précieuse tante Sabahat, aujourd’hui ici, nous n’avons pas seulement réceptionné un paquet ; nous avons reçu en dépôt une chose très précieuse renfermant de l’amour, des prières et de la compassion maternelle.
Ces bonnets que tu as tricotés de tes mains ont réchauffé non seulement la tête de nos soldats (mehmetçik), mais surtout leur cœur.
Ma tante dévouée, que ton cœur soit serein, que tes prières soient perpétuelles.
Ces bonnets que tu as tricotés sont désormais pour nous de véritables armures.
Ton dépôt est la couronne sur la tête de tes enfants. Nous te remercions. »
Traduction des paroles de la vieille dame :
« Que mon droit vous soit acquis (je vous donne ma bénédiction). Que Dieu soit satisfait de vous tous. »
Traduction des mots d’accompagnement écrits par la vieille dame :
« Mon cher fils, j’espère que ce bonnet que j’ai envoyé ajoutera un surplus d’amour et de compassion à ce saint uniforme que vous portez, je suis fier de toi. Vous êtes nos héros. Soyez confiés à Dieu. »
Notes :
Dans la société turque, les termes de parenté ne sont pas limités à la famille de sang. Une femme âgée appellera naturellement tout homme plus jeune « oğlum » (mon fils) ou « evladım » (mon enfant).
Soldat en turc se dit asker dans son sens le plus général. Le mot mehmetçik employé ici par le jeune gendarme est spécifique au soldat turc et exprime la plus grande affection.
L’attitude des gendarmes envers cette teyze n’est en rien une exception. Il en existe de nombreux autres exemples, comme cet autre, un jour de Bayram dans un village : deux gendarmes qui viennent s’asseoir à la table d’un vieil homme resté seul, non parce qu’il serait leur père, mais parce que la nation, par eux, refuse de le laisser sans fils au jour de la fête — « les gendarmes aussi sont vos enfants », écrit la Jandarma. Filiation non du sang mais du service, et peut-être la plus haute, car nul ne l’a reçue, mais tous l’ont choisie. On remarquera le baiser des gendarmes sur la main du vieil homme, geste très courant en Turquie traditionnelle pour marquer le respect et l’affection.
Jandarma — « les gendarmes aussi sont vos enfants »cliquer pour déplier
Les gendarmes aussi sont vos enfants… Certains d’entre nous sont de service, d’autres sur la route, certains encore sont de service au point le plus éloigné de la patrie… Mais nous sommes toujours aux côtés de notre nation, dans la même prière et dans la même joie de bayram. Joyeuses fêtes, Turquie ! Joyeux bayram.
Paroles de la vidéo :
Nous savons pourquoi ces rides marquent ton visage. Nous savons pourquoi l’attente a mis des fils blancs à ta barbe et à tes cheveux. C’est le moment, en ce monde, des douces conversations qu’apporte la réunion, dissipant le manque. Tu as embrassé de nombreuses mains. Tu as vu de nombreux Bayram. Tu souhaites que ta main soit embrassée à son tour. Et le calendrier a usé le papier. Tu t’es retrouvé un peu plus seul ce Bayram. Ce mot sacré que Dieu nous a confié : Bayram. Qu’il reste en héritage à ceux qui survivent. Et qu’ils vivent longtemps. Qu’ils voient de nombreux Bayram.
L’enfant qu’on accompagne, l’adulte qu’on conseille avec bienveillance, la vieille femme qui offre la chaleur de ses tricots, sont le visage humain de la terre. Sans eux, l’amour du paysage resterait abstrait ; avec eux, il devient ce qu’il doit être — un amour des personnes, dont le pays n’est que la demeure.
Faire vivre l’homme
On pourrait croire que ces gestes de bienveillance et d’affection relèvent de la seule bonté des hommes en uniforme, d’une délicatesse personnelle ajoutée à leur mission. Ce serait incomplet. Ils relèvent aussi d’une doctrine, et cette doctrine a été présentée, cette année même, au plus haut niveau de l’État.
Lors d’un iftar partagé en présence du président de la République, le ministre de l’Intérieur Mustafa Çiftçi, qui était auparavant gouverneur d’Erzurum, a défini la conception turque de la sécurité. Pour la fonder, il n’a pas cité un stratège ni un juriste, il a cité Yunus Emre. Or il n’est pas un profane empruntant un vers pour l’occasion, mais un diplômé de théologie, hafız lui-même : il parle la langue de Yunus Emre. Le poète enseigne que celui qui a brisé un cœur, fût-ce une seule fois, voit sa prière perdre toute valeur, et qu’aucune piété formelle ne rachète la blessure faite à un être humain. De là, dit le ministre, une sécurité « forte mais miséricordieuse, déterminée mais juste » : car gagner les cœurs est la voie la plus sûre vers une paix qui dure. Que ce soit Yunus Emre qui serve de socle à la doctrine de l’ordre n’est pas un hasard rhétorique, c’est le signe que toute cette lecture spirituelle de l’institution n’est pas une projection poétique sur l’uniforme : l’État lui-même se pense dans ces termes.
Rendons la tâche facile,
Aimons, soyons aimés,
Le monde ne restera à personne.
Le ministre a ajouté un second appui, plus ancien encore, qui touche au cœur de notre propos. Şeyh Edebali, le derviche qui fut, selon la tradition, le conseiller du fondateur de la dynastie ottomane, aurait laissé cet adage que tout Turc connaît : « Fais vivre l’homme, pour que l’État vive. » La légitimité de l’État ne repose pas sur la contrainte, mais sur le soin pris de ses hommes. Et le ministre en tire la formule qui pourrait servir de devise à tout ce texte : le chemin qui transforme un territoire en patrie passe par le fait de faire vivre l’homme.
Qui est le ministre Mustafa Çiftçi ?cliquer pour déplier
Mustafa Çiftçi a été nommé à l’Intérieur en février 2026, après avoir gouverné Çorum puis Erzurum. Avant la haute administration, il est passé par la faculté de théologie d’Ankara ; il est hafız — il a mémorisé l’intégralité du Coran — et a remporté en 2024 un concours national de récitation. Que l’État confie la sécurité intérieure — police, gendarmerie, garde-côtes — à un homme de cette formation en dit déjà long sur la manière dont il conçoit la charge.
Mustafa Çiftçi est souvent cité pour l’attention qu’il montre envers les plus humbles. Lorsqu’il était gouverneur d’Erzurum, il a par exemple pris en charge la situation d’une vieille femme, Asiye Nine, et s’est personnellement impliqué pour qu’elle puisse accomplir son petit pèlerinage à la Mecque, en réglant les détails administratifs et financiers. On le voit lui en faire l’annonce dans la vidéo qui suit. Asiye Nine manifeste une grande joie, une grande reconnaissance et une affection très tendre envers le gouverneur. Quand Mustafa Çiftçi lui demande de ne pas l’oublier dans ses prières, elle lui répond « Sen de beni unutma », « Toi non plus ne m’oublie pas ». Plus tard, aux obsèques d’Asiye Nine, on voit le futur ministre prier pour la défunte, porter son cercueil et descendre lui-même dans la tombe, la pelle à la main.
Sabah — Mustafa Çiftçi et Asiye Ninecliquer pour déplier
Référence des propos du ministre cités dans le texte : youtu.be/Azt5WJ8JHTc
Une terre ne devient pas une patrie parce qu’on la tient ; elle le devient parce qu’on y fait vivre les hommes. Cette idée rejoint une notion que tout le monde connaît en Turquie : devlet baba, « l’État-père ». Le citoyen ne fait pas face à une administration ; il se sait dans une famille, sous la garde d’un père qui doit le protéger et lui permettre de subvenir dignement à ses besoins. Ce n’est pas un père qui commande arbitrairement, mais un père qui fait vivre — au sens exact d’Edebali. Quand il s’accroupit près d’un enfant à Batman, le gendarme incarne l’État-père dans son rôle premier. Quand il remercie une vieille femme à la montagne, il reconnaît que la légitimité de cet État tient à sa filiation par rapport à la nation ancestrale, et donc au respect sacré des anciens.
Tenir le sol n’est rien en soi ; rassembler ceux qui l’habitent, les faire vivre, en faire un peuple — c’est cela, faire d’un territoire une patrie. Le gendarme, en passant de terre en terre, ne fait pas que relier des régions administratives : il reçoit, il reconnaît, il transmet, et relie ainsi les hommes, en respectant leur bonne nature. C’est par lui que la diversité des terroirs devient l’unité d’un même peuple.
Une doctrine peut certes ordonner un geste, mais elle ne saurait l’inspirer. L’État ne fabrique pas la tendresse du gendarme. Il permet l’expression de ce qui est déjà en lui. Le gendarme ne joue pas un rôle de composition. Il suit des règles, mais reste lui-même. La consigne ne se substitue pas à l’homme ; c’est l’homme qui s’y accomplit. Ici se rejoignent pour le gendarme l’humanité et le devoir, la disposition que la terre et la foi ont déposée en lui, et l’ordre que l’institution lui transmet. Le penchant du cœur et le devoir commandé ne sont plus que les deux voies d’un même accomplissement humain.
