Ministres de la santé successifs et obsession des vaccins obligatoires

Par le Dr Gérard Delépine

Le ministre de la Santé ne rêve que d’obligations vaccinales : grippe, méningite, Gardasil sans comprendre pourquoi les médecins n’y souscrivent pas. Informons-le

Dans une interview à France info du 31 juillet 25, le récent ministre de la santé Yannick Neuder a appelé les professionnels de santé à « montrer l’exemple » et à se vacciner contre la grippe.

Ne devrait-il pas montrer lui-même l’exemple en relisant la littérature internationale sur le sujet qui constate que ce vaccin est peu efficace, parfois dangereux et que c’est pour cela que 80% des confrères n’en veulent pas ?

Les vaccins contre la grippe sont trop peu efficaces

Le virus grippal mute constamment. Le virus de l’année prochaine sera différent de celui de cette année. Le vaccin antigrippal ne peut offrir une protection réelle que dans la mesure où les souches vaccinales et circulantes correspondent étroitement.

L’OMS se réunit deux fois par an pour estimer quelles seront les souches les plus probables lors de la prochaine saison grippale et choisir les composants du vaccin les mieux adaptés. La composition du vaccin consiste notamment à prédire laquelle des deux lignées de grippe B sera la souche prédominante en circulation à l’avenir et devrait donc être incluse dans le vaccin, car l’immunité contre une souche de grippe B d’une lignée ne confère pas de protection à l’autre lignée. Malheureusement seulement 50 % des vaccins contre la grippe saisonnière entre les saisons grippales 2001-2002 et 2010-2011 contenaient la lignée de la souche vaccinale B qui correspondait au virus prédominant en circulation pour cette saison. Les prévisions sur la future souche à combattre restent en retard sur l’évolution rapide du virus, ce qui entraîne souvent des inadéquations et une faible efficacité vaccinale.

Lorsque par bonheur les souches du vaccin correspondent à celles de l’année il faut que le vaccin soit conservé, manipulé et administré correctement et dans un délai permettant le développement d’une immunité protectrice et administré à un hôte capable de répondre immunologiquement par des réponses immunitaires protectrices. De nombreux facteurs dont les médicaments et traitements immunosuppresseurs, l’obésité, le stress, la mauvaise condition physique peuvent en effet altérer ces mécanismes immunitaires et diminuer l’efficacité du vaccin antigrippal.

Aux USA une étude des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies américains, pourtant toujours très favorables aux vaccinations, estime que, sur dix ans, l’efficacité moyenne du vaccin contre la grippe frôle 40% avec un taux de seulement 10 % en 2004-2005. Et pour la grippe A/H3N2, aucune efficacité n’a été signalée pour aucune tranche d’âge.

En France en 2015, la prévision était erronée et la souche qui a circulé n’était pas dans le vaccin expliquant un nombre de cas et de morts attribuables à la grippe particulièrement élevé (plus de 18 000 décès). Sur les dernières années, l’efficacité du vaccin grippe chez les patients en ville et présentant des facteurs de risque ciblés par la vaccination a été estimée à : 29% en 2017-2018, 33% en 2018-2019, 40% en 2019-2020. En 2025 Santé publique France a averti que « compte tenu de la faible efficacité du vaccin contre la grippe chez les 65 ans et plus pour cette saison, l’adoption systématique des gestes barrières au sein de la population générale reste primordiale ».

De plus, de nombreuses études suggèrent que la vaccination répétée annuelle a un effet négatif sur l’efficacité vaccinale de la grippe pendant certaines saisons grippales, en particulier pour le H3N.

Cette faible efficacité constatée explique la grande fréquence des plaintes de patients qui ont attrapé la grippe après avoir reçu le vaccin antigrippal : « le vaccin a échoué ». De telles constatations augmentent la méfiance du public et des professionnels de santé quant à l’intérêt du vaccin

McLean et al. ont récemment publié un rapport sur des données historiques de vaccination sur 5 ans. Ils ont constaté que l’efficacité du vaccin était significativement plus élevée chez les personnes n’ayant aucun antécédent de vaccination, par rapport aux personnes ayant un historique de vaccination fréquent.

Dans leur publication , M. Anderson et ses coauteurs concluent que « la vaccination antigrippale ne diminue ni la mortalité ni le risque d’hospitalisation.

