Prison de Rennes : plaintes pour violences contre des détenus

c653d90b58a7c53b478c5aa10f7dae3d-prison-de-rennes-plaintes-pour-violences-contre-des-detenus_2Le centre pénitentiaire de Rennes – Vezin-le-Coquet. | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Injustement conduits au quartier disciplinaire ? Deux avocates de Rennes ont porté plainte pour violences contre des détenus à la prison de Rennes-Vezin.

Deux avocates ont porté plainte pour violence contre des détenus à la prison de Rennes-Vezin, a-t-on appris ce lundi 5 août. « J’ai déposé mercredi, au nom de mon client, une nouvelle plainte avec constitution de parties civiles pour violences aggravées avec une ITT de plus de 8 jours », explique Gwendoline Tenier, avocate à Rennes. La première plainte sur cette affaire, déposée par le détenu en avril, avait été classée sans suite fin mai.

Les bras haut dans le dos

Les faits concernent un détenu de 37 ans, fouillé à nu après un parloir, fin mars. Le détenu ayant refusé d’effectuer en plus la flexion réclamée par le surveillant a été menotté dans le dos et emmené directement au quartier disciplinaire, escorté, selon l’avocate, par cinq surveillants. Pendant le parcours jusqu’à ce lieu, ces derniers lui auraient relevé les bras haut dans le dos jusqu’à provoquer une torsion de son épaule, qui lui a valu dix jours d’ITT.

Privation d’accès au culte

« Quatre mois plus tard, il n’a toujours pas retrouvé la mobilité de son épaule », affirme Gwendoline Tenier, assurant qu’il s’agit d’un détenu « particulièrement exemplaire » qui subit depuis les effets « collatéraux » de sa plainte, avec privation d’accès au culte et aux cours notamment.

La deuxième plainte, déposée par Camille Delva, avocate au même cabinet, concerne un détenu d’une vingtaine d’années, auquel on a enlevé son traitement médical alors qu’il souffrait d’une rage de dents. Comme il protestait, il s’est retrouvé lui aussi au quartier disciplinaire, privé de ses affaires et sans draps ni serviette de toilette, selon Gwendoline Tenier.

Usage disproportionné de la force ?

Dans un rapport publié en juin, suite à la visite de huit contrôleurs en janvier 2017, la contrôleure générale des prisons Adeline Hazan avait pointé la « violence » et « l’usage disproportionné de la force » par certains surveillants de la prison de Rennes-Vezin et saisi, à trois reprises, le ministère de la Justice… sans obtenir de réponse. Eric Toxé, responsable Ufap-Unsa Justice du centre pénitentiaire de Rennes-Vezin, avait, lui, estimé que ce rapport relevait du « fantasme » et que les surveillants « travaillaient dans des conditions exécrables ».

Source : Ouest-France

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