Plougastel. Son copain mort dans l’accident : 18 mois de prison au jeune conducteur

Palais de justice de brest

(Photo d’illustration David Rochas)

Musique à fond, conducteur qui fait l’imbécile, vitesse excessive… Et le drame absolu au bout de la courbe à Plougastel-Daoulas. Un jeune conducteur de 19 ans a été condamné, ce jeudi, par le tribunal de Brest, à 18 mois de prison après la mort de l’un de ses passagers, un pote de 18 ans qu’il amenait à une fête chez lui, le 6 août dernier.

L’accident s’est produit un peu avant 21 h, le 6 août dernier, sur une petite route entre Plougastel et Loperhet. Des quatre passagers qui ont pris place dans la voiture lancée à vive à allure, l’un ne se relèvera pas. Éjecté par la lunette arrière, alors que la voiture a effectué des tonneaux, le jeune Yannis Gourlay est pris en charge par les secours mais décède dans la nuit à l’hôpital de la Cavale Blanche.

Une petite route pour éviter les gendarmes

Les cinq potes s’étaient donné rendez-vous sur le parking du Super U, à Plougastel. « Ils avaient raté le dernier car pour venir jusqu’à Daoulas.Je me suis proposé de venir les chercher », explique le jeune conducteur, très ému à la barre du tribunal de Brest.

Mais au lieu d’emprunter la quatre-voies, il choisit la petite route parallèle à la voie express. « Afin d’éviter tout contrôle puisque je n’avais pas revalidé complètement mon permis » explique-t-il. « Vous aviez fait les stages mais pas passé la visite médicale pour le revalider, n’est-ce pas ? », précisait le président du tribunal, Xavier Jublin.

Dès le départ, le conducteur essaie d’en mettre plein la vue à sa petite amie assise à ses côtés et aux trois copains à l’arrière de la 206. Accélérations et freinages, dérapage au frein à main pour marquer un stop au dernier moment… C’est dans une légère courbe, entre Plougastel et Loperhet, que la voiture glisse et part en tonneaux, à 104 km/h selon le rapport d’expertise.

Ceinture de sécurité coincée

« J’avais bu une bière » concède-t-il à la barre, en expliquant son comportement par « l’excitation de la soirée à venir ». Après l’accident, les contrôles d’alcoolémie et de stupéfiants seront négatifs.

Quelques secondes après le démarrage, le passager arrière gauche indique qu’il n’a pas réussi à s’attacher, sa ceinture étant coincée sous un siège. Le passager du milieu essaye de bouger mais la ceinture n’est pas libérée. Quelques centaines de mètres avant l’accident mortel, deux passagers somment le conducteur de se calmer et de rouler moins vite. En répétant que l’un d’entre eux n’est toujours pas attaché ! « Je n’ai pas entendu, la musique était forte, je me serais arrêté si cela avait été le cas », murmure le conducteur au président du tribunal.

« Il se croyait sur un circuit »

« Il se croyait sur un circuit, il ne nous écoutait pas », ont déclaré, dans leurs dépositions, les deux autres passagers de l’arrière.

La représentante du procureur a requis six mois de prison, dont deux mois avec sursis, et une annulation du permis pendant une année.

Dans un exercice pour le moins délicat, l’avocat du prévenu rappelait la rapidité inédite de la procédure, avec un procès organisé un peu plus d’un mois après les faits. « Et cela complique tout. Ce drame date seulement d’un mois », a insisté la défense, intervenant juste après la poignante prise de parole de la mère de la victime, revenant avec beaucoup de cran sur la disparition de son fils unique.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet, en condamnant Dylan Gourmelon à deux ans de prison dont six mois avec sursis et interdiction de repasser son permis de conduire pendant deux ans.

Source : Le Télégramme

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