Nantes. « Stoppez tout de suite les jets de lacrymo », a ordonné le patron de la police

d331895fd61b9c12e4a6741ff18bc8aa-nantes-stoppez-tout-de-suite-les-jets-de-lacrymo-ordonne-le-patron-de-la-police_4Quai Wilson, à Nantes, là où une dizaine de jeunes sont tombés dans la Loire, après l’intervention policière, vendredi soir 21 juin. | FRANCK DUBRAY / OUEST-FRANCE

C’est l’ordre que Thierry Palermo, le directeur de la sécurité publique par intérim, a lancé à son commissaire qui gérait l’intervention policière controversée lors de la Fête de la musique, à Nantes.

Cette nuit de la Fête de la musique, Thierry Parlermo, le patron de la police par intérim de Loire-Atlantique, se trouve dans la salle de commandement. C’est lui qui donne les ordres. Sur le terrain, c’est le commissaire Grégoire Chassaing, qui gère les policiers de la brigade anticriminalité et de la Compagnie départementale d’intervention.

Très vite, quand les forces de l’ordre arrivent, vers 4 h du matin, quai Wilson, à Nantes, où se tient une soirée électro, la situation dégénère. L’un des DJ’s refuse de couper le son. Les policiers ripostent aux jets de projectile par des tirs de gaz lacrymogènes, alors que la Loire se trouve à une trentaine de mètres et que le quai n’est pas bordé de garde-corps. Une dizaine de jeunes tombent à l’eau.

Le patron de la police somme alors son commissaire de « stopper tout de suite les jets de lacrymogène ». Sollicité, Thierry Palermo ne conteste pas avoir tenu ces propos. Il tente malgré tout de minimiser : « C’est une procédure normale après intervention. »

Sauf que l’expression « tout de suite » sous-entend l’urgence. Cet ordre ferme donné à son commissaire, chargé de l’opération sur le terrain, viendrait confirmer que l’intervention a posé question, dès la nuit même, au sein de l’hôtel de police.

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Malgré tout, dans un premier temps, les policiers font corps. Tout au moins vis-à-vis de l’extérieur. Jusqu’à mardi, où le syndicat SGP-FO sort du bois et dénonce « un ordre aberrant ». Réplique du syndicat Alliance, qui considère l’intervention de leurs collègues légitime. L’Unsa, de son côté, voit deux erreurs, celle d’avoir autorisé une soirée à cet endroit et celle d’avoir imposé un horaire de fin qui a obligé les forces de l’ordre à intervenir.

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Source : Ouest-France

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