Une étude de 2012 de De Serres et al. a démontré que l’effet des vaccins sur le bénéfice des patients et des résidents est surestimé : « nous concluons que les politiques de vaccination antigrippale forcée des professionnels de santé visant à réduire les risques pour les patients manquent de fondement empirique solide. Dans ce contexte, l’intuition qu’il pourrait exister des preuves à l’appui de certains bénéfices pour les patients ne constitue pas une base scientifique suffisante pour outrepasser éthiquement les droits individuels des professionnels de santé. Si les professionnels de santé ont le devoir éthique et professionnel de ne pas exposer leurs patients à un risque accru, les défenseurs de la vaccination obligatoire ont également le devoir de s’assurer que les preuves qu’ils citent sont valides et fiables, en particulier en l’absence de bonnes estimations scientifiques de l’impact sur les patients. »

La macroanalyse de la fondation Cochrane portant sur 50 publications et plus de 70 000 personnes confirme la faible efficacité des vaccins antigrippaux : « les vaccins inactivés peuvent réduire la proportion d’adultes en bonne santé développant la grippe ou un syndrome grippal, mais leur impact est modeste et la qualité de la preuve est modérée. Les vaccins parentéraux inactivés ont probablement une efficacité de 16 % dans la prévention du syndrome grippal… Il ne semble pas y avoir d’effet sur le moment où un antibiotique ou un médicament a été prescrit. …Quatre essais ont évalué le temps d’arrêt de travail et ont estimé que la vaccination pouvait permettre d’économiser environ 0,04 jour de travail par personne… La vaccination des professionnels de santé pourrait probablement réduire les infections des voies respiratoires inférieures chez les résidents de 6 % à 4 % (DR −0,02), tout en ayant très peu ou pas d’effet sur les résidents en termes de réduction des maladies des voies respiratoires supérieures… Les interventions vaccinales devraient être testées en association avec d’autres mesures telles que le lavage des mains, le port du masque, la détection précoce de la grippe confirmée en laboratoire, la quarantaine, l’évitement des admissions, la prise de médicaments antiviraux ou l’interdiction de travailler pour les professionnels de santé atteints de grippe ou de syndrome grippal. »

Lenzer J. et ses coauteurs soulignent que « les études financées par l’industrie sont publiées dans les revues les plus prestigieuses et sont plus citées que les autres études. les preuves sérieuses en faveur des vaccins antigrippaux sont minces, mais il existe des signes de manipulation généralisée des conclusions » et encore : « c’est la croyance et non la science qui est derrière la promotion du vaccin antigrippal ».

Au total, cette revue de la littérature montre que les données probantes concernant la protection offerte par les vaccins anti grippe aux adultes de 65 ans et plus sont très insuffisantes. De nouveaux vaccins, plus efficaces sur le plan clinique, sont nécessaires pour réduire davantage la morbidité et la mortalité liées à la grippe.

Les vaccins contre la grippe sont parfois dangereux
Certaines complications, relativement fréquentes et bénignes sont rappelées dans les notices d’utilisation des vaccins. Une étude norvégienne sur 133 marins vaccinés sur un navire de guerre chiffre à 71 % la fréquence de ces complications mineures, qu’il s’agisse de douleur au site d’injection, malaise, et parfois fièvre.

Les réactions allergiques sont fréquentes, mais le plus souvent bien tolérées. Les réactions anaphylactiques graves pouvant entraîner la mort sont extrêmement rares de l’ordre de 1/100 000 à 1/1 000 000 de doses, mais imposent la prudence en cas de terrain allergique connu en particulier envers les œufs, car les vaccins en contiennent souvent des résidus.

Parmi les complications sévères des vaccins contre la grippe, il faut citer le syndrome de Guillain-Barré caractérisé par des troubles neurologiques à type de paralysie touchant principalement les quatre membres, mais aussi parfois les muscles respiratoires (22 %) ou les nerfs crâniens (13 %). C’est une maladie potentiellement grave : environ 5 % des patients décèdent, et environ 10 % conservent des séquelles motrices.

La survenue de syndrome de Guillain-Barré après vaccination antigrippale a été signalée pour la première fois en 1976 lors de la campagne de vaccination contre le virus A/New Jersey /H1N1 et son risque estimé à 1 cas pour 100.000 pendant les 10 premières semaines suivant la vaccination. Il s’agissait d’un vaccin à virus entier et sans adjuvant. Depuis lors, des cas survenus après vaccination ont été signalés dans de nombreux pays dont le Canada où le risque a été évalué à 0,2 pour 100000 . Le Journal of the American Medical Association classe le Guillain-Barré comme l’affection neurologique la plus fréquente après vaccin contre la grippe. Parallèlement, les statistiques publiées par le ministère américain de la Santé et des Services sociaux ont confirmé que Guillain-Barré était le principal effet secondaire donnant lieu à des demandes d’indemnisation à la suite du vaccin contre la grippe.

