Meuse : une intervenante sociale à la police et à la gendarmerie

Une intervenante sociale est dorénavant au service des personnes en situation de vulnérabilité qui poussent la porte de la police ou de la gendarmerie.

Sara Djenadi officie le matin au groupement de gendarmerie de la Meuse et l’après-midi au commissariat de Bar-le-Duc.

Sara Djenadi officie le matin au groupement de gendarmerie de la Meuse et l’après-midi au commissariat de Bar-le-Duc.

Être l’interface entre la police, la gendarmerie et les services sociaux, telle est la mission de Sara Djenadi, une jeune éducatrice spécialisée qui officie depuis début octobre tant au commissariat de Bar-le-Duc qu’au groupement de gendarmerie de la Meuse. Une création de poste voulue par le préfet de la Meuse dans le cadre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance, et portée par le CIDFF (Centre d’information sur les droits des femmes et des familles) ; l’emploi de Sara étant financé par l’État, le conseil départemental et le CIAS de la communauté d’agglomération Meuse Grand Sud.

« Les intervenants sociaux en police et gendarmerie existent depuis la fin des années 90 et d’abord en zones urbaines », détaille Carine Grand’Jany, la directrice du CIDFF. Il aura fallu attendre 2015 pour la Meuse. Et encore, le financement n’est pour l’heure acquis que pour quinze mois d’expérimentation. Quinze mois que l’intervenante sociale a déjà commencé à mettre à profit, celle-ci ne perdant pas une minute pour se mettre au travail et se faire sa place au sein des forces de l’ordre.

Le matin au groupement de gendarmerie, l’après-midi au commissariat de Bar-le-Duc, la jeune femme est informée des mains courantes, des plaintes déposées, des passages de personnes en détresse. Accueillir, écouter les personnes en situation de vulnérabilité, telle est la mission principale de l’intervenante sociale qui n’est ni un policier ou un gendarme mais un travailleur social soumis à l’éthique de la profession.

Après un mois d’activité, la présence de Sara Djenadi est déjà appréciée tant des gendarmes que des policiers qui, même s’ils leur arrivent de faire du « social », n’ont pas évidemment pas cette attribution pour mission première. « Je suis déjà intervenue dans les brigades de Saint-Mihiel, de Revigny-sur-Ornain, de Commercy pour accueillir des femmes victimes de violences, je les ai rencontrées avant leur dépôt de plainte pour faire le point, les rassurer, leur expliquer ce qui allait se passer ensuite. » Et aussi passer le relais aux autres acteurs sociaux du département. Comme ce fut le cas suite à la rencontre de l’intervenante sociale avec une toxicomane en souffrance. « J’ai eu un long entretien téléphonique avec elle, cet échange a permis de programmer un rendez-vous avec le centre médico-psychologique avec qui elle n’avait plus de contact. »

Une intervention de premier niveau qui manquait cruellement dans le département et qui ne couvre encore pas toute la Meuse, mais qui visiblement est une vraie nécessité puisqu’il ressort que 60 % des problèmes traités par les intervenants sociaux en police et gendarmerie sont inconnus des services sociaux.

Source : Est Républicain

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