Ce qui tient l’homme
Reste une question fondamentale. Qu’est-ce qui tient un homme debout, seul, en tenue blanche fondue dans la neige, sur une crête frontalière où le froid et la solitude useraient les plus endurants ? Plus généralement, qu’est-ce qui le tient debout loin de la vie sociale des grandes villes, jour après jour, toujours prêt à protéger le pays et sa population ?
Jandarma — Şırnak, ce qui tient l’hommecliquer pour déplier
La Jandarma répond elle-même dans le texte de cette vidéo, et sa réponse n’est pas celle d’une caserne : « La prière de notre Nation, la foi en nos cœurs, et la chaleur de l’amour de la Patrie qui nous habite, nous suffisent pour vaincre toutes les difficultés. » Ce qui tient l’homme n’est pas la discipline du règlement ni la seule robustesse du corps : c’est une prière, une foi, une chaleur. L’institution ne parle pas ici le langage du règlement, mais celui du cœur, celui de Yunus Emre.
Car c’est tout l’héritage de Yunus Emre que cette phrase réveille. Sept siècles plus tôt, le poète errant d’Anatolie avait fait de l’aşk — l’amour, et d’abord l’amour divin — la substance même de l’âme, le seul ressort capable de tout vaincre. Il avait fait du gurbet, l’exil, la condition fondamentale de l’homme : l’âme étrangère ici-bas, loin de son origine, qui brûle d’un retour. Or que fait le gendarme sur une crête neigeuse sinon vivre, à la lettre, le gurbet ? Loin des siens, posté au bout du pays, dans le froid d’une terre qui n’est pas la sienne de naissance, il est l’incarnation de l’exilé de Yunus Emre. Ce qui le soutient dans cet exil est exactement ce que Yunus décrivait : un amour qui dépasse le corps et les peines, une chaleur intérieure que le gel ne pénètre pas.
Yunus Emre nous éclaire encore sur un point délicat. Cette « chaleur de l’amour de la Patrie » — vatan sevgisi —, comment l’entendre sans tomber dans le culte du sol, cette idolâtrie de la terre où des nations ont sombré ? La réponse est dans la hiérarchie même que Yunus Emre a posée. Chez lui, l’amour de la créature n’est jamais l’amour dernier : il est le chemin vers l’amour du Créateur. Aimer la patrie, dans sa pensée, n’est pas faire du sol un absolu ; c’est aimer une terre parce qu’elle est signe, parce qu’à travers sa beauté transparaît Celui qui l’a faite. La foi vient d’ailleurs en premier dans la phrase de la Jandarma — yüreğimizdeki iman, la foi en nos cœurs — et l’amour de la patrie ne vient qu’ensuite, animé par elle, ordonné à elle. Le sol n’est pas une idole ; il est le lieu où l’on sert ce qui le transcende.
Dans la belle déclaration de la Jandarma apparaît un autre élément fondamental. L’emploi répété du « nous » rappelle que le gendarme n’est pas seul. Derrière chaque silhouette avançant dans la neige se tient un corps, au double sens du mot : le corps de ses frères d’armes, et l’institution tout entière qui les rassemble. Lorsque les gendarmes se filment, d’un bout à l’autre du pays, pour souhaiter une bonne fête au pays, ils appuient toujours sur ce même mot : biz, « nous ». Biz görevdeyiz — nous sommes en service. Le voyage du gendarme n’est pas une errance solitaire ; il se fait dans un nous. La foi le tient par le haut, ses frères se tiennent, et le tiennent, à ses côtés. Ce biz est la racine d’un mot connu des gendarmes : bizden, « être des nôtres ». Appartenir à ce corps, c’est cela aussi qui tient un homme debout.
Jandarma — « nous sommes partout en service »cliquer pour déplier
Il ne faut pas se méprendre sur la douceur que nous avons mise en évidence jusqu’à présent. Le gendarme n’est pas seulement l’homme qui contemple et qui veille : c’est aussi un homme de force, d’armes, fait pour le combat s’il le faut. C’est précisément ce qui donne à sa tendresse tout son poids. La bienveillance de celui qui ne pourrait pas agir autrement n’est qu’impuissance ; celle de l’homme qui pourrait contraindre et qui choisit de guider, d’accompagner, de soutenir, est d’un tout autre ordre, car c’est une force qui se retient. Du strict point de vue de l’efficacité immédiate, l’amour pourrait se passer de la force ; mais une force réelle, maîtrisée, mise au service de l’amour et tenue en bride pour lui, est justement ce qui donne à l’amour sa solidité. Le gendarme qui s’accroupit près d’un enfant ou s’incline devant un aîné n’est pas un homme désarmé qui n’aurait que sa gentillesse : c’est un homme fort qui ne se définit pas par sa seule force. Sa douceur est celle du puissant — la seule qui protège vraiment, parce qu’elle saurait aussi, le moment venu, combattre.
La terre qui se souvient
Le gendarme ne traverse pas que l’espace du pays ; il en traverse aussi le temps. Cette terre n’est pas seulement vaste, elle est ancienne, et lourde de ceux qui sont tombés pour elle. La garder, c’est entrer dans une longue lignée de gardiens, et recevoir d’eux un dépôt.
La Jandarma l’a mis en images d’une manière saisissante. À Çanakkale, en 1915, le commandant du bataillon mobile de gendarmerie de Gelibolu tomba au front d’Anafartalar. Plus d’un siècle après cette bataille décisive où s’est joué l’avenir même du pays, l’institution lui a consacré un court film : on y voit l’officier de 1915, en uniforme d’époque, tendre de sa main un message à deux gendarmes d’aujourd’hui. Le geste est littéral — un objet qui passe de main en main, par-dessus cent dix ans. Le gendarme de notre temps reçoit du gendarme de 1915 ce que celui-ci aura porté jusqu’au bout ; et le film se referme sur le gendarme d’aujourd’hui qui salue celui d’hier.
Jandarma — Çanakkale, le message de 1915cliquer pour déplier
Ce que cette scène montre, un vers le dit dans le chant de Yolcu : l’homme meurt, mais son âme ne meurt pas. La foi musulmane l’affirme du martyr — qu’il n’est pas mort, mais vivant. Ce que le gendarme tombé en 1915 a confié peut encore être reçu. Et cette fois, c’est la détermination absolue du gendarme turc face à un éventuel ennemi qui est exprimée sans détour :
« Que les grandes puissances se pressent à nouveau aux portes de notre patrie millénaire. Qu’elles mettent à l’épreuve la puissance du Turc. Nous ferons encore le rappel, à quiconque aurait oublié.
Commandant du bataillon de gendarmerie mobile de Gallipoli, le Capitaine Martyr Kadri Efendi.
1915, Kireçtepe. »
La Jandarma a placé sous une autre de ses images les mots d’un poème que tout Turc connaît, Bu vatan kimin — « à qui est cette patrie ? » —, dû à Orhan Şaik Gökyay. La réponse du poète est sans détour : cette terre appartient à ceux qui, tout au long de l’Histoire, se sont donnés pour elle. La patrie n’est pas à qui l’habite par hasard ; elle est à qui est prêt à en payer le prix. Le gendarme qui veille aujourd’hui sur une crête enneigée honore cette dette. Il garde une terre que d’autres, avant lui, ont défendue jusqu’à la mort. Il la préserve afin d’à son tour la transmettre.
Voici une interprétation chantée du poème :
« Bu vatan kimin » — traduction des parolescliquer pour déplier
« Cette patrie est à ceux qui, dans le sein noir de sa terre,
se dressent, immuables, pareils aux chaînes de montagnes ;
à ceux qui, tout au long d’une histoire, pour elle,
se sont eux-mêmes livrés à l’Histoire.
Elle est à ceux qui, se ruant en avant comme un torrent,
frappés en pleine poitrine, en hommes véritables,
sont entrés dans cette terre noire
comme on entre dans une roseraie.
Ô mon Gökyay, quoi que j’écrive, jamais je n’en dirai trop ;
cet amour n’est pas une parole creuse :
elle est à ceux qui, comme toi, ont vu l’ennemi —
non point en rêve, mais à la gueule du canon. »
Ainsi le voyage du gendarme révèle-t-il une seconde profondeur. Il ne parcourt pas seulement les terres de la patrie dans l’espace, d’Edirne à Hakkari ; il en parcourt aussi le temps, maillon d’une chaîne de gardiens farouches dont il est, pour un moment, le dernier. Voyageur de l’étendue, il est aussi voyageur des siècles.
Une magnifique vidéo réalisée par la Jandarma au lac de Van pour son 187ᵉ anniversaire qui vient d’être fêté en juin 2026, illustre cette fois de façon paisible la continuité de sa mission à travers le temps :
« Cette garde sacrée a débuté sous la lumière d’un croissant.
Depuis 187 ans, avec la même conviction, dans la même direction.
Sur les traces s’étendant du passé vers l’avenir, nous avons avancé pas à pas avec l’amour de la patrie.
Hier, nous avons parcouru ces terres avec honneur.
Aujourd’hui, avec le même esprit, nous sommes à notre poste.
Nous sommes toujours prêts, aux ordres de notre nation.
Le dépôt sacré des siècles repose sur nos glorieuses épaules.
Nous le portons vers l’avenir avec assurance.
Le glorieux souvenir de notre passé.
La garantie inébranlable de notre avenir.
Depuis 187 ans, le même esprit, le même devoir.