En France, la responsabilité de la vaccination a été reconnue par l’ONIAM en particulier après la vaccination contre la grippe H1N1.

Plusieurs études ont signalé une relation entre le vaccin contre la grippe A(H1N1) et la narcolepsie, maladie rare mais grave, caractérisée par un trouble du sommeil marqué par un temps de sommeil excessif, une impression de fatigue extrême ou encore le fait de tomber en cataplexie involontairement à un moment non adapté.

En France sur 4 millions de vaccinés contre la grippe H1N1, 120 plaintes pour narcolepsie ont été soumises à l’Office National d’Indemnisation des Accidents Médicaux (ONIAM ) et on estime qu’une bonne centaine de cas de cette maladie sont imputables au vaccin. L’ ONIAM qui refusait de reconnaitre le lien entre vaccination contre la grippe A H1N1 et narcolepsie d’une malade, a finalement été condamné par le tribunal administratif de Lille à verser 1,2 million d’euros, « au regard des troubles imputables à la vaccination » . Cette complication a conduit l’agence européenne du médicament (EMA) à suspendre l’administration de ce vaccin .

Plus exceptionnellement le risque de lupus érythémateux a été rapporté.

On ne peut ignorer les 13 décès survenus dans les 24 heures après l’administration de « Fluad vaccin antigrippe » de Novartis pour qui, “la concordance temporelle était établie“, selon un communiqué de l’Agence Italienne du médicament du 1er décembre 2014.

Citons enfin le risque d’interférence virale qui ne peut pas être négligé. Il a été observé en 2009-2010 : les personnes qui avaient reçu un vaccin antigrippal saisonnier avaient deux fois plus de risques de contracter le H1N1 que les non vaccinés. Les autorités canadiennes avaient dû modifier leur recommandation de vaccination antigrippale. De même dès février-mars 2021, il a été remarqué que la région du nord de l’Italie qui souffrait du plus grand nombre de victimes du Covid-19 était celle qui venait de subir une grande campagne de vaccination antigrippale.

Une étude randomisée plus ancienne montrait que la vaccination antigrippale augmentait le risque de contracter une autre maladie virale respiratoire.

Prétendre que le vaccin antigrippal est sans risque comme l’affirme constamment les autorités est donc mensonger. Il est donc logique que les soignants qui sont en bonne santé et pour lesquels la grippe ne représente pas une maladie menaçante refusent de se le faire injecter. Ils sont apparemment mieux informés que le ministère de la faible efficacité du vaccin et de ses possibles complications.

Contraindre quiconque à un traitement traiter pour protéger les autres est contraire à l’éthique du soin.

Une des bases de l’éthique médicale est le respect de l’autonomie du malade qui stipule que chaque personne a le droit de prendre des décisions concernant sa propre santé. Comment un ministre médecin peut -il oublier ce principe éthique fondamental et vouloir déposséder les soignants de ce droit ?

« Toute personne prend, avec le professionnel de santé, compte tenu des informations et des préconisations qu’il fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informé des conséquences de son choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre tout traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. « Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans l’accord de l’intéressé ». Le consentement du malade ne soit plus simplement implicite mais doit être explicité, avec pour résultante une plus grande attention portée à sa parole, fut-elle hostile à une proposition médicale. Pourquoi un ministre de surcroit médecin s’estimerait-il libre de violer cette exigence ?

Un des plus anciennes règles éthiques prescrit aux médecins de ne jamais risquer de nuire (primum non nocere) par leur action médicale. C’est le premier principe de prudence appris aux étudiants en médecine, médecine dentaire, médecine vétérinaire, science maïeutique, science infirmière et pharmacie. Le vaccin antigrippal peut, même rarement, nuire gravement à celui qui le reçoit ; il ne doit donc pas être injecté à ceux qui ne risquent rien de la grippe comme les soignants en bonne santé. Comment l’oublier ?

L’article 16-3 du Code civil stipule : “ Il ne peut être porté atteinte à l’intégrité du corps humain qu’en cas de nécessité thérapeutique pour la personne. » Cela rappelle qu’un acte médical ne doit être pratiqué que dans l’intérêt personnel de celui qui le subit. Il n’est pas légal de vouloir imposer un acte médical pour protéger les autres.

