Près de Rouen, le terroriste présumé menace de tuer des policiers à la Kalachnikov

Ce mardi matin, à Elbeuf, un homme de 24 ans, déjà mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme », a menacé de tuer des policiers avec des Kalachnikov.

Près de Rouen, le terroriste présumé menace de tuer des policiers à la Kalachnikov

Début novembre, les policiers du raid avaient interpellé le suspect à son domicile de Saint-Pierre-lès-Elbeuf, près de Rouen, dans le cadre du démantèlement d’une filière jihadiste

 

ELBEUF (SEINE-MARITIME) – « Cela ne vous a pas suffi que l’on tue trois flics ? ! ? ! Nous sommes très nombreux et nous avons des Kalachnikov ! Le sang va encore couler ! » Ce mardi à Elbeuf, en fin de matinée, un homme a menacé de tuer d’autres policiers, en faisant référence aux attentats survenus la semaine dernière à Paris et Montrouge, qui ont coûté la vie à dix-sept personnes (lire nos éditions précédentes). Alors qu’il stationnait sa voiture à proximité de la Caisse d’allocations familiales (CAF), située à deux pas du commissariat, un policier lui a demandé de déplacer son véhicule parce qu’il n’avait pas le droit de se garer. L’automobiliste est alors sorti et a lancé au fonctionnaire : « Je ne bougerai pas connard ! ». Le ton est monté entre les deux hommes et le conducteur a menacé de mort le gardien de la paix en faisant l’apologie du terrorisme.

Suspecté d’être impliqué dans une filière jihadiste

« Habituellement, ce genre de menaces ne nous aurait guère inquiétés, mais dans le contexte actuel et vu le profil du suspect, nous traitons ce dossier avec attention, même si nous ne voulons pas être alarmistes », confie une source proche des investigations.

L’homme, qui a proféré ces menaces, est bien connu des services de police et de la justice pour avoir trempé dans des trafics de stupéfiants, mais aussi pour être suspecté d’appartenir à une filière jihadiste à destination de la Syrie. Début novembre, dans le cadre d’investigations menées par le pôle antiterroriste de Paris, ce converti à l’Islam a été appréhendé par les policiers de la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et les agents du Raid (Recherches-Assistance-Intervention-Dissuasion) à son domicile de Saint-Pierre-lès-Elbeuf. Placé en garde à vue, l’intérimaire, qui vient d’achever un contrat à La Poste, a ensuite été mis en examen pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme » et placé sous contrôle judiciaire ; il a notamment pour obligation de se présenter toutes les semaines au commissariat de police d’Elbeuf. Lors de l’opération de police, sa compagne et sa belle-sœur ont également été arrêtées, avant d’être laissées libres. Son frère aîné a aussi été auditionné.

« L’apologie du terrorisme est clairement caractérisée »

Contacté par téléphone, le procureur de la République de Rouen Jean-François Bohnert confirme nos informations et précise que le père de famille de deux enfants va comparaître ce mercredi devant le tribunal correctionnel de Rouen pour « outrage », « menaces de mort » et « apologie du terrorisme ». Selon le haut-magistrat, « ces faits sont graves, d’autant plus graves que le mis en cause est déjà connu pour son activisme. Je considère que l’apologie du terrorisme est clairement caractérisée lorsqu’il évoque les Kalachnikov et le fait de tuer des policiers ». Il encourt jusqu’à cinq années de prison ferme.

Baptiste Laureau

Source : Paris Normandie

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