La Gendarmerie a 187 ans. »
Retour au voyageur
Après ce vaste panorama déployé pour présenter la Jandarma, nous pouvons revenir au propos de départ, le chant du Yolcu et son lien profond avec l’institution. Les autres chants que nous avons écoutés sont rivés à un lieu, celui de Kıraç à la montagne anatolienne, Oy Puşilim à la chaîne pontique ; les vers qui disent les morts de Çanakkale sont rivés par le sang à une terre et à une date. Yolcu survole et domine tout cela. Il chante le passant, l’homme né d’une mère, jeté dans le monde, déjà en chemin vers une fin. Son sujet n’est ni une terre ni une époque : c’est la condition de celui qui traverse. Et le gendarme est de ceux qui traversent. Yolcu est un mouvement et une voie, dans tous les sens du terme.
Le gendarme est un voyageur selon les trois plans parcourus dans le présent texte. Il traverse l’espace de la patrie, d’une affectation à l’autre, épousant tour à tour la cascade du Sud-Est et la neige pontique. Il traverse le temps, héritier du gendarme tombé en 1915, maillon d’une chaîne de gardiens qui le précède et le suivra. Et il traverse la vie, né d’une mère comme le yolcu du chant, en route vers la fin que nul n’évite, l’âme qui ne meurt pas. Sa mutation d’un poste à l’autre, au fil des années, n’est que la forme visible et terrestre d’une condition que le poème proclame : nous sommes des passagers, affectés ici-bas pour une saison, et appelés ailleurs.
Si belle qu’elle soit, la terre n’est pas un absolu, elle est un signe et une épreuve. Yunus Emre l’a dit mieux que personne : on aime la créature à cause du Créateur. La montagne, la cascade ou la côte sont aimables non pour elles-mêmes, mais pour Celui qui les a faites ; l’homme que la beauté du sol et le message des anciens ont façonné est grand parce qu’il regarde au-delà de la terre. Le gendarme est le point où se croisent trois lignes : l’étendue des terres qu’il parcourt, la profondeur des siècles dont il hérite, et la hauteur de l’âme qui, sous l’uniforme, demeure celle d’un voyageur en marche vers son origine. Les deux premières le déploient dans le monde créé ; la troisième l’ouvre vers Celui qui l’a fait.
C’est cette troisième ligne, l’ouverture vers le haut, qui donne à la mission du gendarme son assise dernière. S’il veille, ce n’est pas seulement par obéissance ou amour du sol : c’est qu’il se sait tenu par des valeurs qui le précèdent et le dépassent. Ces valeurs sont l’ouvrage lent d’un peuple qui, en parcourant ses terres et en traversant les siècles, a recueilli d’en haut un message et l’a peu à peu traduit en une manière d’être et de servir. L’étendue et la durée en ont rassemblé la substance, la hauteur en a défini le sens. Le gendarme n’obéit pas à un code venu d’ailleurs, il hérite d’une fidélité plus ancienne que lui, et c’est elle qu’il sert au plus profond de lui.
Ainsi entendue, la célébration par la Jandarma du chant du voyageur, du yolcu, de la voie partagée — yolumuz, notre voie — est un signe de compréhension profonde du sens de sa mission. C’est la traduction d’un idéal, d’un horizon vers lequel le gendarme tend jour après jour, qui rassemble les terres diverses en une seule patrie, et les générations séparées en une seule histoire. Rassembler n’est pas encore le mot le plus juste, car le gendarme voyageur ne pose pas les terres côte à côte, ni les époques bout à bout, comme les pièces inertes d’une mosaïque. En faisant circuler ce que lui-même reçoit d’elles, il les féconde les unes par les autres. Ainsi ne fait-il pas que rassembler la patrie : il la rend féconde.
Un serment de cœur
« Je jure sur mon honneur :
De servir ma nation et ma république avec droiture et amour (muhabbet), en temps de paix comme en temps de guerre, sur terre, sur mer et dans les airs, en tout temps et en tout lieu ;
D’obéir aux lois, aux règlements et à mes supérieurs ;
De tenir l’honneur du métier des armes et la gloire de l’étendard turc pour plus chers que ma propre vie ;
Et, si nécessaire, de sacrifier de tout cœur ma vie pour la patrie, la république et le devoir. »
Ce serment confirme, par le choix de ses mots, que la voie du gendarme turc se veut une voie d’amour. Certains gendarmes l’ont tenue jusqu’au bout. La Jandarma ne les oublie pas : elle veille avec affection sur les tombes de ses martyrs, visite leurs familles, honore ses anciens combattants — car les legs des gendarmes tombés et la fierté des vétérans sont, dit-elle pour accompagner la vidéo qui suit, sa couronne. La boucle se ferme là : le dépôt que le gendarme reçoit du passé, il s’engage, par ce serment, à le porter à son tour — fût-ce au prix de sa vie.
J’ai choisi ces images pour finir ce texte sur la Jandarma pour l’émotion, pour ce léger serrement de cœur, que j’ai ressentis en les visionnant. Tout homme est un voyageur, un yolcu selon les mots de Neşet Ertaş, et seule la distraction de la vie le lui fait parfois oublier. Mon propre voyage est passé par la Turquie, à une époque déjà lointaine. Les souvenirs m’en sont revenus à la vue des gendarmes en visite dans ces familles simples qui sont l’âme d’un peuple. Une nuit d’hiver, le froid glacial, la neige couvrant l’Anatolie… la route gelée qui défilait, blanche dans la lumière des phares, l’obscurité persistante au-delà, et un réservoir presque vide. Puis un espoir incrédule, porté par de faibles lumières aperçues à l’écart de la route, à quelques kilomètres dans la montagne. Et comme une soudaine évidence, l’accueil dans une famille, tous serrés autour d’un poêle dans une minuscule pièce, seul endroit chaud d’une petite maison. Un repas offert en partage, un lit chauffé avant le coucher, une langue inconnue, mais un langage commun, et l’étrange impression d’être rentré à la maison.
Les gendarmes turcs sont les fils et les filles de familles comme celle qui m’a jadis accueilli par une froide nuit d’hiver. Si je me suis retrouvé à la maison parmi eux, c’est parce que mon aventure passée a gravé à jamais au fond de moi le sens du mot bizden.
Ultrak, le 20 juin 2026
Meslek: Jandarma — Bir toprak sevdası, bir insan sevdası
“Jandarmalar da sizin evlatlarınızdır” diye yazıyor Türk Jandarması, bayram günü tek başına kalmış yaşlı bir adamın fotoğrafının altına. Şarkıları, manzaraları ve şehitleri aracılığıyla; 1839’da, dönemin Fransız modelini de inceleyerek kurulmuş bu kardeş kurumun kalbine ve gözettiği toprağın ruhuna bir yolculuk.
Bu yazının kaynağında, adı bir kimlik formundaki “Meslek: Jandarma” kaydını andıran Profession Gendarme sitesinin sahibi ve eski bir Fransız jandarması olan Ronald Guillaumont ile yaptığım bir sohbet var; kendisine, Türkiye’de jandarmalarla yaşadığım bir karşılaşmadan söz etmiştim. “Bundan bir yazı çıkar” dedi. Ben de konuya daldım; Fransız jandarması ile onun Türk muadili olan —tam da 1839’da, dönemin Fransız modelini de inceleyerek kurulmuş olan— Jandarma’yı, benzerlik ve farklılıklarıyla inceledim. Bu yazıyı baştan, Jandarma’yı hiç tanımayan Fransız okur için yazdığımdan, onu yer yer Fransız Jandarmasıyla karşılaştırdım.
Daha yazının ilk satırlarında, konuyu daha içten, daha kişisel bir açıdan ele almak istediğimi fark ettim. Nitekim Türkiye’de jandarmalarla son zamanlarda kurduğum temaslarda —kimi trafik kontrollerinde, kimi de jandarma karakollarına ansızın davet edildiğim anlarda— gerçekten de bir şefkat, insanî sıcaklıkla yoğrulmuş bir ilgi, güçlü bir görev ve sorumluluk bilinci hissettim.
Bunun mutlu bir tesadüf mü, yoksa köklü bir meslek ahlakının ürünü mü olduğunu merak ettim. Bu yüzden Jandarma’nın kurumsal iletişimini yakından inceledim. Sayısız paylaşımın arasında, onun jandarmalık mesleğini insanî boyutuyla nasıl kavradığını aradım. Örnek nitelikte olmasına rağmen operasyonel çalışmalara girmek istemedim; zira Fransa ile Türkiye aynı profesyonelliği paylaşır.
Bir mesleğin icrası, içinde yer aldığı genel kültürel bağlamdan ayrı düşünülemez. Ben de ülkenin ruhunu; ideallerine, halkına, manzaralarına ve müziğine dair bildiklerim üzerinden ortaya çıkarmaya çalıştım. Önceden çizilmiş bir plana bağlı kalmadan, eksiksizlik gibi bir iddia da gütmeden, kendimi ilhamın gelişine bıraktım. Belli bir öznellikten çekinmiyorum; hatta onu sahipleniyorum, çünkü bu yazı aynı zamanda bir dostluğun ifadesidir. Umarım okur, burada zihnini besleyecek bir şeyler bulur; jandarma ise mesleğinin bütün asaletini görür.
