Patrick Sébastien versus Delphine Ernotte : quand la paillardise devient un symptôme politique de la grande rupture française (France Soir)
Ou « Delphine, si t’avais connu ma ….. » : quand la France d’en bas répond à la France d’en haut

Il y a des moments où la vulgarité populaire devient un acte politique. Patrick Sébastien vient d’en offrir un exemple haut en couleurs avec sa chanson paillarde Delphine, sortie vendredi dernier sur l’album Olé Osé vol. 2. Sur un rythme festif de fête foraine, avec trompettes et chœurs entraînants, l’ancien animateur vedette du Plus grand cabaret du monde règle ses comptes avec Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions. Le refrain, déjà viral, est entré dans l’histoire du rire gras hexagonal : « Delphine, si t’avais connu ma pine / On aurait été si heureux / Delphine, si t’avais connu ma pine / On aurait été amoureux / Delphine, si t’avais connu ma pine / Tu aurais eu les larmes aux yeux / Delphine, si t’avais connu ma pine / Ça aurait été merveilleux… Delphine, si t’avais connu sa pine / Je serais resté sur France 2 ! »
Derrière les « noix de coco toutes blanches de plus de cinquante ans » et les images crues, il y a bien plus qu’une simple vengeance personnelle. C’est le symptôme criant d’une fracture profonde entre deux France : celle d’en haut, hors-sol, qui impose sa vision idéalisée, et celle d’en bas, qui ne se reconnaît plus dans ses élites et répond par l’humour le plus truculent. Cette affaire s’inscrit dans une série de démonstrations récentes et emblématiques de cette rupture : la cérémonie d’ouverture des JO de Paris 2024 et le traitement médiatique réservé au documentaire Hold-up en 2020.
Les faits et les citations
En 2019, après 23 ans de succès populaire ininterrompu, Le Plus grand cabaret du monde est arrêté net. Raison officielle : contraintes budgétaires. Raison ressentie par Sébastien et une large partie du public : son style « trop blanc, trop populaire, trop ancien » ne colle plus à la nouvelle doctrine du service public. Delphine Ernotte, arrivée en 2015, avait posé le cadre dès son arrivée : « On a une télévision d’hommes blancs de plus de 50 ans, et ça, il va falloir que cela change. »
Quelques années plus tard, en juillet 2023, lors d’une audition devant la commission de l’audiovisuel public à l’Assemblée nationale, elle enfonce le clou avec une phrase qui restera gravée : « On ne représente pas la France telle qu’elle est parce que si on représentait la France telle qu’elle est, on aurait toujours 5 % de femmes dans les expertes… mais on essaie de représenter la France telle qu’on voudrait qu’elle soit. »
Traduction : la réalité du peuple français – majoritairement blanc, populaire, attaché à ses traditions – est un problème à corriger. On ne montre pas la France, on la dessine selon l’idéal progressiste.
Patrick Sébastien, évincé, a attendu sept ans pour répondre. Sa chanson est crue, sexiste, vulgaire, grossière… et assumée comme telle. Il inverse même le rapport de force : « C’est pas moi qui ai commencé, c’est toi qui m’as baisé en premier. » Le deuxième couplet reprend mot pour mot la phrase d’Ernotte en la sexualisant.
France Télévisions garde le silence. L’entourage d’Ernotte dénonce un contenu « sexiste, vulgaire et grossier ». Une plainte pour outrage sexiste et sexuel a été annoncée. Réaction prévisible d’une élite qui ne supporte plus qu’on lui rende la monnaie de sa pièce.
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