Le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) a d’ailleurs estimé dans un avis de juillet 2023 que « la question de l’obligation vaccinale pour les professionnels exerçant dans les secteurs sanitaires et médico-sociaux ne peut se poser qu’en dernier recours. Qu’il ne disposait pas de données permettant de montrer l’importance du fardeau des grippes d’origine nosocomiale en France et que quand on veut imposer une obligation, il faut qu’elle soit proportionnée aux impacts de la maladie ».

La période Covid, marquée par de nombreuses violations des règles de la démocratie et de l’éthique, montre les risques de telles conduites. L’obligation vaccinale anti-covid des soignants n’a aucunement ralenti les contaminations. Il est maintenant démontré que toutes les mesures liberticides (confinement, masques, pass, obligations vaccinales) qui ont été imposées ont abouti à une catastrophe sanitaire sans précédent des pays occidentaux. Ceux qui ont suivi la stratégie tout vaccin de l’OMS ont noté une mortalité covid 15 à 100 fois plus élevée que celles des pays qui n’ont pas voulu ou pas pu la suivre (Algérie, Madagascar, inde, Afrique) comme le montre cette courbe des chiffres de l’OMS

Imposer un vaccin pour protéger les autres est illogique

On croit à l’efficacité d’un vaccin ou pas.

Si notre ministre croit réellement que le vaccin antigrippal protège, il doit seulement conseiller fortement de se vacciner aux personnes pour qui la grippe présente un danger en particulier les résidents des EPHAD qui seraient ainsi protégés et ne craindraient rien des soignants non vaccinés.

S’il pense que le vaccin est inefficace, il est inutile de l’imposer à quiconque et en particulier aux soignants car cet acte inutile ne pourrait que les exposer à des risques sans protéger les personnes fragiles.

Une proposition de loi, élaborée avec Agnès Firmin Le Bodo dont les liens passés avec l’industrie pharmaceutique ont déjà été dénoncés a été déposée en juillet 25 pour « rétablir l’obligation de vaccination contre la grippe pour les professionnels de santé ». Comme l’a toujours voulu madame Buzyn pour laquelle, comme son prédécesseur Marisol Touraine la vaccination ne se discute probablement pas et qui a imposé des obligations pour les bébés de plus de vaccins qu’aucun autre pays au monde.

Si la loi passe, beaucoup redoutent un scénario similaire à celui de 2021, lorsque plus de 3 000 soignants avaient été suspendus pour refus de vaccination contre le Covid-19 — un précédent inefficace et néfaste qui pourrait accentuer les tensions dans un secteur plus que fragilisé. Mais plusieurs experts proches de big pharma anticipent des restrictions d’accès à certains services ou des exclusions temporaires sans apparemment se préoccuper des conséquences sur le nombre de soignants qui démissionneraient, alors que les mesures anti-covid ont déjà entrainé une pénurie de soignants d’une ampleur inédite.

Au Canada le problème de l’obligation du vaccin antigrippe pour les soignants a été déjà discuté. Après avoir constaté que la vaccination des soignants ne protègerait pas les hospitalisés que leurs familles viennent voir, il s’est résolu en Colombie-Britannique par l’entente conclue en décembre 2019 entre le gouvernement et les infirmières, laissant à chaque infirmière le soin de décider si elle souhaite se faire vacciner contre la grippe.

On ne peut envisager une obligation vaccinale contre des maladies contagieuses que pour des vaccins efficaces et sans risque. Ce n’est manifestement pas le cas des vaccins antigrippaux actuels. Il faut donc espérer qu’en France la sagesse et l’expérience internationale prévaudront sur l’intérêt financier des fabricants de vaccins, de leurs actionnaires et de leurs affidés.

Le plus grave serait que le gouvernement couple la vaccination antigrippale inutile et parfois dangereuse au vaccin anti-covid à ARNm dont les effets secondaires terribles dont des centaines de milliers de décès dans le monde, reconnus par de plus en plus de pays comme le Japon, l’Australie etc… C’est un autre sujet majeur car il faut interdire mondialement toute injection ARNm que ce soit aux humains, aux animaux, aux végétaux.

Le ministre américain de la santé, RF Kennedy Jr a manifestement pris le problème en main.

Ainsi il a récemment décidé d’annuler tout financement fédéral de ces produits , et le Montana a été le premier état à voter l’interdiction des vaccins à ARN messager.

Il devrait être suivi rapidement par huit autres états américains l’Idaho, Washington, le Texas, le Tennessee, la Caroline du sud, la Floride, le Kentucky et l’Iowa. Mais aussi, espérons-le en Europe, à commencer par la Slovaquie.

Gérard Delépine

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