Yolcu
Anadolu’da herkesin bildiği, ama her zaman adını anmadığı bir türkü vardır. Neşet Ertaş o türküde insanı bir yolcu diye anar. Buradaki yolcu, sıradan bir gezgin değildir: kendini bir yere ait olmakla değil, yolda olmakla, durmaksızın devam eden bir hareketle tanımlayan insandır; bir yere çakılıp kalmış, yerleşik olanın tam karşıtıdır. Anadan doğmuş, bir an için dünyaya bırakılmış ve daha o an başka bir yere doğru yola koyulmuş olan insan. Ondan tam yedi yüzyıl önce, aynı şeyi Yunus Emre söylemişti; hem de âlimlerin Arapçasıyla değil, toprağın diliyle, köylünün Türkçesiyle. Tanrı’yı ve ruhun gurbetini ilk kez bu dilde dile getiren odur. Peygamber’in bir sözünü —bu dünyada “bir garip ya da gelip geçen bir yolcu gibi” olmak— alıp şiirinin kalbine yerleştirmiştir: insan burada bir garip‘tir, ömrü ise sonu bir dönüş olan bir yolculuk.
Bu yol sözünü Jandarma sık sık kendisi için de sahiplenir. Bulutların üstünde, bayrağın önünde hareketsiz duran üç jandarmasının fotoğrafının altına şöyle yazar: Bizim Yolumuz. Bu yolun nereye çıktığını da ekler: vatan sevdasına çıkar. Kurum bu bağlılığı çoğu zaman sevgi diye anar — sakin, ölçülü bir duygu; oysa burada sevdayı seçmiştir: aşk türkülerinin o yakıcı sözünü. Jandarmanın yolu, demek ister böylece, bir vatan sevdasıdır. Bu sevdanın türlü yüzlerini, Jandarma’nın kendini gösterdiği kareler ve benim de Türkiye’de bizzat tanık olduklarım üzerinden, tek tek keşfedeceğiz.
Bu yol, çok somut bir güzergâhla başlar. Jandarma her gün görev yaptığı bölgeyi karış karış dolaşır; bir meslek hayatı boyunca da bir tayinden ötekine sürekli yer değiştirir — bozkır, sonra dağ, sonra ıssız hudut. Bu toprakları, kendisine verilen görev süresince birer birer kucaklar, sonra bırakıp gider. Böylece hiçbir yerleşik insanın yapamayacağı şeyi yapar: birbirine bağlar. Sivas’ı Rize’ye, Rize’yi Batman’a — silah arkadaşlarınca sonsuzca tekrarlanan bu geçiş, o birbirinden uzak toprakları tek tek örer. Onlara bir bütünlük kazandıran, işte bu yolcudur.
Böylece birleşen toprak; güzelliğiyle, heybetiyle, üzerinde yaşayanların meziyetleri ve içlerinde taşıdıkları değerlerle, jandarmanın yolculuğuna yalnızca maddi değil, manevi bir anlam da katar. Kurum bunu bilir ve bunu utangaç bir edayla dile getirir; nitekim şu videoda, jandarmalar muhteşem manzaralar içinde devriye gezerken arka planda Neşet Ertaş’ın o meşhur türküsü Yolcu duyulur:
Bir anadan dünyaya gelen yolcu
Görünce dünyaya gönül verdin mi
Yolcu — türkünün tamamı, etkileyici görüntüler eşliğindeaçmak için tıklayın
Bir anadan dünyaya gelen yolcu
Bir anadan dünyaya gelen yolcu
Görünce dünyaya gönül verdin mi
Görünce dünyaya gönül verdin mi
Kimi böyük, kimi böcek, kimi kul
Kimi böyük, kimi böcek, kimi kul
Marak edip heçbirini sordun mu
Bunlar neden nedenini sordun mu
İnsan ölür ama uruhu ölmez
İnsan ölür ama uruhu ölmez
Bunca mahlukat var heç biri gülmez
Bunca mahlukat var heç biri gülmez
Cehennem azabı zordur çekilmez
Cehennem azabı zordur çekilmez
Azap çeken hayvanları gördün mü
Azap çeken hayvanları gördün mü
İnsandan doğanlar insan olurlar
İnsandan doğanlar insan olurlar
Hayvandan doğanlar hayvan olurlar
Hayvandan doğanlar hayvan olurlar
Hepisi de bu dünyaya gelirler
Hepisi de bu dünyaya gelirler
Ana haktır sen bu sırra erdin mi
Ana haktır sen bu sırra erdin mi
Vade tekmil olup ömrün dolmadan
Vade tekmil olup ömrün dolmadan
Emanetçi emanetini almadan
Emanetçi emanetini almadan
Ömrüyün bağının gülü solmadan
Ömrüyün bağının gülü solmadan
Varıp bir canana ikrar verdin mi
Varıp bir canana ikrar verdin mi
Garip bülbül gibi feryat ederiz
Garip bülbül gibi feryat ederiz
Cehalet elinde küskün kederiz
Cehalet elinde küskün kederiz
Hep yolcuyuz böyle gelir gideriz
Hep yolcuyuz böyle gelir gideriz
Dünya senin vatanın mı yurdun mu
Dünya senin vatanın mı yurdun mu
Askerî feragat: Neşet Ertaş’ın şiiri, fiziksel dünyanın gelip geçiciliğini vurgulayarak bu görüntülere bir feragat boyutu kazandırır. Ülkenin sarp ve ıssız bölgelerinde görev yapmak, jandarmadan bir dayanıklılık ve her türlü mahrumiyeti tümüyle kabullenmeyi ister. Yalıtılmışlık ve arazinin çetinliği katlanılan şeyler değildir; görev ve fedakârlığın felsefi bir kavranışının içine yerleştirilmiştir. Jandarma görevini, millete adanmış manevi bir yeminin ağırbaşlılığıyla yerine getirir.
Türkü söyleyen toprak
Türkiye çok geniş bir ülkedir. Yaklaşık 783.000 kilometrekare —Fransa’nın bir buçuk katı—, batıdan doğuya bin altı yüz kilometre, tek parça hâlinde iki kıta. Yüksek bir ülkedir: ortalama rakımı bin metrenin üzerinde; 5.137 metreye ulaşan Ağrı Dağı gibi kütleler, uçsuz bucaksız bozkırlar, Karadeniz’in durmadan suladığı ormanlar, ancak yürüyerek girilebilen vadiler. Bu toprağın büyük bölümü el değmemiş kalmıştır; insansız, kayaya, suya ve rüzgâra terk edilmiş.
İşte Jandarma’nın koruduğu alan tam da burasıdır. Sorumluluk bölgesi Türkiye topraklarının yüzde doksan ikisini kapsar, ama nüfusun ancak üçte birinden biraz fazlasını: onun sahası şehir değil, kırsaldır; dağdır; ıssız ve yabani huduttur. Her yerde hazır ve nazırdır: ülkenin seksen bir ilinin her birinde bir il jandarma komutanlığı bulunur. Jandarma bunu göstermeyi sever; nitekim geçtiğimiz bir bayram gününde, ülkenin dört bir yanında nöbet tutan mensuplarını, İçişleri Bakanı Mustafa Çiftçi’nin tebriklerini alırken görüntülemiştir. Video, toprağın çeşitliliğine örnek olsun diye seçilmiş on üç ili bir araya getirir: Edirne’nin Trakya ovaları ile Hakkari’nin karları, Muğla’nın lagünü ile Kapadokya’nın peri bacaları, Sinop’un kıyısı ile Tunceli’nin yaylaları, Van ve Iğdır’ın uçları. Anadolu yarımadasının dört bir yanına, ta Balkan yarımadasının ucuna dek dağılmış tek bir varlık.
Jandarma — Bakan Çiftçi’nin bayram tebriki, ülkenin dört bir yanındanaçmak için tıklayın
Jandarma çoğu zaman tek başına, ya da bir arkadaşıyla, kendisini aşan bir manzarayla baş başa kalır. Bir kaya duvarından dökülen bir şelale, karın örttüğü bir yol, yemyeşil çayırlar. Bir süreliğine —bir tayin süresince— oraya yerleştirilmiştir; keşfeder, öğrenir, içine çeker; ve o heybetli doğa sonunda dile gelir. İnsan ile nöbet tuttuğu toprak arasındaki, görünüşte sessiz olan bu karşılaşmadan müzikler ve türküler yükselir.
İşte Jandarma’nın videolarında rastladığım, bu denli geniş bir ülkenin çeşitliliğinin ancak bir bölümünü yansıtan iki örnek. Güneydoğuda, Diyarbakır’da, Jandarma Şeyhandede Şelalesi çevresinde devriye gezen mensuplarını görüntüler; metnin de belirttiği üzere, bunlar “vatandaşlarımızın huzur ve güvenliğinin sağlanması ile doğal yaşamın korunmasına yönelik önleyici kolluk devriyeleri”dir.
Altın renkli sazların arasından kayaya çarparak dökülen suyun görüntüleri üzerine, Kıraç’ın sesiyle Anadolu yaylalarının eski bir türküsü yükselir: yüce bir dağın başında bir ışık yanar, onu gören ona âşık olur; ne o ışığı zirveden indirebilir, ne sevdiğinin gönlünü çelebilir; çıkar gider ve ardından ağlamasını ister sevdiğinden. Ta yukarıdaki o erişilmez aydınlık, sevgilidir; ama dağın eteğinde tek başına nöbet tutan için, aynı zamanda ruhun, kendini ele vermeyen ve kendisini aşan şey karşısındaki hâlidir. Anadolu geleneği sevgiliye duyulan aşk ile kutsala duyulan aşkı hiçbir zaman tümüyle ayırmaz; haber vermeden birinden ötekine geçiverir ve bütün derinliği de buradadır.
Yüce dağ başında yanar bir ışık — Kıraçaçmak için tıklayın
Bu eser, halk müziği (türkü) repertuvarının klasiklerindendir. Kıraç geleneksel metne sadık kalırken ona kendi tarzına özgü güçlü bir ses katar.
Yüce dağ başında yanar bir ışık
Düşmüşüm derdine olmuşum aşık
Ağ buğday benizlim zülfün dolaşık
Divitim, kalemim yazarım
Öyle bir yosmanın göynü var bende
Oy bende, yar bende
İşte ben gidiyorum, sen hemen ağla
Yar ağla, dön ağla
Aha ben gidiyorum, sen hemen ağla
Yar ağla, dön ağla
Yüce dağ başından indiremedim
Yönünü yönüme döndüremedim
Bir güzelin aklın kandıramadım
Divitim, kalemim yazarım
Öyle bir gavurun göynü var bende
Oy bende, yar bende
İşte ben gidiyorum, sen hemen ağla
Yar ağla, dön ağla
Aha ben gidiyorum, sen hemen ağla
Yar ağla, dön ağla
Şimdi kuzeye, kışın beyaz bir örtüye bürünen Rize dağlarına çıkalım. Devriye, karla kaplı yolda, kar altında eğilmiş köknarların arasında ilerler; güneş bembeyaz ormanı deler, bir kale sırtta nöbet tutar — Fırtına vadisindeki Zilkale. Bu görüntülerde söz yoktur: yalnızca tulumun, Karadeniz’in gaydasının ezgisi. Burada toprak, vadinin sesiyle, adını sevgilinin puşisinden alan o Oy Puşilim‘le çınlar. Bu ezgiye geleneksel olarak söylenen sözler yüzeye vurur ve aynı ruh hâlini dile getirir — sevgiliye duyulan aşkı ve ikisini birden saran o soğuk güzelliği.
Karadeniz’i dinlemekaçmak için tıklayın
Oy Puşilim, enstrümantal — devriyeye eşlik eden hâli:
Oy Puşilim, geleneksel sözlü hâli:
Yarum basma çimena
Bulurler izumuzi
Karişelum dumana
Yitti sansunler bizi
Oy beni dertler beni
Tulum eldurdi beni
Bulamadum Hemşin’de oy
Gönlümce bir seveni
Bu yörenin kendine özgü çalgılarının yanı sıra, iyi bir kulak, ünlü harflerin o çok özel telaffuzunu —dile yumuşak bir tını veren telaffuzu— hemen fark eder. Bu yörede horon, her şenlikte ritmik havalara eşlik eder. İşte olağanüstü bir yorumu:
Güneydoğunun kayası ve suyu, Doğu Karadeniz dağlarının kışa ait beyazı ve ülkenin daha nice toprağı, nöbetteki jandarmaya türküleriyle hatırlatır: gözettiği toprağın bir ruhu vardır, onun bekçisi kendisidir ve onu korumak her şeyden önce onu sevmektir. Kim bilir, belki düşüncesi kimi zaman, türkülerdeki gibi uzaktaki bir sevgiliye de gider? İşte o zaman bir toprağın sevdası, bir yüzün hatırası ve kutsalın sezgisi içinde birbirine karışır ve onu günlük görevini yerine getirirken ayakta tutar.
Ardı ardına tayinlerle geçmiş bir meslek hayatının akşamında, jandarma içinde bir toprak çokluğu taşır: dağı, bozkırı, kıyıyı, hududu — üniformanın koruması altında canlı kalmış ve tek bir bayrak altında birleşmiş topraklar.
Toprağın yüzleri
Ama bir toprak, salt kayadan, ormandan, çayırdan ve ırmaklardan ibaret bir dekor değildir. Orada insanlar yaşar. Jandarmanın toprağa duyduğu sevgi, ancak temelde orada yaşayan insanlara duyulan bir sevgi olduğu için anlam taşır.
Güneydoğuda, Batman’da, jandarmalar bir okulda bir gün geçirir. Oynanır, gülünür; kendi deyişleriyle, güvenli bir gelecek için bir bilinç oluşturulur: “bilinçli nesiller, güçlü yarınlar demektir”. Bu sahnedeki jandarmalar bir suçu önlemiyor; her türlü emirden önce, bir insanın yetişmesine bir tohum ekiyorlar. Geleceği hazırlıyor, en iyisini davet ediyorlar. Üstelik bu jest burada apayrı bir ağırlık kazanıyor — bir toprağı kucaklamanın en şefkatli biçimi, onun çocuklarının yanına çömelip büyümelerine yardım etmektir.
Jandarma — Batman, bir okul ziyaretiaçmak için tıklayın
Jandarmalar ile çocuklar arasındaki bu paylaşım, ülkenin dört bir yanında durmadan yinelenir. Türk toplumunun bir değişmezini gösterir: çocuklara duyulan sevgi ve şefkat.
Jandarma — 23 Nisan, çocuklarla bir günaçmak için tıklayın
23 Nisan Ulusal Egemenlik ve Çocuk Bayramı’nda jandarmalar günü çocuklarla geçirir:
Jandarma — Van, okula yeni bir bayrakaçmak için tıklayın
Burada, Van yöresinde, jandarmalar bir okula yeni bir bayrak asmak için uğrar:
Çocuklar da gördükleri sevgiye karşılık vermek için hiçbir fırsatı kaçırmaz. Okullarda resimler çizer, ıssız bölgelerde görev yapan jandarmalara moral veren mektuplar yazarlar.
Jandarma — komandolara yazılan öğrenci mektuplarıaçmak için tıklayın
Videodaki sözler (bir mektubun okunuşu):
“Kıymetli asker abim,
Ben 9 yaşındayım. Adım Baran.
Bir gün ben de büyüyeceğim ve senin gibi asker olacağım.
Bu yüce vatan için canımı hiç korkmadan siper edeceğim.
Dağ, bayır demeden gece gündüz her türlü zorluğa göğüs gereceğim.
Sevgili asker abim,
Allah senin ve orada bulunan bütün asker abilerimin yardımcısı olsun.
Dualarımız hep sizinle.
Bizler biliyoruz ki sizler gibi yürekli vatan evlatları olduğu sürece bu vatan bölünmez, bu şanlı al bayrağımız inmez.
Ne mutlu Türküm diyene!
Allah’a emanet olunuz.
Küçük kardeşiniz, Baran.”
İşte, jandarmaların çocuklara yazdığı kişisel mektupların yanı sıra, başka bir videoda çocuklara toplu ve sıcak bir cevap; muhteşem bir nidayla biter: “İyi ki varsınız!”
Jandarma — jandarmaların çocuklara cevabıaçmak için tıklayın
Jandarmaların sözleri:
“Sevgili çocuklar,
Gönderdiğiniz mektuplar elimize ulaştı.
Her bir mektubu büyük bir gurur ve mutlulukla okuduk.
Vatan bugün bize, yarın sizlere emanet.
Van Jandarma Komando Özel Harekat Tabur Komutanlığı olarak, kocaman yüreklerinizden öpüyoruz.
İyi ki varsınız!”
Genel olarak, bayramlarda ya da kutlamalarda jandarmalar, ister çocuk ister yetişkin olsun, halka karşı şefkatlerini gösterme fırsatını değerlendirir. Şaşırtıcı görünse de, bu video benim de bizzat tanık olduğum yaygın bir tutumu gösteriyor: halka küçük hediyeler vermek:
Jandarma — bayram yolcularına küçük hediyeleraçmak için tıklayın
Jandarma elbette suçları bastırmasını ve suç faaliyetleriyle kararlılıkla mücadele etmesini bilir. Ama önlemeyi ve öğüt vermeyi, özellikle de görevleri arasında açıkça yer alan aile korumasını öne çıkarır. Burada, Türk jandarmasının belki pek de farkında olmadığı bir şansı vardır. Pek çok ülkede —başta Fransa’da— bir kolluk kuvvetinin başarısı, kestiği ceza sayısıyla ölçülür; bu “rakam politikası”nda ceza kesmeden dönen görevliden şüphe edilir, hiç kusur bulunmaması neredeyse anormal sayılır.
Jandarma’nın mantığı ise başkadır: ölçüsü kesilen ceza değil, yapılan denetimdir; sahada görünür olmak, caydırmaktır. Bir jandarma bin aracı durdurup pek az ceza kesebilir; bu bir başarısızlık değil, işin ta kendisidir, çünkü amaç ceza toplamak değil, düzeni ve huzuru korumaktır. Böylece Türk jandarması ceza kotasının baskısı altında değildir; ceza kesmek yerine uyarabilir, öğüt verebilir, yol gösterebilir. Radarlar bile bunu anlatır: gizlendikleri ülkelerin aksine, Jandarma onları göz önünde tutar; verdiği mesaj “seni yakalayayım” değil, “yavaşla”dır. İşte jandarmanın bu insani duruşunu iyi göstermek için, sayısız örnek arasından ikisini seçtim.
Önleme mantığı içinde, Jandarma’yı burada, mutlaka yasadışı olmasa da her zaman riskli bir uğraşa —bahis ve kumara— karşı insanları uyarırken görüyoruz:
Jandarma — kumara karşı uyarıaçmak için tıklayın
Videonun söyledikleri:
“Yine kaybettim.
Tekrar oynasam kazanır mıyım?
Bir kez daha dene!
Kaybettiklerini geri alabilirsin.
Bahis ya da kumar; sadece cebinizi değil, ailenizi, huzurunuzu ve geleceğinizi de yakar.
Bu tuzağa düşme, sonu kayıp olan alışkanlıktan uzak dur!”
Arabada güvenlik kurallarına uyulması için jandarma seve seve ağabey tavrını takınır. Burada, Türkiye’deki iki bayramdan birinden önce, jandarma “değerli sürücüler”e seslenir ve mesajını şu sloganla bitirir: “Bayram sensiz olmaz.”
Jandarma — “Bayram sensiz olmaz”açmak için tıklayın
Yaşlılara karşı ise kurum çehre değiştirir ve olağan otorite ilişkilerinin tam bir tersine dönüşünü sergiler; saygıyı sevgiyle birleştirir. Beyaz üniformalı jandarmalar burada bir teyzeye teşekkür eder — bağın idari değil, ailevi olduğunu daha baştan söyleyen bir hitap. Teyze onlara bere örmüştür. Tıpkı daha önce çocukların mektuplarında olduğu gibi, jandarma yalnızca vermekle kalmayıp almayı da kabul eder ve şükranını evlatça bir edayla dile getirir. Türkiye toprağı, yaşlı bir kadının elleriyle, bekçisine, onu gözeterek verdiği sıcaklığı geri verir. Organik bağ bir fikir olmaktan çıkar; iki yönlü, gerçek bir özen alışverişine dönüşür. Teyze, toprağın ana yüzüdür; ona son derece dokunaklı sözlerle teşekkür eden genç adam da onun oğludur.
Jandarma — Sabahat teyzenin bereleriaçmak için tıklayın
Jandarmaların bu teyzeye karşı tutumu hiç de bir istisna değildir. Bunun sayısız başka örneği vardır; işte bir başkası, bir köyde bir Bayram günü: yalnız kalmış yaşlı bir adamın sofrasına gelip oturan iki jandarma — babaları oldukları için değil, millet, onların eliyle, bayram gününde onu evlatsız bırakmaya razı olmadığı için. “Jandarmalar da sizin evlatlarınızdır” diye yazar Jandarma. Kandan değil, hizmetten gelen bir evlatlık; belki de en yücesi, çünkü kimse ona kalıtımla erişmemiş, herkes onu seçmiştir. Jandarmaların yaşlı adamın elini öpüşüne dikkat edelim — geleneksel Türkiye’de saygı ve sevgiyi göstermek için çok yaygın bir jest.
Jandarma — “Jandarmalar da sizin evlatlarınızdır”açmak için tıklayın
Elinden tutulan çocuk, şefkatle öğüt verilen yetişkin, örgüleriyle sıcaklık sunan yaşlı kadın — işte bunlar toprağın insan yüzüdür. Onlar olmasa, manzaraya duyulan sevgi soyut kalırdı; onlarla birlikte, olması gereken şeye dönüşür — insanlara duyulan bir sevgiye; ki ülke, bunun yalnızca yurdudur.
İnsanı yaşatmak
Bu şefkat ve sevgi jestlerinin, salt üniformalı insanların iyi yürekliliğinden, görevlerine eklenmiş kişisel bir incelikten ibaret olduğu düşünülebilir. Bu, eksik bir görüş olurdu. Bunlar aynı zamanda bir doktrinden kaynaklanır; ve bu doktrin, bu yıl, devletin en üst düzeyinde dile getirilmiştir.
Cumhurbaşkanının huzurunda verilen bir iftarda, önceden Erzurum valisi olan İçişleri Bakanı Mustafa Çiftçi, Türk güvenlik anlayışını tanımladı. Bunu temellendirmek için bir stratejisti ya da bir hukukçuyu değil, Yunus Emre’yi andı. Üstelik o, vesileyle bir dize ödünç alan bir aceminin değil; kendisi bir ilahiyat mezunu, hafız — yani Yunus Emre’nin dilini konuşan biri. Bir kez dahi olsa bir gönül yıkanın kıldığı namazın değerini yitirdiğini, hiçbir zâhirî ibadetin kırılan bir gönlü onaramayacağını öğretir şair: “Bir kez gönül yıktın ise bu kıldığın namaz değil; yetmiş iki millet dahi elin yüzün yumaz değil.” İşte buradan, bakanın deyişiyle, “güçlü ama merhametli, kararlı ama adaletli” bir güvenlik doğar; çünkü gönül kazanmak, huzuru kalıcı kılmanın en büyük yoludur. Düzen doktrinine Yunus Emre’nin temel oluşturması retorik bir tesadüf değildir; kurumun bütün bu manevi okumasının üniformaya yansıtılmış şiirsel bir yansıma olmadığının işaretidir: devletin kendisi, kendini bu terimlerle düşünmektedir.
Bakan, daha da eski, sözümüzün tam kalbine değen ikinci bir dayanak daha ekledi. Geleneğe göre Osmanlı hanedanının kurucusunun akıl hocası olan derviş Şeyh Edebali’nin, her Türk’ün bildiği şu vecizeyi bıraktığı söylenir: “İnsanı yaşat ki devlet yaşasın.” Devletin meşruiyeti zorlamaya değil, insanına gösterdiği özene dayanır. Bakan da bütün bu yazıya slogan olabilecek şu formülü çıkarır: “Mülkü vatan kılmanın yolu da insanı yaşatmaktan geçer.”
Bakan Mustafa Çiftçi kimdir?açmak için tıklayın
Mustafa Çiftçi, Şubat 2026’da, önce Çorum sonra Erzurum valiliğinin ardından İçişleri Bakanlığı’na atandı. Üst düzey idareye gelmeden önce Ankara İlahiyat Fakültesi’nden geçti; kendisi hafızdır —Kur’an’ın tamamını ezberlemiştir— ve 2024’te ulusal bir hafızlık yarışmasında Türkiye birincisi olmuştur. Devletin iç güvenliği —polis, jandarma, sahil güvenlik— bu formasyona sahip bir adama emanet etmesi, bu görevi nasıl kavradığı konusunda daha şimdiden çok şey söyler.
Mustafa Çiftçi, en mütevazı insanlara gösterdiği ilgiyle sık sık anılır. Örneğin Erzurum valisiyken, Asiye Nine adlı yaşlı bir kadının durumunu bizzat üstlenmiş; umresini eda edebilmesi için idari ve mali ayrıntıları çözerek şahsen ilgilenmiştir. Bunu ona müjdelediği anı, aşağıdaki videoda görüyoruz. Asiye Nine büyük bir sevinç, büyük bir minnet ve valiye karşı çok içten bir sevgi gösterir. Mustafa Çiftçi ondan, dualarında kendisini unutmamasını rica edince, ona şöyle karşılık verir: “Sen de beni unutma.” Daha sonra, Asiye Nine’nin cenazesinde, müstakbel bakanın merhume için dua ettiğini, tabutunu taşıdığını ve eline küreği alıp bizzat mezara indiğini görüyoruz.
Sabah — Mustafa Çiftçi ve Asiye Nineaçmak için tıklayın
Metinde alıntılanan bakan sözlerinin kaynağı: youtu.be/Azt5WJ8JHTc
Konuşmadan ilgili bölüm:
“Gönül sultanı Yunus Emre asırlar öncesinden bize şöyle seslenir: ‘Bir kez gönül yıktın ise bu kıldığın namaz değil. Yetmiş iki millet dahi elin yüzün yumaz değil.’ Bizim güvenlik anlayışımız da işte bu irfanın izindedir. Güçlü ama merhametli, kararlı ama adaletli. Çünkü biz biliriz ki gönül kazanmak, huzuru kalıcı kılmanın en büyük yoludur. Mülkü vatan kılmanın yolu da insanı yaşatmaktan geçer. Asırlar öncesinden dilimize pelesenk olan Şeyh Edebali’nin kutlu nasihati ‘İnsanı yaşat ki devlet yaşasın’, bizim başucu öğüdümüzdür. Necip milletimizi tarihin her döneminde mazluma umut yapan bu medeniyet tasavvurudur.”
Bir toprak, ona sahip olunduğu için vatan olmaz; orada insanlar yaşatıldığı için vatan olur. Bu düşünce, Türkiye’de herkesin bildiği bir kavramla buluşur: devlet baba. Yurttaş bir idareyle karşı karşıya değildir; kendini bir ailenin içinde, onu koruması ve ihtiyaçlarını onurluca karşılamasına imkân tanıması gereken bir babanın himayesinde bilir. Bu, keyfî biçimde buyuran bir baba değil, yaşatan bir babadır — tam da Edebali’nin kastettiği anlamda. Batman’da bir çocuğun yanına çömeldiğinde, jandarma devlet babayı ilk rolünde temsil eder. Dağda yaşlı bir kadına teşekkür ettiğinde ise, bu devletin meşruiyetinin, ecdada —o kadim millete— olan bağlılığından, dolayısıyla yaşlılara duyulan kutsal saygıdan geldiğini kabul etmiş olur.
Toprağı elde tutmak tek başına bir şey değildir; orada yaşayanları bir araya getirmek, onları yaşatmak, onlardan bir millet yaratmak — işte bir ülkeyi vatana dönüştüren budur. Jandarma, topraktan toprağa geçerken yalnızca idari bölgeleri birbirine bağlamaz: alır, tanır, aktarır; ve böylece, insanların güzel huyuna saygı göstererek onları birbirine bağlar. Yörelerin çeşitliliğinin aynı milletin birliğine dönüşmesi, onun sayesinde olur.
Bir doktrin elbette bir jesti emredebilir, ama ona ilham veremez. Devlet, jandarmanın şefkatini imal etmez. Yalnızca onda zaten var olan şeyin dışa vurmasına imkân tanır. Jandarma role bürünmez. Kurallara uyar, ama kendisi kalır. Talimat insanın yerine geçmez; insan, onda kendini bulur. İşte burada jandarma için insanlık ile görev, toprağın ve imanın onda biriktirdiği yatkınlık ile kurumun ona aktardığı emir birleşir. Yüreğin meyli ile emredilen görev, artık ayrı iki şey değil; insanın kâmil bir insan olmasının iki yoludur.
İnsanı ayakta tutan
Geriye temel bir soru kalıyor. Karın içinde eriyen beyaz üniformasıyla, soğuğun ve yalnızlığın en dayanıklıları bile yıpratacağı bir hudut sırtında tek başına duran bir insanı ayakta tutan nedir? Daha genel olarak, büyük şehirlerin toplumsal hayatından uzakta, gün be gün, ülkeyi ve halkını korumaya her an hazır bekleyen bu insanı ayakta tutan nedir?
Jandarma — Şırnak, insanı ayakta tutanaçmak için tıklayın
Jandarma bu videonun metninde bu soruya kendisi cevap verir; ve cevabı bir kışlanın cevabı değildir: “Milletimizin duası, yüreğimizdeki iman, içimizdeki vatan sevgisinin sıcaklığı tüm zorlukları yenmek için bize yeter.” İnsanı ayakta tutan, ne yönetmeliğin disiplini ne de yalnızca bedenin dayanıklılığıdır: bir duadır, bir imandır, bir sıcaklıktır. Kurum burada yönetmeliğin değil, yüreğin dilini konuşur — Yunus Emre’nin dilini.
Çünkü bu cümlenin uyandırdığı, Yunus Emre’nin bütün mirasıdır. Yedi yüzyıl önce, Anadolu’nun o gezgin şairi aşkı (sevgiyi, her şeyden önce de ilahi aşkı) ruhun ta özü, her şeyi yenebilecek yegâne güç kılmıştı. Gurbeti insanın temel hâli saymıştı: bu dünyada yabancı, aslından uzak, bir dönüşün özlemiyle yanan ruh. Peki karlı bir sırtta jandarma, gurbeti harfiyen yaşamaktan başka ne yapar? Sevdiklerinden uzak, ülkenin ucunda, doğduğu yer olmayan bir toprağın soğuğunda görev tutan o, Yunus Emre’nin sürgün insanının tam da vücut bulmuş hâlidir. Bu gurbette onu ayakta tutan şey, tam da Yunus’un tarif ettiğidir: bedeni ve acıları aşan bir aşk, ayazın işleyemediği bir iç sıcaklık.
Yunus Emre bize hassas bir noktada daha ışık tutar. Bu “vatan sevgisinin sıcaklığı” nasıl anlaşılmalı ki, nice milleti batıran o toprak tapıncına, o toprak putperestliğine düşülmesin? Cevap, bizzat Yunus Emre’nin koyduğu hiyerarşidedir. Onda, yaratılana duyulan sevgi asla en son sevgi değildir: Yaradan’a duyulan sevgiye giden yoldur. Onun düşüncesinde vatanı sevmek, toprağı bir mutlak kılmak değildir; bir toprağı, o bir işaret olduğu için sevmektir — çünkü onun güzelliğinden onu Var Eden görünür. Nitekim Jandarma’nın cümlesinde iman önce gelir —yüreğimizdeki iman—, vatan sevgisi ise ancak ondan sonra; ondan güç alarak, ona göre düzenlenerek. Toprak bir put değildir; onu aşan şeye hizmet edilen yerdir.
Jandarma’nın bu güzel açıklamasında bir başka temel öge belirir. Tekrar tekrar kullanılan “biz”, jandarmanın yalnız olmadığını hatırlatır. Karda ilerleyen her siluetin ardında koca bir bütün durur: silah arkadaşlarından oluşan birlik ve onları bir araya getiren bütün teşkilat. Jandarmalar, ülkenin bir ucundan öbür ucuna kendilerini çekip vatana bayram tebriki ilettiklerinde, hep aynı sözcüğe vurgu yaparlar: biz. Biz görevdeyiz. Jandarmanın yolculuğu yalnız başına bir başıboşluk değildir; bir biz içinde geçer. İman onu yukarıdan tutar; kardeşleri de yanında durur ve onu ayakta tutar. Bu biz, jandarmaların bildiği bir sözcüğün kökündedir: bizden. Bu bütüne ait olmak — işte insanı ayakta tutan bir şey de budur.
Jandarma — “Biz cennet vatanın her köşesinde görevdeyiz”açmak için tıklayın
Şimdiye dek öne çıkardığımız yumuşaklık konusunda yanılmamalı. Jandarma yalnızca seyreden ve nöbet tutan insan değildir: aynı zamanda güç sahibi, silahlı, gerektiğinde savaşmak için var olan bir insandır. Şefkatine bütün ağırlığını veren de tam budur. Başka türlü davranamayacak olanın iyilikseverliği yalnızca çaresizliktir; zorlayabilecekken yol göstermeyi, eşlik etmeyi, desteklemeyi seçenin iyiliği ise bambaşka bir mertebededir, çünkü kendini tutan bir güçtür. Salt anlık etkinlik açısından bakılırsa sevgi güçten vazgeçebilir; ama gerçek, dizginlenmiş, sevginin hizmetine koşulmuş ve onun için gemlenmiş bir güç, sevgiye sağlamlığını veren şeyin ta kendisidir. Bir çocuğun yanına çömelen ya da bir büyüğün önünde eğilen jandarma, elinde yalnızca nezaketi olan silahsız bir adam değildir: yalnızca gücüyle tanımlanmayan güçlü bir adamdır. Onun yumuşaklığı, güçlünün yumuşaklığıdır — gerçekten koruyan tek yumuşaklık, çünkü vakti geldiğinde savaşmasını da bilir.
Hatırlayan toprak
Jandarma yalnızca ülkenin mekânını katetmez; onun zamanını da kateder. Bu toprak yalnızca geniş değil, aynı zamanda kadîmdir ve onun uğruna düşenlerin ağırlığını taşır. Onu korumak, uzun bir bekçiler silsilesine katılmak ve onlardan bir emanet devralmaktır.
Jandarma bunu çarpıcı bir biçimde görüntülere dökmüştür. 1915’te Çanakkale’de, Gelibolu Seyyar Jandarma Taburu’nun komutanı Anafartalar cephesinde şehit düştü. Ülkenin geleceğinin belirlendiği o kritik muharebeden bir asırdan fazla zaman sonra, kurum ona kısa bir film adadı: 1915’in subayı, dönemin üniformasıyla, elindeki bir mesajı bugünün iki jandarmasına uzatıyor. Jest harfi harfine böyle — yüz on yılı aşarak elden ele geçen bir nesne. Zamanımızın jandarması, 1915’in jandarmasından, onun sonuna dek taşıdığı şeyi teslim alıyor; ve film, dününün jandarmasını selamlayan bugünün jandarmasıyla kapanıyor.
Jandarma — Çanakkale, 1915’in mesajıaçmak için tıklayın
Bu sahnenin gösterdiğini, Yolcu türküsündeki bir dize söyler: insan ölür ama ruhu ölmez. Müslüman inancı bunu şehit için tasdik eder — o ölmemiştir, diridir. 1915’te şehit düşen jandarmanın emanet ettiği şey, bugün hâlâ alınabilir. Bu kez, olası bir düşman karşısında Türk jandarmasının mutlak kararlılığı, hiç dolandırmadan dile getirilir:
“Varsın bin yıllık yurdumuzun kapısına yine dayansın düvel-i muazzama. Varsın sınasınlar Türk’ün kudretini. Biz yine hatırlatırız, varsa unutana.
Gelibolu Seyyar Jandarma Tabur Komutanı Şehit Yüzbaşı Kadri Efendi.
1915, Kireçtepe.”
Jandarma, başka bir görüntüsünün altına, her Türk’ün bildiği bir şiirin dizelerini koymuştur: Orhan Şaik Gökyay’ın Bu vatan kimin‘i. Şairin cevabı dolaysızdır: bu toprak, tarih boyunca onun uğrunda kendini feda edenlerindir. Vatan, orada tesadüfen yaşayanın değildir; onun bedelini ödemeye hazır olanındır. Bugün karlı bir sırtta nöbet tutan jandarma, işte bu borcu öder. Başkalarının, kendisinden önce, ölümüne dek savunduğu bir toprağı bekler; onu da sırası gelince devretmek için korur.
İşte şiirin bestelenmiş bir yorumu:
“Bu vatan kimin” — şiirin sözleriaçmak için tıklayın
“Bu vatan toprağın kara bağrında,
Sıradağlar gibi duranlarındır.
Bir tarih boyunca onun uğrunda,
Kendini tarihe verenlerindir…
(verenlerindir, verenlerindir)
İleri atılıp sellercesine,
Göğsünden vurulup tam ercesine,
Bir gül bahçesine girercesine,
Şu kara toprağa girenlerindir…
(girenlerindir, girenlerindir)
Gökyay’ım ne yazsam ziyade değil,
Bu sevgi bir kuru ifade değil,
Sencileyin hasmı rüyada değil,
Topun namlusunda görenlerindir…
(görenlerindir, görenlerindir)”
Böylece jandarmanın yolculuğu ikinci bir derinlik daha açığa çıkarır. O yalnızca vatan topraklarını mekân içinde, Edirne’den Hakkari’ye katetmez; onun zamanını da kateder — bir an için son halkası olduğu, o çetin bekçiler zincirinin bir halkası olarak. Mekânın yolcusu olduğu kadar, yüzyılların da yolcusudur.
Jandarma’nın, Haziran 2026’da kutlanan 187. yıl dönümü için Van Gölü’nde gerçekleştirdiği muhteşem bir video, bu kez görevinin zaman içindeki sürekliliğini sükûnetle gözler önüne serer:
“Bir hilalin ışığında başladı bu kutlu nöbet.
187 yıldır aynı inançla, aynı istikamete.
Geçmişten geleceğe uzanan izlerde, vatan sevgisiyle adım adım ilerledik.
Dün bu topraklarda şerefle koştuk.
Bugün aynı ruhla görev başındayız.
Milletimizin emrinde daima hazırız.
Asırların emaneti şanlı omuzlarımızda.
Yarınlara güvenle taşıyoruz.
Geçmişimizin şanlı hatırası.
Geleceğimizin sarsılmaz teminatı.
187 yıldır aynı ruh, aynı vazife.
Jandarma 187 yaşında.”
Yolcuya dönüş
Jandarma’yı tanıtmak için serdiğimiz bu geniş panoramanın ardından, başlangıçtaki konumuza —Yolcu türküsüne ve onun kurumla derin bağına— dönebiliriz. Dinlediğimiz öteki türküler bir yere çakılıdır: Kıraç’ınki Anadolu dağına, Oy Puşilim Doğu Karadeniz sıradağlarına; Çanakkale’nin ölülerini anan dizeler ise kanla bir toprağa ve bir tarihe çakılıdır. Yolcu bütün bunların üzerinde uçar ve hepsine hükmeder. Geçip gideni; anadan doğmuş, dünyaya bırakılmış, daha o an bir sona doğru yola çıkmış insanı söyler. Konusu ne bir toprak ne bir çağdır: geçip gidenin hâlidir. Ve jandarma, geçip gidenlerdendir. Yolcu hem bir harekettir hem bir yol — kelimenin her anlamıyla.
Jandarma, bu yazıda katedilen üç düzlemde bir yolcudur. Vatanın mekânını bir tayinden ötekine katederek, sırayla Güneydoğu’nun şelalesini ve Doğu Karadeniz’in karını kucaklar. Zamanı katederek, 1915’te şehit düşen jandarmanın vârisi; kendisinden önce gelen ve sonra da gelecek bir bekçiler zincirinin bir halkası olur. Ve hayatı katederek, tıpkı türküdeki yolcu gibi anadan doğmuş, kimsenin kaçamadığı sona doğru yol alan, ruhu ölmeyen insandır. Yıllar boyunca bir görev yerinden ötekine nakli, şiirin ilan ettiği bir hâlin yalnızca görünür ve dünyevi biçimidir: biz yolcularız, bu dünyaya bir mevsimliğine gönderilmiş ve başka yere çağrılmışız.
Ne kadar güzel olursa olsun, toprak bir mutlak değildir; bir işaret ve bir imtihandır. Bunu herkesten iyi Yunus Emre söylemiştir: yaratılan, Yaradan için sevilir. Dağ, şelale ya da kıyı kendileri için değil, onları Var Eden için sevilesidir; toprağın güzelliğinin ve büyüklerin mesajının yoğurduğu insan, toprağın ötesine baktığı için büyüktür. Jandarma, üç çizginin kesiştiği noktadır: katettiği toprakların genişliği, vâris olduğu yüzyılların derinliği ve üniformanın altında hâlâ aslına doğru yürüyen bir yolcunun ruhu olan yüksekliği. İlk ikisi onu yaratılmış dünyada yayar; üçüncüsü ise onu, kendisini Var Edene doğru açar.
Jandarmanın görevine son dayanağını veren, işte bu üçüncü çizgidir; yukarıya açılan çizgi. Nöbet tutuyorsa, bu yalnızca itaatten ya da toprak sevgisinden değildir: kendisini, kendisinden önce gelen ve kendisini aşan değerlere bağlı bilmesindendir. Bu değerler, topraklarını katedip yüzyılları aşarken yukarıdan bir mesaj devşiren ve onu yavaş yavaş bir var oluş ve hizmet tarzına çeviren bir milletin ağır işçiliğidir. Genişlik ve süre onun özünü bir araya getirmiş, yükseklik ise anlamını belirlemiştir. Jandarma başka yerden gelen bir yasaya uymaz; kendisinden daha eski bir sadakati devralır ve en derininde hizmet ettiği de odur.
Böyle anlaşıldığında, Jandarma’nın yolcunun türküsünü, yolcuyu, paylaşılan yolu —yolumuz— yüceltmesi, görevinin anlamını derinden kavradığının bir işaretidir. Bu, jandarmanın gün be gün yöneldiği bir ülkünün, bir ufkun ifadesidir; çeşitli toprakları tek bir vatanda, ayrı kuşakları tek bir tarihte toplayan bir ufkun. Yine de “toplamak” en yerinde söz değil; çünkü yolcu jandarma toprakları yan yana, çağları uç uca, bir mozaiğin cansız parçaları gibi dizmez. Onlardan aldığını dolaşıma sokarak, onları birbiriyle bereketlendirir. Böylece yalnızca vatanı bir araya getirmekle kalmaz: onu bereketli kılar.
Yürekten bir yemin
“Barışta ve savaşta, karada, denizde ve havada her zaman ve her yerde milletime ve cumhuriyetime doğruluk ve muhabbetle hizmet ve kanunlara ve nizamlara ve amirlerime itaat edeceğime
ve askerliğin namusunu, Türk sancağının şanını canımdan aziz bilip
icabında vatan, cumhuriyet ve vazife uğrunda seve seve hayatımı feda eyleyeceğime
namusum üzerine andiçerim.”
Bu yemin, sözcük seçimiyle —milletine doğruluk ve “muhabbetle” hizmet etme sözüyle— Türk jandarmasının yolunun bir sevda yolu olmak istediğini doğrular. Kimi jandarmalar bu yolu sonuna dek yürüdü. Jandarma onları unutmaz: şehitlerinin kabirlerini şefkatle gözetir, ailelerini ziyaret eder, gazilerini el üstünde tutar — çünkü aşağıdaki videoya eşlik ederken kendi ifadesiyle, “Aziz Şehitlerimizin emanetleri ve kahraman Gazilerimiz baş tacımızdır”. Çember burada kapanır: jandarmanın geçmişten devraldığı emaneti, bu yeminle, o da sırası gelince —gerekirse canı pahasına— taşımayı taahhüt eder.
Bu görüntüleri, Jandarma üzerine bu yazıyı bitirmek için, onları izlerken duyduğum duygu yüzünden —yüreğimde hissettiğim o hafif burkulma yüzünden— seçtim. Her insan bir yolcudur, Neşet Ertaş’ın deyişiyle bir yolcu; bunu ona kimi zaman yalnızca hayatın oyalanmaları unutturur. Benim kendi yolculuğum da, artık uzak bir zamanda, Türkiye’den geçmişti. Bir halkın ruhu olan o sade ailelerin evlerine uğrayan jandarmaları görünce, o günlerin hatıraları geri geldi.
Bir kış gecesi, dondurucu soğuk, Anadolu’yu örten kar… farların ışığında bembeyaz akıp giden buzlu yol, ötesindeki inatçı karanlık ve neredeyse boşalmış bir depo. Sonra, yoldan uzakta, dağın birkaç kilometre içinde görülen zayıf ışıkların taşıdığı, inanmaya çekindiğim bir umut. Ve ansızın, apaçık bir gerçek gibi, bir ailenin sıcak karşılaması; küçücük bir odada bir sobanın etrafında toplanmış herkes — küçük bir evin tek sıcak yeri. Paylaşılan bir sofra, yatmadan önce ısıtılmış bir yatak, bilinmeyen bir dil ama ortak bir lisan ve tuhaf bir biçimde eve dönmüş olma duygusu.
Türk jandarmaları, vaktiyle soğuk bir kış gecesinde beni misafir eden aile gibi ailelerin oğulları ve kızlarıdır. Onların arasında kendimi evimde bulduysam, bunun sebebi, geçmişteki o serüvenin bizden sözcüğünün anlamını içimin en derinine ebediyen kazımış olmasıdır.
Ultrak, 20 Haziran 2026
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